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Anne sauvage : « Le lien entre mémoire et transformation est un fil rouge à travers le festival June Events »

par Amélie Blaustein-Niddam
21.05.2026

La vingtième édition de June Events du 26 mai au 2 juin se tiendra à l’Atelier de Paris CDCN. Sa directrice, Anne Sauvage, nous en donne les grandes lignes pour Cult.news.

Cette 20e édition du festival June Events est placée sous le beau sous-titre de « Danses du devenir ». En tant que directrice, comment ce thème incarne-t-il la ligne artistique actuelle de l’Atelier de Paris ?

 

J’avais d’abord sous-titré cette édition « Danses de résistances » tant les spectacles dénoncent l’état du monde et les gestes se font geste de résistance face à celui-ci. La création de Mithkal Alzghair qui ouvre le festival, Paisiblement, est une prise de position claire sur ce que peut encore le corps face à la violence, une forme de rébellion qui dénonce les massacres, notamment celui de la communauté Druze dans la région de Sweida en Syrie. D’autres spectacles dénoncent l’invisibilisation du travail des femmes (Labour de la Cie québécoise éponyme), la société de consommation et son emballement numérique (Sell, Self, Slay de Simon Feltz), notre relation anthropocentrée au vivant comme Holobiontes du duo Demestri Lefeuvre ou encore le regard normatif dans le très puissant solo de Julie Botet. Mais ce titre n’embrassait pas pleinement la poétique, la dimension de transformation et d’invention des écritures chorégraphiques. Il ne disait pas totalement non plus la résilience, l’espoir, la joie de vivre qui transcendent les projets. Ces mots « Danses du devenir » , je les ai empruntés au chorégraphe libanais Samer Zaher qui présente le solo Ancestral Echoes. Dans cette pièce, le corps est un réceptacle incarnant la mémoire de sa première rencontre avec chaque culture chorégraphique (danse orientale, dabke, bollywood, voguing et danse contemporaine). Ce lien entre mémoire et transformation, on le retrouve comme un fil rouge à travers le festival avec l’afindrafindrao malgache, la dabke palestinienne, la tarentelle calabraise, le pantsula sud-africain…

 

Le programme de cette année déploie la danse bien au-delà de la Cartoucherie, en investissant des lieux patrimoniaux ou symboliques forts comme la Sainte-Chapelle (avec Soa Ratsifandrihana), le Château de Vincennes ou l’Institut du monde arabe. Quelle est votre volonté derrière ce dialogue poussé entre les corps contemporains et l’Histoire de ces espaces ?

 

Je suis très attachée à cette collaboration de longue date avec le Centre des monuments nationaux qui permet à la danse d’investir les lieux de patrimoine. Ce qui m’intéresse, c’est la mise en relation et la mise en tension des corps avec l’architecture en termes de volumes, de lignes, de motifs.. mais aussi avec ses représentations et ses symboliques sociales, politiques ou culturelles. Les artistes joueront des contrastes. Soa Ratsifandrihana transmettra son solo fondateur Groove dans la verticalité, la légèreté et l’intensité de la lumière de la Sainte-Chapelle. C’est un autre chef d’œuvre gothique – la Sainte-Chapelle du Château de Vincennes – que défieront Alban Richard et Florentin Ginot avec des flux de mouvement et de musique continus. Dans ce concert performance, l’émotion naît de la présence des corps poussés vers leur limite, de leur fragilité, partagée avec le public en immersion pour décupler l’expérience. Proposer un environnement, un paysage, c’est aussi ce que le chorégraphe Michele Di Stefano et le compositeur Lorenzo Bianchi Hoesch feront à l’Institut du monde arabe, en transformant Paris en « ville méditerranéenne ». 

 On remarque une résonance très internationale dans cette édition, marquée notamment par la « Saison Méditerranée 2026 » et la présence de chorégraphes comme Mithkal Alzghair, Danya Hammoud, Selim Ben Safia ou Habib Ben Tanfous. Dans le contexte géopolitique actuel, quelle est l’urgence ou l’importance de faire porter ces voix singulières sur les scènes françaises ? 

