→   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026  →   28.09.2026 : Nicolas Faye nommé directeur général de l’Opéra de Limoges  →   25.09.2026 : Lancement de la 27e édition du Mois du Film Documentaire  →   25.09.2026 : Préavis de grève de l’intersyndicale du ministère de la Culture à compter du 29 septembre 2026
Actualités
Agenda
Expositions
Auteurs et Autrices
Partenaires
Qui sommes-nous?
Contact

Cyrille Sciama : « Buren nous force à regarder autrement le paysage de Monet »

par Aline Fevre
29.09.2026
Affiche de l'exposition Daniel Buren au Musée des impressionnismes Giverny

À l’occasion de l’exposition Plantations in situ : Invitation à Daniel Buren, Cyrille Sciama, directeur du musée des impressionnismes Giverny, revient sur le dialogue entre l’artiste contemporain et l’univers de Claude Monet qui fait surgir des correspondances inattendues avec l’univers impressionniste.

Vous parlez d’un dialogue « inattendu et insoupçonné » entre Daniel Buren et les impressionnistes. Qu’est-ce que Buren permet de voir chez Monet que l’on ne voyait peut-être plus à force de le connaître ?

Ce qui est intéressant avec Buren, ce n’est pas tant qu’il regarde Monet qu’il regarde le site que Monet a peint. Il regarde tout Giverny. Il force donc un peu le visiteur, le spectateur, le promeneur à regarder autrement le paysage. La centaine de plantations permet de structurer différemment le paysage : les peupliers, les coquelicots, les pivoines qui volent au gré du vent… Tout cela nous amène à regarder autrement les collines que Monet a lui-même vues. Dans la collection, c’est pareil : cela vient un peu nous surprendre, nous oblige à tourner autour de ces girouettes. Leurs couleurs, assez vives et délicates à la fois, nous permettent de porter un regard complémentaire sur les œuvres.

L’exposition de Daniel Buren est une expérience qui ne se contrôle pas, qui ne se prévoit pas.

C’est un projet qui est au départ assez abstrait. Au début, on se demande si cela va fonctionner ou non sur place. Ce n’est pas du tout la même chose sur le dessin et dans la plantation in situ. Quand nous avons présenté le projet à l’équipe, il y a eu un gros silence. Comme d’habitude, ils étaient toujours très étonnés, en disant : « Voilà, c’est fou ! » Et puis, quand on a installé les girouettes, ils ont trouvé ça joli et élégant. Ça a fonctionné. On va essayer d’en garder une dizaine.

On est déjà à quelques mois de l’ouverture de l’exposition. Quel retour avez-vous eu des visiteurs ?

Nos livres d’or sont plutôt positifs. Ce qui est assez drôle, c’est qu’on trouve beaucoup de dessins très joyeux dans le livre d’or. Cela incite les gens à participer, à devenir eux-mêmes des artistes. C’est aussi le rôle de l’exposition : rendre les gens heureux.

À Giverny, le paysage est plus qu’un décor : il est au cœur de l’identité du musée et de l’histoire de Monet. Comment peut-on intervenir dans une nature déjà tant chargée de sens et de regard ?

Je pense que, pour Daniel Buren, c’était certainement chargé de sens, peut-être même impressionnant. En tout cas, il me l’avait écrit. Ce qui l’a aidé, c’est que nous sommes allés visiter ensemble la maison et les jardins en plein hiver, lorsqu’il n’y avait personne. Il a donc pu vraiment prendre la mesure du paysage.

Il a cependant une grande expérience. Il n’avait pas peur de se confronter à ce lieu, ce qui peut être très impressionnant pour de jeunes artistes. Mais il a réussi à créer quelque chose de très original et de très vivant. Je pense donc que le pari est réussi.

Daniel Buren a porté son attention sur certaines œuvres de votre collection auxquelles vous ne pensiez pas spontanément. Est-ce que le regard d’un artiste invité peut aussi transformer la manière dont un conservateur regarde sa propre collection ?

C’est intéressant parce qu’il n’a pas la même vision qu’un conservateur de la collection. C’est la même chose lorsque nous avons invité Eva Jospin : ces artistes regardent des œuvres que nous ne regardons pas forcément. Buren était par exemple intéressé par Jacques Monory ou Reiji Hiramatsu, un artiste japonais qu’il ne connaissait pas.

