Quatre tableaux de Renoir ont été dérobés dans un musée dédié au peintre impressionniste ce mardi matin à Cagnes-sur-Mer. Deux individus ont réussi à s’introduire dans le musée lors de son unique jour de fermeture hebdomadaire, tentant ainsi d’échapper à la sécurité.
Depuis sa création en 1960, le musée abrite des œuvres du peintre Pierre-Auguste Renoir dans la maison même où celui-ci a passé les derniers moments de sa vie avec sa femme, sur la colline des Collettes à Cagnes-sur-Mer. Aujourd’hui, ou plutôt il y a quelques jours encore, la collection du musée comptait douze tableaux de l’artiste originaire de Limoges. Mardi matin, deux individus se sont introduits à l’intérieur du musée peu avant six heures avant d’en ressortir avec quatre toiles : « Madame Colonna Romano », « Jeune femme au puits », « Madame Pichon » et « Coco lisant ». Il s’agit d’un vol d’une importance significative, avec près de neuf millions d’euros dérobés selon les autorités locales. Avec ces quatre tableaux, les voleurs se sont attaqués aux pièces maîtresses de la collection du musée, et ce équipé de matériel adapté, ce qui démontre leur degré de préparation.
Bien que les cambrioleurs aient eu le temps d’emporter un tiers de la collection de peintures avec eux, le retentissement des alarmes du musée et des sirènes de police les ont poussés à la précipitation. Ils n’ont donc pas pu emporter plus de toiles, et ont même été contraints d’abandonner deux portraits dans le jardin du musée afin de prendre la fuite. Bien que les faussaires aient été contraints à revoir leurs plans à la baisse sur le fil, cet événement qui s’inscrit tout droit dans la lignée de nombreux vols d’objets d’art dont celui du Louvre d’octobre 2025, démontre la vulnérabilité de ces objets ainsi que de leur valeur à la fois patrimoniale et pécuniaire.
Les deux hommes sont toujours recherchés par la police, de même que les toiles. Désormais, il est question de se demander comment mieux protéger les biens culturels du patrimoine français et prendre au sérieux l’imminence des dangers de vol liés au marché noir des objets d’art. La ministre de la Culture Catherine Pégard annonçait mardi soir dans un communiqué « l’urgence d’installer une culture renforcée de la sûreté dans les musées ». En juillet 2026, elle avait annoncé le déploiement du plan d’action de sûreté dans les musées et l’élaboration d’une cartographie des 3 127 lieux jugés les plus fragiles. Une fragilité qui montre aujourd’hui ses faiblesses et rappelle l’importance d’investir dans la sécurité.
Visuel : © Musée Renoir / Ville de Cagnes-sur-Mer