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Emilie Peluchon : « une grosse partie de mon travail est de regarder les nuages »

par Léa Raymond
21.05.2026

Arrivée en novembre 2022 à la direction de La Maison danse, anciennement Le CDC Uzès danse et La Maison CDCN Uzès Gard Occitanie, Emilie Peluchon a su porter un projet nouveau pour le Centre de développement chorégraphique national du Gard. La prochaine édition du festival de La Maison danse aura lieu du 3 au 7 juin pour fêter ses 30 ans. Au programme, plus de 500 spectacles, des chorégraphes de tous horizons et plus encore partout dans la ville d’Uzès. 

Depuis 2022, vous êtes à la tête de La Maison Danse. Qu’est-ce que cela vous a appris, aussi bien personnellement que professionnellement ?

 

Emilie Peluchon : Ça m’a offert la possibilité de mener un projet partagé avec l’équipe qui soit en adéquation avec les valeurs que l’on porte et avec des espaces d’inventivité avec les artistes pour aller à la rencontre de tous les publics. C’est un projet qui est assez spécial dans le sens où nous n’avons pas de lieu, de studio ou de théâtre. Ça nous invite tout le temps à réinventer les modalités de la représentation et la relation avec les publics. Ce terrain de jeu est assez génial, je trouve. Je crois que c’est aussi très en adéquation avec les valeurs que l’on porte ici et notamment la question de l’accessibilité des œuvres.

 

Est-ce important pour vous de mettre en avant la diversité de la danse ?

Je pense que c’est à l’image du monde. Nous n’aimons pas tous les mêmes choses et la grande chance avec la danse, c’est que c’est « les danses » au pluriel. C’est d’une diversité et d’une richesse que je trouve tellement merveilleuses que ça me porte et ça m’importe. C’est une nécessité presque vitale pour moi de le partager.

Après, je travaille dans un centre de développement chorégraphique national donc ce sont les artistes qui portent cette diversité d’écriture en prise avec les questions contemporaines du quotidien, que ça touche l’écologie, l’intime ou encore l’humain. Je travaille en échange avec ces artistes qui nous amènent à regarder le monde différemment au regard de ce qu’ils sont. 

 

Le festival La Maison danse existe depuis 30 ans, d’abord sous le nom Festival de la nouvelle danse. Vous en avez dirigé les trois dernières éditions, comment cela s’est déroulé pour vous ?

 

Travailler à la programmation d’un festival qui positionne le corps et le geste chorégraphique dans différents espaces de la ville, ça implique de travailler avec les partenaires de cette ville et avec cette ville elle-même. On passe notre temps à regarder la météo en fonction des horaires. On doit travailler avec ces modalités-là et ça nous invite à être tout le temps à l’écoute de la nature dans laquelle on s’inscrit. 

 

Est-ce que ces précédentes éditions correspondaient aux attentes que vous en aviez ?

 

Oui, proposer ce festival, c’est faire que la danse puisse être dans l’espace du quotidien et dans l’espace de la vie pour nous amener à regarder différemment notre quotidien et les espaces dans lesquels on évolue. C’est comme si on amenait d’autres temps, un autre message et notre poésie dans ces espaces. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que j’écouterai autant la nature. Une grosse partie de mon travail est de regarder les nuages parce que tous les ans, le mois de juin est une période orageuse. Il faut penser aux impacts avec les compagnies de communication publique et aux protocoles que l’on met en place ou non pour les intempéries. 

 

À quoi doit-on s’attendre pour cette édition anniversaire ? 

 

Quand je regarde un festival qui a 30 ans d’existence, il y a quelque chose d’un peu impressionnant. Je me suis dit : « qu’est-ce qu’on fait quand on fête ses 30 ans? ». Il y a eu des figures maîtresses du territoire et de l’histoire de la danse à qui j’ai envie de porter une invitation réelle, mais il y a aussi les artistes d’aujourd’hui et ceux de demain. Je veux construire cet anniversaire avec eux car un anniversaire, c’est aussi penser à son avenir. Le lien entre des générations d’interprètes qui s’écoutent et se respectent mutuellement ainsi que la question « Qu’est-ce qui fait qu’on fait société ? » sont des enjeux sociétaux très forts au quotidien dans le projet. 

 

Vous travaillez également avec des artistes associés tout au long de l’année. Comment cela fonctionne-t-il ?

 

Depuis 2004, il y a des artistes associés dans cette maison, le premier c’était Christophe Alab qui est resté 6 ans. On travaille au quotidien avec eux qui font partie du projet et de ses valeurs. C’est aussi des espaces d’inventivité pour qu’on leur laisse des cartes blanches. On est à l’écoute de leur désir, de leurs inventions et de leur création qui sont parfois surprenantes. En ce moment, on finit l’association avec Marion Carriau Il y a 3 ans, elle a énoncé l’envie de faire un projet de tissage géant pour les habitant.e.s du Gard. On est arrivé à en faire le vernissage d’une canopée qui relie les tissages qui ont été tissés de manière ancestrale par des habitant.e.s de tous les âges. 

 

On sait que le monde de la culture subit de nombreuses coupes budgétaires. Est-ce que c’est quelque chose qui impacte votre programmation ?

 

Oui, les moins 5 % du ministère de la Culture nous impactent toutes et tous. Ça vient vraiment casser des initiatives et abîmer des écosystèmes et ça vient encore une fois fragiliser la création et les artistes. Je crois qu’on oublie un peu que la culture, c’est ce qui fait société et c’est ce qui crée l’humanité. S’il n’y a plus d’art et de culture, alors il n’y a plus ni société ni humanité. On sait très bien qu’il y a des restrictions budgétaires qui sont à faire, mais des choix restent des choix. La culture travaille toujours avec d’autres secteurs. On a des projets en lien avec un hôpital psychiatrique et avec l’éducation nationale. On peut aller chercher au coût par coût des soutiens privés, mais sans une volonté de politique publique, il n’y aura plus de culture au sens où nous l’entendons.

 

Le festival La Maison danse ne s’arrête pas aux professionnels de la danse et propose également des spectacles d’amateur.ice.s ainsi que d’autres activités… Pouvez-vous en dire plus ? 

 

C’est vraiment lié aux artistes que l’on accueille et à leurs propositions. Cette année, on a une exposition avec l’affichage de photos des 30 ans du festival que nous sommes allés chercher dans les archives. De plus, dans le cadre du projet culture santé, il y a un groupe d’adultes, d’adolescents et d’enfants qui ont suivi des ateliers de photographie avec des danseurs dans un hôpital, ce qui a produit une exposition qui fait se rencontrer la danse et la nature.

 

Il y a aussi des projections cinématographiques, notamment Eternal jeunesse, qui est un film de Christophe Aleb, tourné en 2022 avec des adolescents d’Uzès. Les artistes ont toujours des nourritures plurielles qui viennent accompagner leurs créations et ça nous permet d’offrir différentes approches autour de l’art. Le festival de juin, pour moi, c’est l’invitation à la fête collective de tout ce qu’on a vécu ensemble et c’est pour ça que les élèves qui ont fait des projets sont autant invités à participer au festival que les professionnels.

La prochaine édition du festival de La Maison danse aura lieu du 3 au 7 juin à Uzès

Visuel : © Peter Avondo