22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs
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Le Festival de théâtre de Figeac explore les mythes

par Julia Wahl
23.07.2026

Pour son vingt-sixième anniversaire, le Festival de Figeac, créé par Marcel Maréchal, nous invite à une exploration variée de la création théâtrale contemporaine, agrémentée de petits excursus cinématographiques.

Perchée dans le Lot, la ville de Figeac devient en été un lieu prisé des estivant·es. Il faut dire que ses maisons en pierre, représentatives de l’habitat régional, apparaissent comme une halte salvatrice dans la torpeur de la canicule. La commune sait aussi tirer parti du renom de l’un de ses habitants, Champollion : un musée lui est consacré et des boutiques de souvenirs proposent aux badauds des biscuits en forme de Pierre de Rosette.

La variété comme mot d’ordre

 

L’on ne saurait pourtant réduire la ville à un piège à touristes. D’une part, cet afflux est très loin d’excéder ses capacités d’accueil : si les terrasses des cafés ne sont jamais vides, elles ne sont pas pour autant bondées et l’on évolue dans les ruelles avec aisance, goûtant une glace à la violette ou à la lavande avec une nonchalance toute méridionale. D’autre part, le Festival de théâtre qu’elle accueille désormais depuis vingt-six ans joue la carte de la mesure avec une programmation variée, mais raisonnable, qui permet à chacune et chacun de visiter la ville entre deux spectacles.

 

Différents endroits sont ainsi investis par le Festival, de la cour du Puy, face à l’église Notre Dame du Puy, à la place Carnot ou à la place Champollion en passant par le Cinérama : c’est que le cinéma est également de la partie, avec des films qui explorent les différents aspects de la création théâtrale comme le Hamnet de Chloé Zhao, Eve de Mankiewicz ou Le Maître du kabuki de Sang-Il Lee, sans oublier le très attendu De la Comédie-Française de Bertrand Usclat et Martin Darondeau. Programmation de la célèbre saga présidentielle des Animaux en Paradis oblige (Le Dîner chez les Français, Génération Mitterrand), l’on trouve aussi des films traitant de sujets politiques comme Quai d’Orsay, de Bertrand Tavernier.

 

La vulgarisation des grandes œuvres européennes

 

Pour ce qui concerne les propositions théâtrales, la vulgarisation des grands mythes de l’antiquité apparaît comme fil conducteur de ce début de festival, avec le très fameux Phèdre ! de François Grémaud. Ce spectacle créé pour Roman Daroles relate de manière décontractée les principales étapes de la pièce de Racine. Pour ce faire, l’auteur remonte tout d’abord le cours des méandreuses branches de l’arbre généalogique de l’épouse de Thésée avant que d’en venir au résumé, acte par acte, de la pièce. Avec pour seul accessoire un exemplaire du texte, qui joue tour à tour les couronnes royales ou la barbe de Théramène, le comédien raconte, plus qu’il ne joue, l’histoire de la reine incestueuse. Calembours, références musicales contemporaines et connivences avec le public font fuser les rires de la salle Balène, vestige d’un palais du XIVe siècle.

 

Antiquité toujours avec L’Iliade de la compagnie Bravache, d’après, bien entendu, l’épopée d’Homère. A l’ombre des Halles de la place Carnot, les comédiens et comédiennes s’y livrent à une adaptation comique de l’enlèvement de la belle Hélène. Iels sollicitent à cette fin volontiers le public et en profitent, avec un humour qui confine parfois à l’absurde, pour mettre en évidence ce que ce mythe dit fondateur présuppose en termes de culture du viol. La simplicité du décor et des costumes, avec des acteurs et actrices en shorts estivaux, participe de la réussite de ce spectacle qui postule l’accessibilité et la complicité entre les artistes et leur public.

 

La déconstruction des mythes contemporains

 

C’est à l’exploration d’un mythe plus récent que se livre Le Grand Vertige de la compagnie toulousaine MégaSuperThéâtre : celui du Mont Analogue imaginé par l’auteur René Daumal dans le roman (inachevé) du même nom. Il y invente une expédition scientifique visant à gravir une montagne plus haute que l’Everest, dont le sommet jusqu’alors jamais atteint permettrait de relier humain et divin. Les artistes s’emparent de cette œuvre avec un humour résolument absurde, sans pour autant la départir de sa dimension philosophique. Le mélange des genres (satire, parodie, théâtre musical et politique) fait du tout un superbe imbroglio où la raison n’a plus cours, pour le bonheur de l’imaginaire du public.

 

Cette réflexion sur les mythes contemporains apparaît dans d’autres propositions encore à découvrir, comme ce soir 23 juillet Niquer la fatalité, d’Estelle Meyer, qui interroge la construction sociale de l’être-femme actuel ou, juste avant, Terminator 2 Unplugged d’Aurélien Arnaud sur le film éponyme. Sans oublier cette pièce magistrale de Duras L’Amante anglaise, incarnée par Sandrine Bonnaire et à voir dimanche à la Cour du Puy ou le Tartuffe de Clément Poirée, joué samedi au même endroit. Alors si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas !

Festival de théâtre de Figeac, jusqu’au 26 juillet.

 

A voir d’ici dimanche : Terminator 2 Unplugged d’Aurélien Arnaud à 19h à la salle Balène les 23 et 24 juillet, Niquer la fatalité d’Estelle Meyer à la Cour du Puy le 23 à 21h30, Bubble de la compagnie Obra les 25 et 26 à 19h à la salle Balène, L’Avare de Clément Poirée (et Molière !) le 25 à 21h30 à la Cour du Puy et L’Amante anglaise de Jacques Osinski et Marguerite Duras au même endroit et à la même heure le 26 juillet.

 

Visuel : Le Grand Vertige, MégaSuperThéâtre, © Loran Chourrau