Le 11 septembre, le jury du Prix Médicis a dévoilé sa première sélection. 18 romans français et 17 romans étrangers. Une liste qui confirme une rentrée littéraire particulièrement riche. Parmi les romans français retenus, trois d’entre eux attirent particulièrement l’attention. Celui d’Anne Godard, vrai succès critique, celui de Thélyson Orélien, dont le premier roman remporte le prix Première Plume 2026, et celui de Véronique Ovaldé, qui s’aventure dans un récit très intime.
Avec Nous aussi, publié chez Actes Sud, Anne Godard s’impose comme l’une des autrices très remarquées de cette rentrée. Son roman suit une grande famille bourgeoise et catholique du Ve arrondissement de Paris, vivant en vase clos, entre l’immeuble familial parisien et les vacances à la montagne. Les enfants, frères, sœurs, cousins y forme un « on » collectif, jusqu’à ce qu’un drame fissure progressivement cette unité.
C’est justement ce « on » omniprésent dans le récit, qui fait originalité du roman. La critique a largement salué ce choix formel et la manière dont Anne Godard fait apparaître, derrière une famille privilégiée et sûre d’elle, les secrets et violences longtemps tus.
Son roman apparaît également dans plusieurs autres sélections de prix littéraires, dont le Goncourt, le Femina et le prix Décembre. Il a d’ailleurs remporté le prix des Libraires de Nancy-Le Point 2026.
Plus inattendu, Thélyson Orélien s’impose déjà comme l’une des révélations de la saison avec son premier roman, C’était ça ou mourir, publié chez Grasset. L’écrivain, d’origine haïtienne, raconte le parcours de Jonas Dorléon, professeur d’histoire contraint de fuir Haïti après l’embrasement de son quartier. De la République dominicaine au Brésil, puis au Mexique et aux Etats-Unis, son voyage devient une longue traversée entre la violence, l’exil mais aussi les rencontres et la solidarité.
Le roman séduit notamment par une écriture qui mêle poésie, humour et brutalité, sans pour autant réduire le personnage à son statut de migrant. La critique a salué un récit d’exil « puissant » , porté par une écriture incandescente et une profonde humanité. Après les prix Méduse et Strasbourg, Orélien a également remporté le prix Première Plume 2026.
Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, publié chez Flammarion, Véronique Ovaldé s’aventure dans un registre plus intime. Pour la première fois, l’autrice s’inspire directement de sa mère, dont elle explore la vie, les regrets et les renoncements. À partir de cette histoire familiale, elle imagine aussi d’autres destins possibles, comme si la fiction permettait de réécrire d’autres chemins qu’elle aurait pu emprunter.
Le livre s’intéresse ainsi à une femme longtemps définie par son rôle d’épouse et de mère, mais dont Ovaldé cherche à révéler la personnalité, la joie et la force. Les premières critiques soulignent la délicatesse de cette hommage et la réflexion du roman sur l’emprise, les vies empêchées et le déterminisme.
Trois romans, trois univers et trois manières de parler de la famille, de l’exil ou des vies que l’on subit et que l’on tente de reprendre en main. Le 15 octobre, la deuxième sélection permettra de voir lesquels poursuivront leur route jusqu’au prix Médicis, qui sera remis le 2 novembre.
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