Cette année, à l’occasion des 57e rencontres de la photographie d’Arles, la fondation Lee Ufan héberge au dernier étage le projet du cinéaste Park Chan-wook qui nous propose une déambulation « par un matin calme » où il déploie son regard sensible qui saisit les bizarreries et fantastiques curiosités de nos paysages rencontrés ou fantasmés.
S’il a été révélé au public français par sa trilogie sur la vengeance et son film Oldboy, beaucoup ont redécouvert cette année son nom, copieusement cité au printemps, à l’occasion du Festival de Cannes dont le cinéaste coréen était président du jury. Avec dix-sept films à son actif, il a depuis les années 1990 tissé un univers tinté d’humour noir, où l’acidité de la vie est mise en exergue par son esthétique sophistiquée et théâtrale, son travail sur la symétrie et la colorimétrie.
Ici, c’est le photographe que l’on rencontre. Un homme qui expose un regard posé, empreint de sa formation de philosophie et de son envie de devenir peintre. Cette exposition nous promène à la fois à la rencontre de protagonistes étranges, sortis d’un autre monde, comme cet homme, perdu au milieu d’une friche, dont on ne sait dire s’il est de chair ou de cire. Les visages de deux jeunes femmes hantent aussi la pupille du spectateur ; spectrales, ces mythologies perdues ont l’œil hagard, semblant scruter le monstre rôdant, dans la glace ou dans l’air.
Contemplatif, l’objectif nous conduit aussi au gré de ce que l’on imagine des balades du cinéaste, appareil en main. Des formes surgissent… Une femme, en contrebas, gît en étoile de mer. Des empreintes de pas dans le sable se laissent menacer par les vagues. Des parasols fermés se transforment en fantômes. Plein de charme, ces photographies nous rappellent que la beauté se nichent partout, dans les compositions comme dans le plus banal des paysages, dans ce qui réveille nos yeux trop sollicités.
L’exposition est visible au sein de la fondation Lee Ufan jusqu’au 4 octobre 2026. Prix unitaire, hors forfait, pour l’entrée dans la fondation pendant les rencontres : 10€. Pour plus d’informations.
(c) Park Chan-wook, Faces 13, 2013