Présenté en avant-première au Festival de Cannes au Cinéma de la plage qui est accessible à tous, Les Caprices de l’Enfant Roi, de Michel Leclerc est un film de cape et d’épée très grand public qui met en avant le triomphe des arts.
Le Cinéma de la Plage, c’est l’une des grandes grâces du Festival de Cannes : chaque soir à 21h30 sur la plage Macé, jusqu’au 23 mai, le cinéma redevient populaire au sens plein du terme. Les accrédités dans leur espace réservé, le public sur des couvertures, emmitouflé sous le vent frais de la nuit cannoise . L’avant-première a eu lieu le vendredi 15 mai, en présence du réalisateur Michel Leclerc et des acteurices qui sont monté sur scène sous un tonnerre d’applaudissements. Le cadre idéal pour un film qui célèbre, précisément, l’art comme bien commun.
Nous sommes en 1651. La Fronde menace Paris. Anne d’Autriche (Doria Tillier) décide d’exfiltrer son fils Louis (Nemo Schiffman), adolescent fanfaron et profondément attaché à sa couronne, en le confiant à D’Artagnan (Franck Dubosc), qui le place sous la tutelle de Cyrano de Bergerac (Artus). Cyrano le cache au sein de la troupe de Madeleine Béjart (Julia Piaton) et de Molière (Niel Hamel Brochen). D’abord convaincu que côtoyer des artistes est une forme de déchéance, le jeune Louis va découvrir, au fil des répétitions et des périls, ce que signifient le courage, la créativité et le rôle social du théâtre. Et c’est tout cela qui fera de lui le Roi Soleil !
Les Caprices de l’Enfant Roi s’inscrit dans une lignée glorieuse des grandes comédies historiques françaises qui savent allier l’érudition au plaisir, la reconstitution au burlesque. On pense évidemment à Cyrano de Bergerac de Rappeneau, à Ridicule de Leconte, au Roi danse de Corbiau, aux films de De Broca ou à La Folie des grandeurs de Gérard Oury. Ces œuvres qui prenaient l’histoire par la cape, la faisaient traduire par d’immenses actrices et acteurs et la transformaient en fête.
Michel Leclerc réussit ce pari avec une légèreté souveraine : si rien n’est vrai dans l’histoire que le film raconte, c’est fort bien trouvé. La poésie et le théâtre y sont traités comme des vecteurs de résistance populaire, capables de faire rire en temps de détresse, et le film assume pleinement sa vocation feel-good sans jamais sacrifier son intelligence. Artus compose un Cyrano inattendu, tout en fougue contenue, tandis que Julia Piaton en Madeleine Béjart et Doria Tillier en Anne d’Autriche apportent une élégance et une présence qui subliment le film. Le jeune Nemo Schiffman, en Louis pas encore XIV, tient parfaitement le fil d’un personnage qui grandit sous nos yeux. Un film très grand-public qui devrait connaître un beau succès populaire à sa sortie au mois de juin.
Les Caprices de l’Enfant Roi, un film de Michel Leclerc, avec Artus (Cyrano), Julia Piaton (Madeleine Béjart), Nemo Schiffman (Molière), Niel Hamel Brochen (Louis XIV), Franck Dubosc (D’Artagnan), Doria Tillier (Anne d’Autriche), Suzanne de Baecque (La Grande Demoiselle). France, 2026, 114 minutes. Présenté au Cinéma de la Plage, Festival de Cannes 2026. Sortie le 24 juin 2026.
Visuel : Le Pacte