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Julie Gouju : « Je décrirai Phénomènes comme une poétique du lien »

par La redaction
22.05.2026

Du 26 mai au 13 juin, à l’occasion du festival June Events l’Atelier de Paris rassemble une centaine d’artistes pour présenter leurs spectacles dans des lieux partenaires parisiens, notamment La Cartoucherie. Des œuvres qui font écho aux enjeux sociétaux contemporains en explorant la création artistique. Après Manège, la danseuse et chorégraphe Julie Gouju y présente son spectacle Phénomènes en collaboration avec le beat boxer Scratchy.

Phénomènes explore comme un « champ de forces » en transformation constante : comment cette idée s’est-elle concrètement traduite dans votre écriture chorégraphique ?

 

La notion de « forces » n’a finalement pas guidé le travail de façon première, même si dans l’écriture chorégraphique, il est toujours question pour moi de penser le mouvement comme une force, plutôt qu’une forme. La notion de « phénomène » en revanche, elle, ne nous a pas quitté ! Laquelle est aussi un processus de transformation. Je dirais aujourd’hui que la pièce explore la rencontre entre deux univers, deux pratiques, deux personnes, au plateau comme un phénomène, un processus vivant en constante évolution. J’aime l’étymologie du mot « phénomène ». Un phénomène, c’est ce qui apparaît, ce qui se manifeste.

 

Dans le langage courant, c’est aussi ce qui nous surprend, ce qui est inhabituel. Scratchy et moi sommes des phénomènes aux yeux l’un de l’autre dans sa pratique et sa façon de créer. Enfin, pour revenir au premier sens cité de « phénomène », je crois que la rencontre avec l’autre peut générer une apparition. Rencontrer l’autre c’est s’apparaître à soi-même. Avec Phénomènes, j’aimerais que cette rencontre modifie chacun de nous et que chacun de nous se transforme au contact de l’autre pour trouver une forme d’hybridation de nos pratiques respectives.

 

Comment cela se traduit-il concrètement dans l’écriture chorégraphique et musicale ?

 

La pièce est construite comme un vinyle avec une face A et une face B. Dans la face A, la rencontre nait ; dans la face B elle se déploie, se challenge, devient un jeu, crée de la perturbation. Dans la face A, nous commençons par présenter successivement les protagonistes de la rencontre, nous avons chacun un solo, puis ces deux solos deviennent un duo et de cette première rencontre émerge un vocabulaire commun. La relation s’invente au présent du plateau.

 

Parlons de votre collaboration avec Scratchy , pouvez-vous le présenter ?

 

J’ai rencontré Scratchy en 2022, à l’occasion des 20 ans du Palais de Tokyo. Nous étions invités à performer ensemble, à créer un dialogue entre la danse et le beatbox. La rencontre a tout de suite opéré. À cette période, je travaillais sur des danses d’extase, qui généraient leur propre sonorité : son de la respiration, du corps qui frappe, tremble, se secoue. Dans la continuité de cette recherche, je cherchais à faire évoluer mes danses parlées vers des danses sonores, où le langage n’est pas forcément articulé. La rencontre avec Scratchy a donc été phénoménale ! Sa pratique de la voix a nourri, élargi ma façon de penser mes danses sonores.

 

 

Scratchy est beatboxer, il produit de la musique uniquement par son corps. C’est un artiste pluridisciplinaire originaire de Guadeloupe, qui développe un univers musical ancré dans les cultures afro-diasporiques. J’ai proposé à Scratchy de créer la musique de ma pièce précédente, Manège. Puis, l’envie m’est venue que nous partagions la scène ensemble, pour produire sons et mouvements à vue, ensemble mais aussi pour créer une danse sonore, où les rôles seraient mêlés. Dans phénomènes, nous sommes la plupart du temps face à face, nous construisons cette danse sonore à deux.

 

Vous travaillez souvent à partir de l’intime et de la subjectivité, on se souvient de Manège : dans cette pièce, qu’est-ce qui relève du « séisme intérieur » ?

 

Le « séisme intérieur » n’existe plus comme sujet de la pièce. Et avec l’expérience, j’ai réalisé que Phénomènes n’avait pas d’autre sujet que la rencontre qui a lieu sur scène, et cette danse sonore qui se fabrique à deux. Toutefois, je pense qu’il est question, sans parole cette fois-ci, de la rencontre de deux subjectivités qui dialoguent. Je pense que tout l’enjeu de cette pièce a été de trouver une relation juste ! Il est donc, peut-être, question de construction de soi face à l’autre. De transformation de soi au contact de l’autre.

 

Le spectacle est décrit comme « une ode à la vie » et « un souffle » : que voulez-vous dire par là ?

 

Je ne sais plus si j’assume cette formulation. A ce moment là, il s’agissait de parler des phénomènes naturels, de les incorporer. Aujourd’hui il reste surtout le travail autour de la respiration, qui donne lieu au mouvement et au son. Je décrirai plutôt la pièce comme une poétique du lien, dans laquelle on cherche à construire un être ensemble, fragile, éphémère, mouvant, joyeux.

 

Quelle relation avez-vous avec l’Atelier de Paris / CDCN, un lieu symbolique pour vous ?

 

Je suis, en effet, très attachée à ce magnifique lieu. Anne Sauvage et son équipe soutiennent mon travail depuis plusieurs années. Nous avons construit ensemble une belle relation qui a donné naissance à des projets très divers ! Au départ, je venais travailler dans les beaux studios (en prêt de studio). Puis lorsque Anne et
Éléonore ont rencontré mon travail, elles m’ont proposées de présenter la première de Manège lors de leur festival pour la jeunesse, Pulse, en mars 2024.

 

Puis, l’Atelier de Paris nous a soutenu dans la réalisation du film Danse-toi !, un film artistique autour de la danse à l’école, qui réunit 90 élèves, de Paris, de Seine-Saint-Denis, et de Bourgogne. La première a été présentée à June Events, en juin dernier. Cette année, le lien se fait à travers la création de Phénomènes. Nous sommes très heureux de présenter la première parisienne ici le 30 mai, dans ce lieu familier, accueillant, au milieu du bois et des chevaux, si propice à la création.

June Events, du 26 mai au 13 juin à Paris.

Visuels : © Brano Gilan