22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs
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Festival Paris l’été : Un après-midi de stage avec Bili Bellegarde et Soa de Muse

par Yaël Hirsch
24.07.2026

Paris l’été ce sont des spectacles, un peu partout dans Paris, mais ce sont aussi des stages ouverts au grand public. Alors que le cabaret La Bouche est programmé au Palais Galliera (et affiche complet ) les 24, 24 et 26 juillet, deux des figures emblématiques de ce Cabaret queer autogéré donnaient des stages au Lycée Henri Bergson, jeudi 24 juillet… Et c’était .. « empowering » !

Dans les coulisses de la création du Cabaret

Ce jeudi 24 juillet, nous sommes quelques happy few à entrer dans l’enceinte du groupe scolaire Henri Bergson dans le 19e arrondissement où se déroulent depuis plusieurs années certains spectacles et rendez-vous du Festival Paris l’été (lire notre article de l’an dernier). Rendez-vous est pris avec Bili Bellegarde et Soa de Muse, deux figures fondatrices, avec Mascare et Grand Soir, du cabaret autogéré La Bouche. Pour voir La Bouche sur scène et de nuit, c’est 3 soirs cette semaine à 21h. Mais pour entrer dans les coulisses et apprendre à réécrire des chansons et à marcher avec férocité, c’est cet après-midi !

Atelier d’écriture avec Bili Bellegarde

Réécrire pour réparer

Elle porte le nom d’une ville disparue, elle est d’une vivacité et d’une sensibilité qui percutent dès les premiers mots échangés et elle se présente comme « une enfant de Chérie FM » (lire notre interview dans le cadre de la série Bienvenue au Cabaret de Mélodie Braka, illustrée par Marina Viguier). Bili Bellegarde accueille une douzaine de participant·e·s à un atelier de réécriture de chansons. Elle commence par nous expliquer comment elle perçoit ce travail essentiel des numéros de cabaret. Pour Bili Bellegarde, réécrire des chansons qui nous ont forgé·e·s et qui ont marqué les imaginaires collectifs, c’est avant tout un « travail de réparation » qu’elle enveloppe d’autant de tendresse que d’engagement et de créativité. Il s’agit de donner vie aux « chansons qu’elle aurait aimé entendre ». Dans l’atelier, chacun·e y mettra sa sensibilité, plus ou moins comique, politique ou poétique, néanmoins dans l’optique de Bili il s’agit de réparer et d’humaniser. Ainsi de « Gouinopolis », version « Dyke » de l’hymne de Starmania qui devient une belle utopie ou de « Life on Mars » de David Bowie où elle twiste la planète rouge en lieu d’entente et de communication.

Trouver ses mots

Évidemment, une chanson, c’est d’abord un rythme qui inspire et puis après c’est beaucoup de jeux avec les mots et leurs sonorités. Elle nous donne ainsi à entendre la version du « Paparazzi » de Lady Gaga par La Biche avec plein de jeux de mots sur les pères. Et enfin, nous sommes au cabaret, il y a donc aussi souvent des références à l’actualité, mais souvent passée au crible de la fiction que permet la chanson. La traduction est aussi précieuse, notamment de l’anglais, pour apporter des images et des sonorités marquantes. C’est maintenant aux participant·e·s de travailler. Certain·e·s sont venu·e·s avec des travaux en cours ou des idées, d’autres se lancent et avec beaucoup de générosité, Bili Bellegarde nous conseille, fait sauter les verrous ou les blocages, partage des astuces personnelles pour que chacun·e puisse créer sa réécriture de chanson. Elle permet ainsi aux participant·e·s de mettre en mots des émotions à la fois intimes et engagées. Une restitution généreuse est prévue, où les chaînes d’inspiration se croisent et s’enrichissent…

Stage de Runway avec Soa de Muse

En avant marche

Nous sommes une vingtaine dans le grand gymnase du lycée. Soa de Muse nous accueille avec un ordinateur et une playlist à se damner. Baskets et talons sont à la fois bienvenus, pieds nus cela marche aussi. Et nous voici partis pour des grandes traversées. Seul·e·s en binômes et en effet de groupe, nous avons parcouru sans relâche et de manière quasi-militaire les 40 mètres de longueur du gymnase avec au bout de chaque Runway un seul objectif à atteindre : celui de notre désir, le regard fièrement levé vers cet horizon. Dès le début, Soa nous précise qu’elle est antillaise et que le cours, inspiré par le voguing et les Ballrooms américains, aussi bien que par la démarche féline de Naomi Campbell en majesté sur les catwalks des années 1990, se déroulera avec plein de mots anglais. Ainsi, notre professeur de marche nous enjoint à « Embrace », la première des trois marches est « Fierce » et on libère petit à petit toutes les énergies. Les marcheuses et les marcheurs ont de 17 à 77 ans, et en deux heures à mettre une jambe devant l’autre, on repense un acte humain essentiel : marcher.

Prendre sa place dans l’espace

Les personnalités se révèlent dès la première traversée et leur musique restera la même, mais c’est l’affirmation de soi qui change : que l’intention soit donc « fierce », « neutre » ou « kinky », Soa nous rappelle à chaque instant qu’il faut rester concentré·e sur soi, sur son désir (même quand elle essaie de nous déconcentrer !) et qu’on a bien le droit de prendre possession de son espace ! Finis les déplacements le dos courbé absorbé·e par son portable. Place à l’affirmation de son corps dans l’espace public, même si on va juste chercher son pain. Les applaudissements sont puissants, on sort de ce défilé exigeant et fun libéré de plein de poids et on a très très envie de traverser fièrement les Champs-Élysées pour aller au Palais Galliera voir (et entendre) Soa et Bili sur scène, ce week-end !

Visuel : Marina Viguier / @gestuelle