La biennale Usimages dédiée au patrimoine industriel et au monde du travail ne connaîtra pas de nouvelle édition. Fin juillet 2026, l’Agglomération Creil Sud Oise et le maire de Creil récemment élu, Omar Yaqoob, ont décidé de mettre fin à dix années de collaboration avec Diaphane, association et centre d’art photographique qui porte le projet. Pour l’association, cette fin brutale illustre une réalité préoccupante : lorsque les budgets se resserrent, la culture est la première à en faire les frais. Pourtant, Diaphane le rappelle, elle « n’est pas un luxe, ni une variable d’ajustement », elle est un « droit, un service public et un outil d’émancipation collective ».
Depuis plus de dix ans, la biennale Usimages investit tous les deux ans les onze communes de l’Agglomération Creil Sud Oise. Le festival propose gratuitement des expositions largement ouvertes au public avec une ambition : rentre la photographie accessible au plus grand nombre tout en célébrant le patrimoine industriel du territoire. En 2025, Usimages avait accompagné 1 548 personnes en visites, accueilli 46 groupes scolaires et 27 groupes constitués. Le festival présentait une programmation consacrée au monde du travail, à la culture ouvrière, au syndicalisme et aux migrations. Un moyen de raconter l’histoire du territoire. Pour Diaphane, la biennale participait à une certaine idée de la culture, « exigeante mais accessible, populaire sans être simplifiée, ancrée dans l’histoire des territoires et tournée vers leur avenir ». Car le festival était aussi le moyen d’éduquer à la lecture d’images et de se rendre critique et conscient de l’histoire locale.
L’association voit dans la suppression de ce projet un désengagement préoccupant. La culture ne devrait pas être considérée comme une dépense dont on peut se passer lorsque les budgets se resserrent : elle devrait être un devoir. La décision intervient de plus à un moment symbolique, en pleine célébration du Bicentenaire de la Photographie qui entend célébrer la photographie comme un art accessible et fédérateur. Dans ce contexte, l’annonce de la fin de la biennale est d’autant plus difficile à comprendre. L’accès à la culture est synonyme d’émancipation et concerne tous les citoyens. Une idée que continuera à défendre Diaphane, pour une « culture accessible à toutes et tous, attentive aux territoires et à leurs habitants ».
Visuel : © Diaphane pôle photographique en Hauts-de-France