Catherine Ringer, célèbre voix des Rita Mitsouko, est morte dans la nuit du 14 au 15 septembre à l’âge de 68 ans. Sa famille a annoncé qu’elle avait été emportée par un cancer foudroyant. Avec elle disparaît une artiste qui n’aura jamais vraiment ressemblé à personne. Libre, provocatrice et terriblement vivante.
C’est en 1979, à Montreuil, que Catherine Ringer rencontre Fred Chinchin. Entre eux, le coup de foudre est autant amoureux qu’artistique. Ils forment les Rita Mitsouko, duo improbable mais évident, qui va profondément marquer la chanson française.
Rock, funk, pop, musique latine, humour, costumes extravagants, chez les Rita, tout est imprévisible. Puis arrive Marcia Baïla. Son clip bariolé, ses couleurs, ses danses et la silhouette de Ringer. Le morceau devient un phénomène. Suivront Andy, C’est comme ça, Le Petit Train ou encore Les Histoires d’amour finissent mal (en général). Des chansons qui ont traversé les époques, que toutes les générations chantent, sans même savoir exactement pourquoi.
La Philharmonie de Paris décrivait Ringer comme une « chanteuse et performeuse exubérante, prête à toutes les fantaisies scéniques » . C’est probablement l’une des meilleures façons de résumer son personnage.
Et derrière cette folie, il y avait surtout une immense liberté. Catherine Ringer n’a jamais chercher à être sage, ni à correspondre à l’image attendue d’une chanteuse. Elle pouvait être drôle, sensuelle, étrange, élégante ou provocante. Et parfois tout cela dans la même chanson.
En 2007, le monde de Catherine Ringer s’effondre. Fred Chinchin meurt d’un cancer à seulement 53 ans. Les Rita Mitsouko disparaissent avec lui. Mais Catherine, elle, continue.
Elle chante les Rita, travaille en solo, multiplie les collaborations. Elle continue de faire vivre le répertoire des Rita. Même lorsqu’elle interprète les chansons de son ancien duo, Fred reste là. En 2019, elle remonte notamment sur scène à la Philharmonie de Paris pour célébrer les quarante ans de leur rencontre.
À la fin d’un concert, alors que les musiciens saluent, Catherine Ringer montre l’espace vide à côté d’elle et dit simplement « Ici, c’est la place de Fred Chinchin » . Une phrase courte, mais qui dit l’amour, l’absence et cette volonté de continuer malgré tout.
Catherine Ringer n’a jamais vraiment arrêté d’avancer. Même après les Rita Mitsouko, elle a continué à chanter, à jouer, à créer et même à faire entendre de la poésie sur scène. En 2024, elle portait notamment les textes d’Alice Mendelson dans l’Erotisme de vivre. À près de 70 ans, elle cherchait encore de nouveaux terrains de jeu.
Catherine Ringer laisse surtout derrière elle des chansons que l’on connaît par cœur, des clips qui ne s’oublient pas et une voix extrêmement reconnaissable. Celle qui chantait Marcia Baïla avec Fred Chinchin aura marqué la chanson française sans jamais chercher à lui ressembler. C’est comme ça.
Visuel : Catherine Ringer sur la scène du festival Les Eurockéennes de Belfort 2007. © Wikkimedia.