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Obsession, chevaux déconstruits et des jolies choses en ouverture du Festival Jogging du Carreau du Temple

par Amélie Blaustein-Niddam
22.05.2026

En ce jeudi soir caniculaire, la programmation à plus de 120 BPM de Sandrina Martins a continué à faire grimper la température. Au programme de cette belle ouverture : le rapide Hit Out de Parini Secondo x Bienoise, le déconstruit Coin Operated de Jonas&Lander et le tube de Catherine Gaudet, Les jolies choses.

Sautez ou bien payez

Tout commence dans un fondu entre deux performances courtes. On voit surgir en quadrifontal quatre danseuses en académique short, elles portent des tricots en cordes par-dessus leurs costumes. Elles ont chacune une corde à sauter blanche, elles serrent les poings autour des manches, elles serrent les dents aussi et elles attaquent. Dans la droite ligne des danses répétitives, notamment popularisées par Alessandro Sciarroni, elles vont répéter ce geste de sauter à la corde en, évidemment, apportant quelques modifications directionnelles et des moments de rebonds intérieurs sans impulsion. C’est joli mais, sans mauvais jeu de mots, ne décolle pas. La proposition reste formelle sans que l’on comprenne ce qui l’anime. Presque sans transition et sans quitter le hall du Carreau, nous sentons que quelque chose se trame, et pour cause, le duo de chorégraphes portugais Jonas&Lander a commencé à se faire repérer. Chacun en petit maillot blanc, lunettes bling-bling, et pas mal de détails qui brillent, ils déambulent sur des overboards roses tout en tenant dans leur main une perche à selfie. Ils nous invitent de cette façon à les suivre jusqu’à l’espace de jeu à proprement parler qui se compose de deux chevaux à pièces et d’une ingénieure-DJ au centre. Tout est blanc, même leurs lèvres. Et là on comprend, si on veut voir les artistes au travail, il faut glisser un euro dans la fente…

Vous voulez vraiment voir ?

Oui, évidemment que l’on veut voir. Dans un procédé proche des jeux du cirque, ces deux hommes-objets chevauchent de mille façons leur bestiau en plastique. C’est assez foutraque et très sérieux dans un aller-retour entre du très beau et du très kitsch. Le duo déconstruit tout ce qui peut vous venir comme idée lorsque vous pensez à un homme portugais à cheval. Il faut être fier, porter la cape comme sur les statues qui ornent les grandes places, il faut aussi maîtriser son flamenco jusqu’au bout des ongles, chanter juste, tenir bon pour éviter la chute et pourquoi pas, puisque le public en redemande, rendre cela bien dégueulasse.

Un peu de structure s’il vous plaît !

Quelques minutes plus tard, nous voici dans la grande salle du Carreau du Temple et on change complètement d’ambiance. Pour être honnête, disons que cela fait quatre ans que nous ratons cette pièce iconique de la chorégraphe québécoise Catherine Gaudet, et la revoici, grâce au merveilleux festival Jogging.

Les jolies choses se niche entre l’hypnose et la fascination. Iels sont cinq et, pour l’instant, bougent chacun·e pour soi. Les mouvements sont super simples, ce qui les rend inaccessibles pour les non-danseureuses est leur rythme et leur répétition. Cela donne des pieds vissés au sol, des jambes raides et seul un haut du corps mobile. Un bras qui scie l’air de haut en bas, par exemple. Et puis, honnêtement sans que l’on sache comment ni quand, le groupe se retrouve dans une succession de lignes toutes plus amusantes les unes que les autres. Iels se déplacent dans des sauts de côté des plus inconfortables ou bien agitent les bras comme des enfants.

Nous avons écrit « sans que l’on sache comment ni quand », car c’est exactement ce que Catherine Gaudet cherche : à nous perdre à force de nous faire regarder le même geste cent fois et pile au moment où notre attention s’échappe, elle nous bascule ailleurs, dans des éruptions gesticulantes qui cherchent à se cacher ou bien dans une mise à jour des comptes des interprètes.

La bande-son, d’abord doucement électrique, va aller jusqu’au rock le plus métallique, nous rappelle à quel point le son influe sur ce que l’on regarde.

Les jolies choses est une partition virtuose, écrite avec des pas qui apparaissent pourtant super simples. Catherine Gaudet maîtrise aussi bien son espace que sa dramaturgie en ne cessant pas de nous faire réaliser, avec toujours un temps de retard, ce que nous sommes en train de voir.

Les jolies choses n’ont rien de joli, la danse y est super raide, les jambes ne se plient que dans des sauts de côté et les bras font de même avec le plus souvent des coudes à l’équerre, et pourtant comme par magie, la pièce nous enivre dans une sensation addictive. Son label de « tube » n’est pas usurpé.

Le festival Jogging continue, lui, sa course jusqu’à dimanche où ces spectacles se redonnent régulièrement, suivez le programme.

Festival Jogging, Carreau du Temple, jusqu’au 24 mai

Informations et réservations

Visuel  en Une: ©Dainius Putinas

Visuel interieur : ©Donatas Alisauskas