Cette première représentation au Théâtre de la Cité internationale ce 14 septembre était la véritable rentrée du secteur culturel, réuni à l’unisson pour plonger dans la performance du metteur en scène et du danseur dont les noms sont sur toutes les bouches ces derniers temps.
Nous entrons dans une salle totalement vidée de ses sièges, un espace immense qui pue le poisson. On a la sensation d’être à la criée quelque part, mais certainement pas en France. Au sol, on note un mât de bateau, on décèle ici et là des objets aux allures de dieux et déesses. Une scène en forme de gradin clôt notre vision, elle est surplombée d’un immense écran qui balance pour le moment des images religieuses, on entend un Ave Maria et on entre dans une église. Devant le gradin, il y a des xylophones, l’un en bois, l’autre en verre, des ordinateurs et des pads, le tout posé sur du sable, entouré de faux fruits et fausses fleurs assez kitsch.
Le lieu est noir de monde et prend des allures de rentrée des classes. En attendant que ça commence, on se raconte les bons et les mauvais moments de notre été jusqu’à ce que, d’un coup, l’ambiance nous cloue sur place, nous donnant la sensation d’un geste vraiment neuf. Siko Setyanto déboule en moto au milieu de la foule, le visage masqué, en jupe rouge. Il fait peur. Il va se poser, descendre de l’engin et se mettre à nous manipuler comme dans une cérémonie de sorcellerie. Il se colle à nous, nous oblige sans cesse à nous déplacer, à nous relever. Les premières 45 minutes, c’est purement génial, on a la sensation de participer à une efficace séance d’exorcisme. Sa danse est vibratoire, rapide et convoque les moments clés de la Misa Lefa, une fête rituelle pratiquée par la petite communauté des Lamalera sur l’île de Lembata, en Indonésie.
Théâtre de la Cité internationale du 14 au 19 septembre
Visuel :©Takuya Matsumi