L’artiste plasticien israélien Yaakov Agam, figure majeure de l’art cinétique international, est décédé à l’âge de 98 ans.
L’annonce a été faite le 21 juin par le maire de sa ville natale de Rishon LeZion, en Israël. Lauréat du Prix d’Israël quelques mois plus tôt, Agam laisse derrière lui une œuvre foisonnante qui a profondément renouvelé la perception du mouvement, de la couleur et de l’espace dans l’art contemporain.
Né Yaakov Gibstein en 1928 à Rishon LeZion, il se forme en Israël avant de poursuivre ses études en Suisse puis en France. Installé à Paris à partir des années 1950, il fréquente plusieurs figures majeures de l’avant-garde du XXe siècle, parmi lesquelles Constantin Brancusi, Marc Chagall et André Breton. Il y développe un langage plastique fondé sur le mouvement, la transformation et la participation du spectateur.
Considéré comme l’un des pionniers de l’art cinétique, Yaakov Agam fait du temps et du déplacement du regard des éléments constitutifs de l’œuvre. Ses créations, faites de reliefs, de jeux optiques et de couleurs changeantes, bouleversent la notion d’image fixe.
Son œuvre a essaimé à travers le monde, de la célèbre fontaine de la place Dizengoff à Tel-Aviv à la fontaine en mosaïque réalisée en 1977 sur le parvis de La Défense. Le Centre Pompidou le décrivait comme « l’une des figures les plus marquantes de l’art cinétique mondial ».
Parmi ses réalisations les plus célèbres figure le Salon Agam, conçu pour le palais de l’Élysée à la demande de Georges Pompidou. Cet ensemble décoratif est aujourd’hui conservé dans les collections du Centre Pompidou.
« La seule langue que je parle, c’est le visuel », déclarait-il en 2020. « Les yeux font partie de l’âme. Si vous regardez avec les yeux, vous regardez avec l’âme. » Une phrase qui résume sa conception de l’art comme expérience vivante et en perpétuelle transformation.
Récompensé par le Prix d’Israël en avril 2026, Yaakov Agam estimait que « la créativité est le fondement du judaïsme ». Avec sa disparition, l’art contemporain perd l’un de ses grands expérimentateurs, dont l’héritage continue d’influencer les pratiques artistiques fondées sur le mouvement et l’interactivité.
Visuel : Yaacov Agam, Wikimedia Commons