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La culture, le meilleur des anti-âges ?

par Léa Raymond
27.05.2026

Début mai, une étude de l’University College London montre que la pratique régulière d’activités culturelles ralentirait le vieillissement des humains, avec des effets semblables et même potentiellement supérieurs, à ceux d’une activité sportive.

En 2019, l’OMS confirmait déjà que l’art a des effets positifs sur notre santé mentale comme physique. C’est ce qu’une étude britannique, publiée le 11 mai dans la revue Innovation in Aging, est venue confirmer en apportant des éléments scientifiques et quantifiables sur les bienfaits que la culture peut avoir sur le corps humain. Des chercheurs de l’University College London montrent alors que des activités artistiques hebdomadaires ralentiraient le vieillissement biologique, de la même manière que l’activité physique.

 

Une étude scientifique 

 

Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 3 556 adultes au Royaume-Uni. Les scientifiques ont analysé à la fois les questionnaires portant sur les habitudes culturelles des participants et leurs analyses sanguines permettant d’estimer leur « âge biologique ». De la lecture, au chant, en passant par les activités manuelles ou encore les visites de musées, toutes les pratiques ont été prises en compte par l’étude, de la même façon que leur fréquence. Pour mesurer le vieillissement des patients, l’équipe a utilisé sept « horloges épigénétiques » (un test biochimique qui mesure l’accumulation de groupes méthyles sur l’ADN), qui servent à calculer la vitesse du vieillissement de l’organisme humain. 

 

Au sujet des résultats, l’une de ces horloges, nommée « DunedinPACE », prouve que les personnes ayant une activité artistique au moins trois fois par an présentaient un vieillissement de 2 %  plus lent que pour les personnes pratiquant seulement moins de trois activités annuelles. Une pratique mensuelle augmente ce ralentissement jusqu’à 3 % et jusqu’à 4 % pour une pratique hebdomadaire. L’expérience montre des effets marqués principalement chez les adultes de 40 ans et plus, et encore plus important chez ceux avec un répertoire culturel plus diversifié.

 

Une autre des « horloges épigénétiques » appelée « PhenoAge » compare l’âge réel d’une personne et l’âge reflété par son état de santé, un concept connu comme d’« âge biologique ». Les participants avec la pratique culturelle la plus fréquente apparaissent en moyenne un an plus jeunes biologiquement que les autres. En suivant cet indicateur, les personnes pratiquant une activité physique hebdomadaire semblent seulement plus jeunes de six mois, ce qui insinuerait que la culture, contre tout attente, a un effet comparable et même supérieur au sport.

 

Des bénéfices concrets

 

« Notre étude apporte la première preuve que la participation à des activités artistiques et culturelles est liée à un ralentissement du vieillissement biologique » – Feifei Bu

 

Selon Feifei Bu, l’autrice principale de cette étude, les conclusions obtenues font écho aux recherches démontrant que l’art réduit le stress et prévient les risques cardiovasculaires à l’instar du sport. Pour Daisy Fancourt, qui a également travailler sur cette expérience, défend que la participation à des activités artistiques et culturelles devrait être reconnue comme un comportement bénéfique pour la santé grâce à différentes composantes physiques, cognitives, émotionnelles ou sociales.

 

« Ces résultats prouvent que la participation à des activités artistiques et culturelles devrait être reconnue comme un comportement bénéfique pour la santé, au même titre que l’exercice physique. » – Daisy Fancourt

 

Cette étude pourrait alors changer le regard posé sur le monde de la culture, parfois vu comme seulement récréatif ou du moins thérapeutique. Ces résultats invitent à revoir nos habitudes et à reconsidérer l’importance de l’art et de la culture dans notre société et notre quotidien.

Visuel : © Shutterstock