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Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs

par Camille Beauleux
22.07.2026

À la veille de son ouverture, le Delta Festival traverse la plus grave crise de son histoire. Depuis les révélations mettant en cause l’un de ses fondateurs et coprésident, Olivier Ledot, pour des accusations de violences sexistes et sexuelles rapportées par MarsActu, les retraits d’artistes, de collectifs et de partenaires historiques s’enchaînent, fragilisant l’événement phare de l’été marseillais.

Parmi les premiers à annoncer leur désistement figure le DJ franco-suisse Mosimann. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, l’artiste explique renoncer à sa venue en évoquant à la fois le non-respect de certains « engagements contractuels » et les informations récemment rendues publiques concernant la direction du festival. « Le contexte actuel n’est plus compatible avec les valeurs que je souhaite défendre », écrit-il, affirmant condamner « toutes les formes de violences, et en particulier les violences sexistes et sexuelles ».

 

Depuis, la liste des absents n’a cessé de s’allonger. Le groupe Acid Arab, DJ Feder, Kungs, Adèle Castillon, Miki, Trinix, DJ Bens, Omaks, RDØ ou encore Skone ont à leur tour annoncé qu’ils ne monteraient pas sur les scènes des plages du Prado. Tous invoquent, avec des formulations différentes, leur refus de se produire dans un contexte marqué par des accusations d’une telle gravité. À l’inverse, certains artistes, comme Yann Muller, ont choisi de maintenir leur performance tout en annonçant le reversement de leur cachet à des associations engagées dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

 

 

Une mobilisation qui dépasse les artistes

La contestation ne se limite pas à la programmation musicale. Avant même la vague d’annulations, dix collectifs marseillais partenaires du festival avaient annoncé leur retrait, rapidement rejoints par l’association Clean My Calanques. Une prise de distance symbolique pour ces acteurs locaux, historiquement associés au Delta Festival, qui participaient à son identité bien au-delà de la seule programmation musicale.

 

Cette mobilisation intervient après les révélations publiées par MarsActu, qui rapporte les témoignages d’anciennes collaboratrices et bénévoles mettant en cause Olivier Ledot pour des faits de violences sexuelles et sexistes. L’intéressé conteste fermement ces accusations. Dans un communiqué, il s’est dit « profondément révolté » et a dénoncé une démarche visant, selon lui, à nuire à sa réputation et à déstabiliser le festival. À ce stade, le parquet de Marseille a indiqué qu’aucune plainte n’avait été déposée contre lui.

 

 

 

Le festival maintenu malgré la crise

Face à l’ampleur de la polémique, la direction du Delta Festival a annoncé le retrait immédiat d’Olivier Ledot de la direction opérationnelle ainsi que son interdiction de présence sur le site pendant l’événement. Une commission d’enquête interne a d’abord été mise en place, avant d’être complétée par une enquête indépendante menée avec l’appui d’un cabinet extérieur.

 

Dans un nouveau communiqué, les organisateurs affirment être « bouleversés » par les accusations portées contre leur cofondateur tout en assumant le maintien de l’édition 2026. « Nous respectons le choix des artistes et des associations qui ont décidé de ne pas participer cette année. Mais nous avons fait le choix de maintenir le festival », écrivent-ils. Les équipes précisent également que l’intégralité des bénéfices potentiels sera reversée à des associations œuvrant contre les violences sexistes et sexuelles.

 

Malgré cette décision, le Delta Festival devra composer avec une programmation profondément remaniée. Alors que près de 150 000 festivaliers étaient attendus sur quatre jours et que près de 200 artistes devaient s’y produire, cette édition restera avant tout marquée par une série de désistements sans précédent et par les interrogations qu’elle soulève sur la responsabilité des événements culturels face aux accusations visant leurs dirigeants.

Visuel : Delta Festival 2025, Wikimedia Commons