Le 3 septembre 2026, Catherine Pégard, ministre de la Culture, lançait officiellement le Bicentenaire de la photographie au ministère. Un évènement d’une importance majeure pour la France, puisque c’est sur ses terres que la première photographie du monde, prise par Nicéphore Niépce en 1826-7, a vu le jour. Deux cents ans plus tard, cet anniversaire offre l’occasion de célébrer une invention française qui a profondément « changé notre rapport au réel, à la mémoire et à la vérité », selon la ministre. Le projet, né il y a deux ans, a été soutenu par le comité scientifique, présidé par Dominique de Font-Réaulx. Les manifestations qui ont lieu du 1 septembre 2026 au 30 septembre 2027, permettront de retracer l’histoire de la photographie, de ses origines à ce qu’elle est devenue aujourd’hui, de valoriser les photographes et leur création, tout en promouvant une approche « accessible et fédératrice » de cette invention.
L’évènement permet de célébrer la photographie, de sa première matérialisation en 1827 par l’ingénieur Nicéphore Niépce à ses formes contemporaines, en passant par des inventions révolutionnaires comme le daguerréotype. En 1839, la France joue un rôle déterminant dans la diffusion de cette nouvelle invention : cet ancêtre de nos appareils photographiques deviendra librement utilisable et contribuera à faire de la photographie un art accessible et diffusé à travers le monde. Et Catherine Pégard le rappelle, le Bicentenaire est aussi le moment de rappeler le rôle de la politique dans le rayonnement et l’accès à la culture, car « le savoir est un bien universel et la connaissance un partage ». Cette vision a permis l’incroyable parcours d’une invention et le développement de l’image dans notre monde, qui a structuré notre monde et écrit notre histoire depuis deux siècles. La France se fera cette année le carrefour de rendez-vous photographiques sous toutes ses formes et par tous ses acteurs. Mettre en dialogue autant d’années de photographies témoigne de l’envergure de l’évènement de faire émerger des projets inédits et de structurer une programmation riche, tout en favorisant la rencontre entre les différents acteurs de la photographie.
L’ampleur de cet évènement investira tout le territoire, avec près de 1000 initiatives et projets à découvrir en France et dans les territoires ultramarins ainsi que dans 40 pays. Un projet rendu aussi possible par le réseau diplomatique et l’Institut français. L’évènement promet des productions prolifiques et protéiformes : des expositions, ateliers, conférences, résidences d’artistes mais aussi des projets « non situés » comme des publications, des productions audiovisuelles, des plateformes numériques, des prix… Le Bicentenaire se veut fidèle à de la photographie, une des expressions artistiques à la fois les plus fécondes et les plus démocratiques ». À travers des rendez-vous comme les Journées européennes du patrimoine qui proposeront des projets labellisés, ou encore la Nuit européenne des musées, Biblis en folie, le ministère de la Culture inscrit le Bicentenaire dans des évènements populaires qui rassemblent des millions de participants partout en France. Une manière de rappeler la nécessité de favoriser l’accès à la culture pour tous.
La capture du réel en un objet a longtemps nourri, comme le rappelle Dominique de Font-Réaulx une « utopie d’exactitude ». La photographie se présente en effet souvent comme une preuve du monde, donnant à voir « exactement ce qui s’est passé » sans que se distinguent clairement ses « travestissements possibles ». Comme le rappelle la ministre Catherine Pégard, le Bicentenaire est l’occasion de « donner à lire la photographie ». Et cette lecture suppose un exercice qui sera l’un des piliers de cette manifestation : former les publics à décrypter les images. La photo ne se contente en effet pas de fixer une image, elle raconte également une histoire. Apprendre à lire la photographie signifie exercer son regard critique. Un enjeu qui devient majeur dans notre société et qui explique le rôle accordé à l’Éducation Nationale lors de cet évènement. Des actions seront menées afin d’émanciper les publics et de rappeler que l’art possède une fonction civique. Cette éducation permettra aussi de rester « lucide sur les défis qui se présentent à la photographie ». Des défis qui sont également posés par les nouvelles technologies et les changements dans notre rapport aux images, à l’heure où des milliards d’images circulent quotidiennement sur Internet.
Le Bicentenaire est également l’occasion d’interroger l’avenir de la photographie. Il se présente comme une manière concrète de faire rayonner la photographie et tous ses acteurs : les photojournalistes, les artistes, les tireurs, mais aussi l’ensemble des professionnels qui contribuent à sa création, à sa diffusion et à sa conservation. Et ce rayonnement suppose également un soutien financier qui relève du rôle du ministère de la Culture, pour permettre de « dessiner des perspectives pour la photographie de demain » en luttant contre la précarité qui touche et menace le milieu photographique. Cet engagement envers tous les acteurs de la photographie passe également par des actions en faveur des femmes photographes, avec notamment une plateforme de ressources qui leur est destinée, intitulée : « Elles font la culture ». Le Bicentenaire constitue ainsi un moment où se jouent des questions de politique culturelle. Le ministère de la Culture entend poursuivre son engagement et promet un soutien « aux artistes, aux festivals, aux centres d’art, aux musées, aux galeries, aux foires, mais aussi aux établissements scolaires, aux universités, aux bibliothèques et aux médiathèques ». Une liste qui témoigne de l’omniprésence de la photographie dans notre histoire culturelle et politique et rappelle que la photographie est une discipline profondément vivante, qui doit le rester.
Visuel : © Collections FRAM Pays de la Loire, Musée d’arts de Nantes