Notre deuxième rendez-vous des Concerts à ne pas manquer marque le grand retour à Paris d’un duo folk australien qui compte déjà une quinzaine de concerts dans la capitale depuis 2010. Le 30 juin, ils retrouvent le Trianon, scène mythique de leur résidence de cinq soirs sold out en 2011.
Bien sûr, il y a eu « Big Jet Plane » qui a tout emporté sur son passage. L’un des rares singles folk acoustiques australiens à avoir traversé quinze ans de streaming sans prendre une ride, à ressurgir régulièrement dans de nouveaux classements comme si la chanson refusait d’atterrir. Mais le morceau est sorti en 2011, et le duo a beaucoup vécu depuis.
Angus et Julia Stone sont frère et sœur, nés à Newport, sur les Northern Beaches de Sydney. Leurs parents, Kim et John, formaient eux-mêmes un duo folk avant la naissance de leur première fille, Catherine. John devint ensuite professeur de musique à l’école primaire, tandis que Kim mena une vie aux mille facettes : biologiste marine, chanteuse, enseignante, puis gestionnaire de fonds. La musique fut omniprésente durant toute la jeunesse de la fratrie, bercée par les Beatles, les Beach Boys et Janis Joplin. Un véritable mode de vie.
C’est lors d’un voyage en Bolivie en 2003 que tout bascule. Julia découvre l’immense talent de compositeur de son frère et, alors qu’ils envisageaient chacun une carrière solo, l’évidence du duo s’impose :
« Angus écrivait des chansons incroyables… Il m’avait montré comment jouer de la guitare en Bolivie, et ces chansons m’avaient aidé à traverser cette année-là. »
Elle a 19 ans, lui 17, et les choses vont dès lors aller vite. Après un premier EP en 2006, avec le titre remarqué « Paper Aeroplane », la rencontre avec Fran Healy, leader de Travis, leur ouvre les portes d’Independiente, filiale de la major EMI. Ils y sortent leur premier album A Book Like This qui rencontre un succès immédiat dans le pays.
Leur style est résolument folk, teinté de country et parfois de pop à la Fleetwood Mac, avec des mélodies simples et ciselées. Leurs voix ne sont pas fusionnelles, à la façon de First Aid Kit, mais chacune vient naturellement se poser comme la voix seconde de l’autre. Très différentes, Julia acidulée, Angus éthérée, elles offrent une belle variété aux chansons.
Qu’ils soient étiquetés comme folk, acoustique ou indie-rock n’est pas un problème pour le duo.
« Ce n’a jamais été une question de choix stylistique ; nous faisons comme nous le faisons », dit Angus. Julia ajoute : « Nous sommes deux personnes qui jouent de la musique parce que, eh bien, juste parce que. Nous sommes sans cesse surpris et honorés que les gens en retirent quelque chose ; cela rend le partage avec une communauté encore plus spécial. »
Tiré de leur second album Down the Way, « Big Jet Plane » leur ouvre les portes d’une consécration mondiale. Ils prennent pourtant la décision de se séparer, pour se consacrer chacun à sa propre carrière.
Après deux albums solo chacun, c’est Rick Rubin, le grand architecte du son de Johnny Cash comme des Red Hot Chili Peppers ,qui parvient à les réunir, en produisant Angus & Julia Stone.
Les trois albums qui suivent sont autoproduits, sans que cela ne freine leurs aventures en solo. Angus, sous le nom de Dope Lemon, cultive un folk vaporeux qui évoque Bon Iver ; Julia, elle, met sa voix si particulière au service de mélodies plus pop. Deux solitudes créatives qui ne trouvent leur plein sens qu’ensemble.
Quand on évoque Hydra, en Grèce, le nom de Leonard Cohen surgit aussitôt. Il aimait ce rocher aride et y possédait une maison. Même s’il repose au Canada, son fantôme doit certainement hanter ce lieu enchanteur et c’est lui, sans doute, qui a soufflé « Karaoke Bar » aux oreilles de Julia et Angus pendant leur séjour à proximité de sa demeure.
« C’était un moment magique sur l’une des îles les plus étranges et les plus belles que nous ayons jamais visitées », se souvient Angus.
Ils l’ont offert aux fans le 6 mai, premier signe avant-coureur d’un album éponyme attendu le 4 septembre 2026 via Virgin Music. Première nouveauté notable : ils s’y partagent les voix ligne par ligne, à l’unisson ou en harmonie tout au long du disque, une véritable révolution dans leur façon d’habiter les chansons ensemble, digne de Simon & Garfunkel. Et c’est magnifique !
Voilà une raison de plus pour tenter d’arracher l’une des dernières places disponibles pour leur concert au Trianon, le 30 juin. Ce nouvel opus devrait logiquement tenir une place de choix dans la setlist. Pour les retardataires, le Jardin Sonore Festival de Vitrolles les accueille le 11 juillet ; rien n’est perdu.
Photos : promotion Angus & Julia Stone
Remerciements : Elise Sauvinet & Noémie Cadillon de UNI-T
Les albums qu’il faut écouter :
Les concerts :