 

Nous avons depuis quelques années donné une place plus importante au sein du festival aux voix singulières ou invisibilisées, aux artistes qui portaient de nouveaux récits. Dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, j’ai souhaité aller plus loin, et « laisser la place » au chorégraphe Selim Ben Safia qui dirige une compagnie, Al Badil, qui est aussi une structure d’accompagnement de jeunes chorégraphes à Tunis. Il est aussi cofondateur de l’Arab Dance Platform dont nous sommes devenus partenaires. Nous avions eu l’occasion de nous rencontrer au sein du réseau Archipel (Québec-France), puis lors du stage qu’il a effectué à l’Atelier de Paris en juin 2025 dans le cadre du programme « la relève » du ministère de la Culture. À travers cette curation, j’ai voulu lui confier la responsabilité de témoigner de la vitalité et de la diversité des scènes contemporaines et de cette nouvelle génération d’artistes de Tunis, Casablanca et Beyrouth. Ce sera l’occasion de découvrir les chorégraphes Medhi Dhakan, Christophe Al Haber, Samer Zaher, mais aussi des artistes des diasporas vivant à Bruxelles comme Siham Ennajjary grâce à un partenariat exceptionnel avec le Centre Wallonie-Bruxelles Paris pour cette 20ᵉ édition. 

 

La programmation met également en avant des formats plus atypiques ou intimistes, comme les rendez-vous réguliers « 6 à 7 » (avec Anna Chirescu, Rebecca Journo, etc.) ainsi que des rencontres professionnelles. Comment June Events parvient-il à être ce tremplin essentiel pour la structuration des artistes émergents ?

 

Les découvertes ont toujours été au cœur de ce festival de créations. On se souvient des premiers spectacles de chorégraphes qui tournent aujourd’hui dans le monde entier comme Katerina Andreou, Aina Alegre, Maud Le Pladec, Radouan Mriziga… C’est un travail au long court qui s’articule autour de différentes facettes. La particularité des « 6 à 7 » c’est que nous présentons dans ces rencontres des artistes qui seront soutenus et programmés par le CDCN. Cette année, nous commençons le festival avec un focus dédié à l’émergence dans lequel nous présentons 5 artistes qui ont bénéficié de soutien de la part du CDCN dans le cadre de la coproduction et des résidences, mais aussi d’un accompagnement professionnel structurant mené en collaboration avec Karen Benarouch grâce au mécénat de la Caisse des Dépôts. Il ne s’agit pas seulement de produire ces artistes et de les accompagner, mais de veiller à la répartition des espaces et des moyens au sein du festival. Le grand plateau du Théâtre de l’Aquarium, habituellement dédié aux grandes formes et aux chorégraphes renommés, est ainsi mis à disposition de plus jeunes talents. Il s’agit aussi de travailler à leur visibilité. C’est pourquoi, ce focus s’inscrit dans un parcours, qui du 26 au 31 mai, réunit une trentaine de professionnels étrangers et rassemble pour la troisième fois l’Institut français, le festival des Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et le festival JUNE EVENTS. 

 

À l’heure de souffler les 20 bougies de ce festival devenu incontournable, de quelle évolution ou de quel accomplissement êtes-vous la plus fière ? Et à l’inverse, quels sont selon vous les grands défis (écologiques, économiques, artistiques) qui attendent l’Atelier de Paris pour la prochaine décennie ?

 

Deux projets me tiennent particulièrement à cœur. Celui de StudioD, qui est une plateforme solidaire de mise à disposition d’espaces de danse imaginée pendant la crise du Covid-19 Aujourd’hui, elle est toujours active grâce aux contributions de 28 lieux partenaires dans le cadre du dispositif StudioD Emergence soutenu par le mécénat de la Caisse des Dépôts. Cette année, 36 compagnies ont bénéficié de plateaux pour le travail technique ou de studios. L’autre projet qui nous anime énormément en ce moment est l’engagement que nous avons pris auprès des artistes et des publics sourds. Il se concrétise par la coproduction de spectacles danse et LSF créés ou distribués par des artistes sourds ou malentendants, leur diffusion dans le cadre du festival PULSE à l’Atelier de Paris ou dans des théâtres franciliens partenaires, et les nombreux ateliers que nous menons toute l’année avec des enfants sourds ou malentendants. Ces projets sont menés grâce au soutien de l’Adami et de la Fondation Pour l’Audition qui vient de nous décerner son prix Société Impact 2026. Ces initiatives dépassent le cadre du projet d’établissement du Centre de développement chorégraphique national et concernent toute la communauté chorégraphique. Il me semble que c’est en redoublant d’énergie, d’inventivité et de solidarité que nous pourrons collectivement affronter les crises et les défis multiples qui nous attendent pour défendre les artistes, et les droits de chacun d’accéder à la culture. Et pour qu’il puisse encore y avoir en France, en 2036, un service public de la culture que le monde entier nous envie aujourd’hui.

 

La vingtième édition de June Events du 26 mai au 2 juin se tiendra à l’Atelier de Paris CDCN

Informations et réservations

 

Visuel :©Affiche