Les vacances se terminent, le Festival d’Automne arrive ! De septembre à décembre, le plus grand festival de spectacle vivant de Paris revient pour sa 55e édition, avec une programmation impressionnante qui fait cohabiter de grands noms aux côtés de merveilleux.ses artistes émergentes dont les créations sont précieuses. Au rendez-vous : théâtre, danse, musique, performance, arts visuels, et tout ce que vous n’imagineriez jamais pouvoir créer ! Voici ce qu’on attend avec la plus grande impatience.
La grande chorégraphe belge revient à Paris avec GLA55, une œuvre créée pour sa compagnie Rosas. Elle qui a longtemps dialogué avec Bach s’intéresse cette fois à la musique de Philip Glass. Présentée à La Villette, la pièce embarque le public pour 60 minutes et 10 mouvements, portés par six danseur·euses accompagné·es en direct par les ensembles Ictus et BL!NDMAN.
La metteuse en scène, écrivaine et interprète brésilienne Carolina Bianchi revient au Festival d’Automne avec l’intégralité de sa trilogie, présentée à l’Odéon Théâtre de l’Europe. Cette nouvelle figure incontournable du théâtre contemporain qui aime tant repousser les limites se lance ici dans un véritable marathon artistique. En explorant les liens entre violences sexuelles et représentations à travers l’histoire de l’art, elle propose les trois volets de son œuvre — Uma luz cordial, The Brotherhood et Cadela Força — qui s’enchaînent pour composer une expérience unique de 10 heures.
Également à l’Odéon, le metteur en scène italien Romeo Castellucci présente Faust. Fait, non dit. Dans cette création d’1h45, il explore les contradictions de notre monde contemporain à travers l’œuvre de Goethe, sondant la crise du langage et le néant qui précèdent le pacte avec Méphistophélès.
C’est à la Ménagerie de Verre que le Festival d’Automne ouvre le bal, avec la carte blanche de la danseuse et chorégraphe nora chipaumire, rebaptisée « carte noir ». Conçu en collaboration avec son espace de réflexion zimbabwéen nhereraHUB, ce projet multidisciplinaire puise dans les trois villes qui nourrissent son travail (Harare, Dakar et Paris) pour faire dialoguer scènes artistiques et pensées critiques. La carte blanche se clôturera à la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Une proposition d’une grande richesse, à suivre de très près.
Le Festival consacre cette année un portrait à la compositrice canado-britannique Cassandra Miller. Son écriture, nourrie par la transcription et la répétition, cherche à capter des états intérieurs par la musique. Le portrait s’ouvre aux Bouffes du Nord avec Florentin Ginot et Katharina Ernst, se poursuit à Radio France avec notamment Dad Goes to the Mountain, en résonance avec des œuvres de Ravel et Kurtág, puis se conclut à l’Église du Saint-Esprit, où ses pièces dialogueront avec celles d’Éliane Radigue et Sarah Davachi, interprétées par le Quatuor Bozzini. Si vous ne la connaissez pas encore, c’est le moment de la découvrir.
Le deuxième portrait est consacré au Back to Back Theatre, compagnie théâtrale australienne déjà accueillie par le festival en 2023. Portée notamment par des comédien·nes neurodivergent·es, elle bouscule les conventions et interroge notre manière de regarder les autres, le monde et le théâtre lui-même.
Le portrait réunit cinq propositions. NEANDERTHAL — Histoire(s) du théâtre VIII invite le public au cœur des répétitions d’une création qui explore l’extinction et la cognition. RADIAL, projet participatif et cinématographique, rassemble des communautés artistiques franciliennes autour d’un dispositif circulaire filmant un groupe en mouvement. GANESH VERSUS THE THIRD REICH mêle avec humour et émotion l’histoire du dieu Ganesh à celle de l’Allemagne nazie, tout en questionnant la possibilité même de raconter certaines histoires au théâtre. Avec small metal objects, la compagnie déplace le théâtre dans l’espace public. Les spectateurs suivront à distance le dialogue de deux personnages perdus dans la foule. Enfin, FOOD COURT, mis en musique par le trio australien The Necks, plonge trois comédiennes en situation de handicap dans une scène d’humiliation ordinaire, transformée en expérience théâtrale intense et dérangeante.
Le portrait s’accompagnera, comme chaque année, de masterclass, d’ateliers et de rencontres publiques ouvertes à tous.tes.
Le Festival d’Automne 2026 consacre également un portrait à Bouchra Ouizguen, danseuse et chorégraphe marocaine majeure de la scène contemporaine. Ce parcours réunit danse, performance et arts visuels.
Le portrait s’ouvre avec Nahl, création où Ouizguen travaille avec un groupe d’enfants, puis se poursuit avec Este Mundo, ode à la tendresse et aux singularités des interprètes, et Qunfudh, un solo plus intime où le mouvement dialogue avec chants, silences et réminiscences. Enfin, Mosaïque — Ce qui traverse les corps réunit trois artistes du Burundi, d’Iran et du Maroc, tandis que Sphere / Kurah, conçu avec Tala Hadid, déplace le travail vers les arts visuels. Un portrait à la croisée de l’intime et du collectif, de la danse et des autres formes artistiques.
