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Mort de Julio Le Parc, précurseur de l’art cinétique

par Camille Beauleux
02.06.2026

L’artiste argentin pionnier de l’art cinétique et optique, Julio Le Parc, est mort à Paris, le 30 mai, à l’âge de 97 ans, quelques jours avant son vernissage à la Tate Modern de Londres. Il est l’un des premiers à avoir fait de la lumière l’origine même de son art.

Figure majeure, pionnier d’œuvres haute en couleurs, Julio Le Parc est un artiste atypique qui a marqué le monde de l’art avec ses illusions d’optiques de jeux de lumières et de mouvements. Il est né le 23 septembre 1928 à Palmira, en Argentine  et a dédié sa vie à l’art contemporain, passant de la sculpture à la peinture. Le Parc grandit dans une famille ouvrière, il part s’installer en 1942 à Buenos Aires avec sa mère et ses frères.

L’artiste a étudié à l’Escuela Nacional de Bellas Artes Prilidiano Pueyrredón à Buenos Aires. Il travaille comme apprenti dans une usine de maroquinerie et suit en même temps les cours des Beaux-Arts tout en étudiant la notion de spatialisme regroupant la lumière, l’espace, le temps et le mouvement. En 1958, il obtient une bourse du gouvernement français et s’envole pour Paris. Cette même notion marquera sa carrière et définira ses codes artistiques tout au long de sa vie.

La lumière comme point culminant de son art

Depuis toujours, l’artiste argentin se passionne des différentes façons de mettre l’art en mouvement et de créer des jeux de lumières. Dès son arrivé à Paris, il étudie les effets de la lumière ainsi que les couleurs qu’il peut utiliser pour créer une symétrie très complexe. Il en vient à créer un prisme chromatique de quatorze couleurs, une œuvre jugée impressionnante.

Plus tard, avec certains de ses confrères ; François Morellet, Horacio Garcia Rossi, Jesús-Rafael Soto, Le Parc fonde le GRAV (Groupe de recherche d’art visuel). Artistes anticonformistes et engagés, leur but était de libérer la création, explorer des champs nouveaux, en marge des circuits traditionnels. Julio Le Parc était le dernier membre fondateur.

Ses œuvres d’art « couleur-lumière » récompensées

L’année 1966 marque un tournant dans la vie de l’artiste argentin, il participe à sa première exposition personnelle à la Howard Wise Gallery à New York. La même année, il gagne le Grand Prix de la peinture à la Biennale de Venise. Deux ans plus tard, il se lance dans la création de La Longue Marche, une des pièces maîtresses de l’art cinétique, vaste fresque d’une vingtaine de mètres de long, constituée de dix tableaux composés de plusieurs formes colorées.

Malgré son prestige, il refuse la proposition d’une exposition au Musée d’Art Moderne de Paris. Cependant, c’est presque au même endroit, au Palais de Tokyo, 40 ans plus tard, qu’une grande sphère rétrospective rouge réaffirme l’importance de son travail et de son statut de père de l’art cinétique.

 

Julio Le Parc s’est éteint à Paris, cette même ville qui lui a offert tant d’opportunité d’un point de vue artistique. Dans quelques jours à Londres, une exposition consacrée à son travail ouvrira à la Tate Modern. Julio Le Parc laisse derrière lui des années passées à étudier la lumière, les couleurs et les mouvements aujourd’hui devenus les caractéristiques fondamentales de son art.

Visuels : Julio Le Parc en el Museo Nacional de Bellas Artes, Wikimedia Commons. 

Visuels : « Sphere rouge » by Julio Le Parc, Wikimedia Commons. 

Visuels : Trame altérée by Julio Le Parc (1965). Centre Pompidou, Paris. Creative Commons.