Le Musée du Luxembourg consacre, pour cette nouvelle saison, une exposition singulière autour de l’œuvre du monstre sacré Andy Warhol. On y découvre la genèse de sa démarche artistique, notamment son travail avec le dessin et la sérigraphie. Loin de se limiter à la banane pop ou aux soupes Campbell, l’exposition plonge dans l’intimité créative de l’artiste.
Andrew Warhola, de son vrai nom, est né de parents ruthènes immigrés. C’est dans le cocon familial qu’il forge très tôt sa fibre artistique. Sa mère, Julia, elle-même illustratrice, est la première à lui révéler les secrets de la calligraphie et de l’illustration. L’exposition s’ouvre ainsi sur des dessins réalisés par cette dernière : des représentations enfantines d’animaux, des dessins absurdes et comiques, ainsi que des calligraphies variées. On y reconnaît déjà le geste qui influencera plus tard celui du jeune Andy. Par la suite, on retrouve ces premières réalisations dans ses débuts pour différentes marques : de grands dessins au crayon, qui marquent le début de sa quête d’excentricité.
La visite se poursuit dans un espace aux murs d’aluminium, où sont accrochés des portraits pop et des autoportraits variés. Ce choix de l’aluminium fait écho au mur du loft du 231 East 74th Street à New York, décoré par Billy Linich. On y découvre son obsession pour le portrait, qui représente à elle seule 69,5 % de sa production. On y retrouve, comme au premier jour, la sérigraphie de Marilyn Monroe, ainsi qu’une esquisse de Mao. Proche de l’expérience dissociative, l’exposition présente également des films réalisés dans les années 1960, où des personnalités comme Marcel Duchamp fixent l’objectif pendant de longues minutes, noyant la propre perception du spectateur.
Le 3 juin 1968, Valerie Solanas, fondatrice de la SCUM (Society for Cutting Up Men), tire sur Andy Warhol. Cet événement traumatique le pousse à explorer une nouvelle voie créative, mêlant violence et spiritualité. Entre natures mortes, collages inspirés de la propagande américaine, et une atmosphère de violence latente, il évoque aussi la mythologie. On le voit se réinventer, ou s’imaginer en nouveau-né, transcendant l’image religieuse à travers des représentations de Madones, des dessins enfantins, ou encore des mains plongées dans la peinture… Art régressif ou renaissance ? Warhol se cherche encore.
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