La troupe de la Comédie-Française accueillera la comédienne « aux mille visages », Johanna Nizard, comme nouvelle pensionnaire à partir du 19 octobre 2026, engagée par l’administrateur général Clément Hervieu-Léger. Johanna Nizard foulera pour la première fois la scène mythique de la salle Richelieu le 13 novembre, dans le rôle de Sérafima Ilinitchna dans Le Suicidé, d’après Nicolaï Erdman et mis en scène par Stéphane Varupenne.
Johanna Nizard commence sa formation théâtrale au conservatoire de Nice, dans la classe de Muriel Chaney avant d’intégrer l’ERACM, l’école régionale d’acteurs de Cannes et Marseille. Elle y apprend à appréhender le théâtre sous toutes ses formes : la tragédie, le boulevard ou encore le théâtre contemporain. Très tôt, on lui confie des rôles forts, « caractériels ». Depuis son arrivée à Paris, la comédienne a exprimé son goût pour le travail avec les auteurs vivants qui lui offrent, selon elle, « une totale imprégnation dans ce que c’est que de faire ce métier ». Johanna Nizard a notamment la chance de rencontrer Nathalie Sarraute à l’âge de 98 ans. Elle jouera ses textes, sous la direction de Jacques Lassalle dans Pour un oui pour un non et mettra en scène Le Mensonge.
La comédienne alterne entre mises en scène et interprétation. Elle mettra notamment en scène Sur la grand-route et Le chant du cygne d’Anton Tchekhov, ainsi que Si ça va bravo, de Jean-Claude Grumberg. Sur scène, elle interprète des textes d’auteurs aussi différents que Bertolt Brecht, Jon Fosse, Rémi de Vos, Albert Camus et Marguerite Duras. Récemment, la comédienne joue dans des pièces de Wajdi Mouawad, William Shakespeare et Marion Aubert. Une artiste protéiforme, multivisages et multivoix, puisqu’elle collabore également régulièrement avec France Inter et France Culture. On la retrouve au cinéma, où elle tourne avec Michel Hazanavicius, Claire Simon, Éric Besnard, Blandine Lenoir et plus récemment Agnès Jaoui dans L’Objet du délit. À ce riche répertoire s’ajoutent des participations à des séries télévisées, comme Dix pour cent ou Clem.
Johanna Nizard adapte le premier roman de Laurent Mauvignier, Loin d’eux, en court métrage en 2001. Cette rencontre déterminante et riche de dialogues artistiques se poursuit quelques années plus tard lorsqu’elle porte à la scène son monologue Une légère blessure, que Laurent Mauvignier écrit pour elle en 2016. Une autre expérience de seule-en-scène témoigne de la force de la comédienne et des textes qu’elle choisit d’interpréter, avec Il n’y a pas de Ajar, imaginé avec Arnaud Aldigé à partir du texte de Delphine Horvilleur, nommé aux Molières 2023.
En 2018, Johanna Nizard expliquait qu’être une femme au théâtre aujourd’hui « C’est essayer de tout se permettre. Travailler cette liberté-là. Essayer d’aller encore plus loin et de tenter, ne plus avoir peur. Ou justement, afficher ses peurs et les nommer, les dire, les chanter, les crier, les vivre ». Quelques années plus tard, cette recherche de liberté continue de traverser son parcours, entre cinéma, théâtre, écriture et radio. Son arrivée à la Comédie-Française ouvre désormais un nouveau chapitre pour la comédienne.
Visuel : Johanna Nizard, pensionnaire de la Troupe © Marie Rouge, coll. Comédie-Française