Après dix ans de préparation et un projet estimé à 800 millions d’euros, la transformation de la Tour Montparnasse vient de se heurter au vote de ses copropriétaires. La première phase des travaux a été rejetée alors que le permis de construire expire prochainement.
Le vote sur la première phase des travaux a eu lieu le mercredi 23 septembre 2026. Les copropriétaires l’ont rejeté à plus de 76 %.
Cette première étape devait notamment comprendre le désamiantage final, le curage du bâtiment et la dépose partielle des façades. Un passage indispensable pour lancer le grand projet de transformation de la tour.
Le vote ne condamne pas nécessairement toute rénovation du bâtiment. Mais, alors que le permis de construire expire le 26 novembre 2026, il met en suspens le projet imaginé depuis près de dix ans.
Inaugurée en 1973, la tour est devenue l’un des bâtiments les plus reconnaissables, mais aussi les plus controversés, du paysage parisien.
Le projet de rénovation, conçu par Nouvelle AOM, devait lui donner un tout nouveau visage. Nouvelles façades vitrées, transformation de sa base, espaces de bureaux repensés, commerces et services, hôtel et même serre agricole au sommet.
L’objectif était de transformer en profondeur l’architecture de la tour et de la rendre plus moderne, plus ouverte et davantage intégrée à son quartier.
Mais l’avenir de la Tour Montparnasse ne se joue pas seulement sur le terrain de l’architecture. C’est aussi une question financière et de gouvernance entre les différents copropriétaires.
Le coût du projet avait fortement augmenté. En juillet, LFPI, qui détient une partie de la tour, avait annoncé son opposition au projet, privilégiant une rénovation autour de 400 millions d’euros. D’autres copropriétaires importants, notamment MGEN et Axa, ont ensuite rejoint cette opposition.
Les désaccords ne sont donc pas uniquement architecturaux, ils sont aussi budgétaires et liés aux choix des copropriétaires.
Dix ans de conception n’auront finalement pas suffi à résoudre cette question : qui veut encore payer pour cette transformation ?
La tour emblématique se retrouve désormais dans une situation particulière. Le bâtiment est vidé de ses occupants depuis le 31 mars 2026, le grand projet est bloqué et le permis arrive à expiration.
Cela crée une situation cocasse. La tour a été vidée en prévision de sa transformation, alors que celle-ci risque de ne pas avoir lieu.
La fin de toute rénovation n’est cependant pas actée. Un nouveau conseil syndical a été constitué et certains copropriétaires souhaitent désormais travailler sur un projet moins ambitieux et moins coûteux. Certains éléments pourraient toutefois disparaître de cette nouvelle version, comme la serre agricole ou l’hôtel.
De son côté, la Ville de Paris demande qu’une solution alternative soit trouvée afin d’éviter que le site ne reste durablement à l’arrêt.
Visuel : © Wikipédia