Déjà invité en 2023, le collectif catalan El Conde de Torrefiel, fondé à Barcelone en 2010 par Tanya Beyeler et Pablo Gisbert, revient avec Lexikon, une pièce qui interroge ce qui nous définit en tant qu’êtres humains à travers le langage et la parole. Le spectacle imagine celle-ci comme un flux vivant, en perpétuelle transformation, capable de créer des mondes mais aussi de devenir un instrument de contrôle. Sur scène, récits, images, tableaux vivants, chorégraphie et création sonore se mêlent pour composer une expérience très sensorielle, qui invite à réfléchir à notre manière de communiquer et de faire circuler les idées.
Walid Raad — Festival of (in)gratitude : l’artiste libanais, familier du Festival d’Automne depuis 2007, poursuit son exploration des récits, des archives et de leurs manipulations, entre document et fiction.
Feda Wardak, Saïdo Lehlouh & Deena Abdelwahed — Ce que le ciel ne sait pas : une création qui croise voix, musique et récit autour de trajectoires et de mémoires déplacées.
Ewa Dziarnowska — This resting, patience : la chorégraphe polonaise travaille autour du corps au repos et l’attention portée aux temporalités lentes.
Silence — Cette création, co-créée par la chorégraphe Mathilde Monnier et la percussionniste Lucie Antunes vous transportera dans un état multi-sensoriel. Avec des performeurs.euses talentueux.euses et d’une énergie folle, l’œuvre est un pari précieux, parvenant à transcender les corps au rythme de la musique et de la résonance du silence qui se transforme en partition dansée.
Último Helecho — Nina Laisné et François Chaignaud, nouveau directeur du Centre Chorégraphique National de Caen (CCNCN), prolongent l’utopie de fusion entre danse et musique à partir de répertoires sud-américains. Aux côtés de la chanteuse argentine Nadia Larcher, iels composent un univers gracieux où les voix résonnent avec le souffle des sacqueboutes et les rythmes du zapateo. Une création d’une subtilité magique.
Portrait de Rita — Laurène Marx — À partir d’entretiens menés avec Rita Nkat Bayang, femme d’affaires camerounaise devenue aide-ménagère en Belgique, Laurène Marx et Bwanga Pilipili construisent un texte à la parole électrisante, qui affronte les violences sexistes, sexuelles et racistes. Une création brillante et pleine de sororité.
The Sea is History — Betty Tchomanga — La chorégraphe poursuit son travail sur les mémoires vivantes de la diaspora africaine. Après des siècles de violence, comment écrire sa propre histoire et retrouver corps ? Elle emprunte à l’écrivaine Saidiya Hartman sa méthode de « fabulation critique », entre reconstitution et imagination.
Elina Kulikova – Avec Dima Efremov, l’artiste présentera une trilogie théâtrale et musicale dénonçant la guerre et l’invasion menées par la Russie en Ukraine. Cette création très personnelle nourrie de références au répertoire russe résonne déjà comme une ode à la résistance.
Dalila Belaza – Dans son œuvre intitulée Un peu pour mon coeur…, la danseuse et chorégraphe donne une voix au mouvement dans un rite de communion.
Hiroshi Sugimoto – Photographe et artiste pluridisciplinaire japonais, Hiroshi Sugimoto revisite les grandes traditions de l’art dramatique de son pays dans sa pièce Noh Climax qui sera présentée au Théâtre de la ville – Les Abesses. Son univers bouleversant est à découvrir.
Parce que le spectacle vivant se vit dans le partage, l’équipe du festival parvient à faire de chaque création une véritable expérience pour le public.
Malgré les coupes de subventions auxquelles le festival n’échappe pas, sa programmation demeure singulière et inventive. Cette exigence s’accompagne d’un important travail de médiation, notamment dans le cadre de l’Éducation Artistique et Culturelle (EAC). Cette année, le festival développe également L’Assemblée, un projet réunissant des étudiant.es associé.es à son activité et participant à son rayonnement.
C’est notamment auprès des jeunes que le Festival d’Automne affirme sa singularité en défendant une création engagée, ouverte sur le monde et en constante évolution. Pour favoriser cet accès, un tarif de 8 euros est proposé aux étudiant.es ainsi qu’aux moins de 30 ans.
Avec Francesca Corona et Clara Iannotta à la direction artistique, le Festival d’Automne 2026, présidé par Axel Dumas et dirigé par Emmanuel Demarcy-Mota, poursuit ainsi son ambition de faire découvrir des écritures contemporaines venues des scènes du monde entier.
Le Festival d’Automne se déroule de septembre à décembre 2026 dans une quarantaine de lieux partenaires à Paris et en Île-de-France. Programme complet et billetterie sur ce lien.
Visuels : Festival d’Automne 2026