Pour ouvrir la troisième saison de L’Écho des Nymphéas, placée sous le signe de la matière et de l’espace, l’autrice Jakuta Alikavazovic et le violoncelliste Gaspar Claus proposaient, lundi 12 octobre, un duo plein de réverbérations et d’absurde en imaginant l’histoire d’un jeune artiste américain iconoclaste.
Pour ouvrir la troisième saison de L’Écho des Nymphéas, placée sous le signe de la matière et de l’espace, l’autrice Jakuta Alikavazovic et le violoncelliste Gaspar Claus proposaient, lundi 12 octobre, un duo plein de réverbérations et d’absurde qui imagine un jeune artiste américain iconoclaste.
L’Écho des Nymphéas, c’est une création par mois, le lundi soir, devant les grandes toiles de Claude Monet au musée de l’Orangerie, dans le jardin des Tuileries. Écrivain·es et musicien·nes composent en écho au chef-d’œuvre une œuvre inédite. Dans un cadre intime, volontiers assis par terre, c’est une invitation à moment de paix et de méditation. Le programme se joue deux fois dans la soirée, à 19h et à 20h30, en salle des Nymphéas.
Placée sous la direction de Claire Bernardi, cette saison 2026-2027 célèbre bien sûr le centenaire de la mort de Monet et celui de l’installation des Nymphéas à l’Orangerie, en 1927. Elle réunit des voix qui sondent l’intime, explorent la mémoire et déplacent les frontières entre récit et musique, avec une utilisation bien plus performative de l’espace, annoncée avec des figures comme Wajdi Mouawad et Thomas Clerc.
« Il voulait être l’auteur des Nymphéas, mais détruits ». Perchée sur son tabouret, Jakuta Alikavazovic, prix Goncourt du premier roman pour Corps volatils, commence par nous faire sourire. Elle raconte comment on l’a souvent enfermée dans un musée, par exemple pour Comme un ciel en nous, récit de sa nuit au Louvre (prix Médicis de l’essai 2021). Fidèle à son écriture, qui brouille les frontières entre mémoire, imaginaire et réalité, elle rebondit sur une résidence d’artistes près de la maison de Claude Monet tandis que le violoncelle amplifié de Gaspar Claus, s’autoenregistre dans des variations qui saturent l’espace. Des variations qui sont à la hauteurs de celles de Monet sur ses fameuses fleurs.
Alors qu’elle nous raconter comment elle entre par effraction dans le jardin de Claude Monet, Jakuta Alikavazovic convie un personnage imaginaire à se joindre à la fête. Elle l’appelle JIM, il est américain, il est arrivé un peu par hasard à Giverny, même si Monet et les US c’est une love story. Et Jim, il aime l’art mais détruit, il adore Monet mais comme on ne devrait vraiment plus rien créer au 20e siècle, il vole des cartes postales et des posters qu’il fait disparaître de nuit dans l’étang des nymphéas. Il y mouille même des toiles qu’il peint et brûle après… Bref fascinée et accompagnatrice la narratrice dit craindre que l’artiste adepte de la destruction créatrice ne prenne le train avec un canif vers Paris et son orangerie … C’est avec beaucoup de complicité, des changements de rythmes et de tons surprenants que commence donc cette nouvelle saison.
Le cycle se poursuit jusqu’au 28 juin 2027. Le 9 novembre, Nina Bouraoui, dont le dernier roman, Championne (JC Lattès, 2026), prolonge trente ans d’écriture sur les métamorphoses de l’identité et du désir, retrouve Chapelier Fou, alias Louis Warynski, entouré de Maxime François (alto) et Maxime Tisserand (clarinette). Le 7 décembre, une carte blanche à Wajdi Mouawad (complet) le fait dialoguer avec le violoniste Théotime Langlois de Swarte, fondateur de l’ensemble Le Consort, autour d’une question : que peut l’art face à la guerre ? Le 11 janvier, la comédienne et autrice Séphora Pondi, pensionnaire de la Comédie-Française et auteure d’Avale, partage la soirée avec le guitariste Edgard Chenest.
Viennent ensuite Jean-Baptiste Del Amo, prix Goncourt du premier roman 2009 pour Une éducation libertine, avec l’hyperpop d’Oklou (8 février) ; Nathalie Azoulai, prix Médicis pour Titus n’aimait pas Bérénice, qui creuse le motif de la guerre aux côtés du clarinettiste Raphaël Sévère (22 mars) ; Blandine Rinkel, du collectif Catastrophe, avec Maison Pierō et le chorégraphe Clément Gyselinck (26 avril) ; Thomas Clerc, prix Wepler 2024 pour Paris, musée du XXIe siècle. Le 18e arrondissement (31 mai) ; et, pour clore le cycle, Sylvain Prudhomme, prix Femina pour Par les routes, avec le chanteur camerounais Blick Bassy (28 juin).
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Réservation obligatoire, de 6 à 15 € selon les tarifs. Programme et billetterie sur le site du musée de l’Orangerie
visuel : YH