Quelques mois après sa réouverture, le Théâtre Nanterre-Amandiers se retrouve confronté à une réduction drastique de son financement public. Dans un communiqué publié le 9 juillet, le maire de Nanterre alerte sur les conséquences d’une baisse de près de 800 000 euros de la subvention accordée par le ministère de la Culture, une décision qui toucherait également vingt-huit autres établissements culturels à travers le pays.
Selon la municipalité, le ministère prévoit une diminution de 799 775 euros de son soutien au Centre dramatique national Nanterre-Amandiers en 2026. Cette annonce intervient après une première réduction de 3,5 % décidée au printemps, portant la baisse totale à environ 13 % du financement de l’État.
Pour la Ville, cette décision intervient à un moment particulièrement sensible : le théâtre vient de rouvrir ses portes après plusieurs années de travaux et la saison 2026-2027 est déjà entièrement programmée.
Dans son communiqué, le maire relaie les inquiétudes exprimées par Christophe Rauck, directeur de Nanterre-Amandiers. Celui-ci estime que cette réduction budgétaire contraindrait l’établissement à placer une grande partie de ses salariés en chômage partiel dans l’immédiat, avec, à terme, le risque d’une fermeture de la structure dès la saison suivante.
La municipalité évoque une « catastrophe artistique, sociale et humaine » pour une équipe fortement impliquée dans la vie culturelle de la ville.
Le communiqué souligne que vingt-huit établissements culturels seraient concernés par ces restrictions budgétaires. Pour le maire, cette politique marque un recul majeur de l’engagement de l’État en faveur du spectacle vivant et remet en cause l’héritage de la décentralisation dramatique initiée dans les années 1960.
La Ville rappelle qu’elle a maintenu son soutien au théâtre malgré les contraintes qui pèsent sur son propre budget, tout en affirmant qu’elle ne pourra pas compenser un désengagement supplémentaire de l’État.
Au-delà du cas des Amandiers, la municipalité défend une conception de la culture comme service public essentiel. Elle cite notamment le lancement récent du Pass’ Solidaire, destiné à faciliter l’accès des enfants aux activités culturelles et sportives, présenté comme le contrepoint des arbitrages budgétaires nationaux.
Le maire conclut son intervention par un appel adressé au président de la République et au Premier ministre, leur demandant de revenir sur ces mesures qu’il qualifie d’« iniques » et « jamais vues » en France.
Cette prise de position intervient alors que le Festival d’Avignon s’ouvre dans un climat de fortes inquiétudes pour le financement du secteur culturel. Les annonces budgétaires du ministère suscitent de nombreuses réactions parmi les institutions concernées, qui redoutent leurs conséquences sur la création, l’emploi artistique et l’accès du public à la culture.
Visuel : Théâtre Nanterre-Amandiers, Wikimedia Commons