Il se passe des rapprochements un peu insoupçonnés au sein d’une collection. Daniel Buren aime bien Maurice Denis. Il a une très grande connaissance de la peinture. C’est intéressant de se dire que cet artiste vivant, âgé de plus de 90 ans aujourd’hui, a aussi un intérêt pour la peinture ancienne, même s’il n’en parle jamais.

Depuis que vous êtes à la tête du musée, votre rapport à Monet a-t-il changé ? Est-ce que le fait de travailler quotidiennement à Giverny vous a amené à découvrir un autre Monet ?

En tout cas, j’ai pu percevoir beaucoup mieux l’intérêt de sa peinture et sa sensibilité aux paysages, en parcourant tous les jours le paysage qu’il a lui-même parcouru. Ce qui est vraiment extraordinaire à Giverny – je ne le dis pas simplement parce que j’y travaille, c’est une réalité -, c’est la lumière. Il y a une lumière très particulière ici.

Que ce soit l’été, l’automne, l’hiver ou le printemps, cela change vraiment très vite. Cela change complètement la perception du paysage. Cela m’a permis de mieux appréhender la peinture de Monet et de voir comment il avait vraiment lutté pour rendre sa sensation. Et cela, on ne peut le découvrir qu’en venant in situ, en regardant vraiment le paysage. C’est la même chose lorsque vous allez à Belle-Île-en-Mer, qu’il a peinte, ou dans la Creuse, en Italie ou à Londres : vous comprenez ce qu’il a voulu rendre. Il faut vraiment se déplacer sur les lieux mêmes pour mieux comprendre. C’est mon expérience sensible ici.

Et puis, concernant le personnage, en travaillant tous les jours à Giverny, on apprend toujours beaucoup de choses : des tableaux, des lettres, on découvre des correspondances insoupçonnées entre les œuvres. Claude Monet un immense artiste.

Il reste donc important de continuer à faire voyager Monet ?

C’était une star de son vivant. C’est encore une star plus de cent ans après sa mort. Il est très populaire parce qu’il renvoie aussi une image assez simple de la nature. Tout le monde peut comprendre un tableau de Claude Monet sans avoir de connaissances historiques, religieuses ou politiques. C’est très universel.

Il y a aussi un sentiment assez joyeux, un sentiment de bonheur, dans l’impressionnisme. C’est pour cela que cela plaît aux gens, c’est pour cela qu’ils viennent aussi voir la maison : cela permet de se rapprocher davantage de cette image idéale.

Après une exposition aussi éloignée de l’image que l’on peut spontanément se faire d’un musée consacré à l’impressionnisme, comment imaginez-vous la suite de la programmation ?

Je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire. L’an prochain, nous allons faire deux saisons. Au printemps, nous allons nous intéresser au mouvement nabi, avec Pierre Bonnard et Édouard Vuillard, deux immenses artistes nabis qui ont été très influencés par Claude Monet et qui sont venus régulièrement le voir à Giverny. Ce sera une exposition majeure : la première exposition consacrée à Bonnard et Édouard Vuillard ensemble, eux qui étaient deux amis très proches.

Puis, à l’été et à l’automne, nous allons faire une exposition sur Yokoyama Taikan, un immense artiste japonais mort en 1958, qui était un trésor national, une icône au Japon. C’est lui qui a réalisé ces mont Fuji au soleil couchant que vous connaissez peut-être sans savoir qu’ils sont de lui. Il est venu en France en 1904. Il avait une trentaine d’années. Il a toujours admiré la peinture de Monet, qui l’a certainement influencé. Nous allons donc rapprocher les œuvres de Taikan, qui sont sublimes, de quelques peintures de Monet. Cela va s’appeler Impressions japonaises. Ce sera aussi un nouveau dialogue entre le Japon et Monet.

Et pour le printemps 2028, nous préparons une exposition Monet-Rodin. On a encore beaucoup de choses à faire.

Visuel : Invitation à Daniel Buren. Plantations, travaux in situ  ©  Musée des impressionnismes

L’exposition est à voir au musée des impressionnismes, à Giverny, jusqu’au 1er novembre 2026.

Article partenaire.