Ce jeudi 10 septembre marque l’inauguration de la superbe exposition [IN]IMAGINABLE au Fluctuart, centre d’art urbain gratuit sur la Seine. Les styles lowbrow et pop-surréaliste y seront mis à l’honneur, avec une immersion de leur émergence dans les milieux underground des années 1970, aux créations contemporaines en vogue. Cette proposition saura séduire, qu’importe le niveau d’amateurisme !
Sur la côte ouest des États-Unis, dans les années 1970, une vague post-hippie utilise la culture populaire pour créer des œuvres audacieuses et radicales. Le style lowbrow, grammaticalement déjà opposé à la culture savante et légitime, se caractérise par l’esthétisation du consommable. Se mêlent alors couleurs flashy et matériaux familiers pour produire des bandes dessinées, des figurines, des affiches de films de série b, des graffitis…
Des peintures sont également réalisées, dans une technique parfaitement maîtrisée. Elles sont la preuve que l’on peut faire du beau avec une esthétique impertinente. Les couvertures des comics Batman, Wonder Woman ou Swamp Thing pour les connaisseurs, la pochette de Dangerous de Michael Jackson ou encore les décorations des planches de skate type Santa Cruz entrent toutes dans la catégorie lowbrow. C’est un style iconique et populaire dont on sous-estime parfois l’influence.
Le lowbrow, puis le pop-surréalisme s’inscrivent dans une ligne revendicatrice, qui nie la hiérarchisation culturelle. Ce sont des courants prisés par les milieux populaires. Ils y trouvent un moyen de s’exprimer en dehors des codes traditionnels pour y raconter leur propre réalité. En effet, les années 1970 voient l’imposition du figuratif au sein de la peinture savante, moins accessible pour les non-initiés puisque nécessitant un bagage culturel pour s’apprécier. Mais, plus l’art légitime est inaccessible, plus la contre-culture est créative.
Le style lowbrow détourne les imaginaires classiques, pour faire valoir la vision propre des créateurs de ce mouvement.

crédit : Artsy
Par exemple, ce tableau de Nicola Verlato, intitulé Banned, représente cela. Il met en opposition un personnage mi-diable, mi-centaure typique de la peinture classique, et cette soucoupe volante symbolisant la technologie qui menace la tradition. Tout cela est réalisé dans un style ni tout à fait réaliste, ni figuratif et donc parfaitement surréaliste. Cette œuvre est bien sûr visible dans l’exposition, du 10 septembre au 20 décembre 2026.
Créé dans le cadre de l’appel à projets “Réinventer la Seine”, le Fluctuart comprend un espace d’exposition dans son sous-sol. Il y a également une librairie et un espace de restauration sur les autres niveaux. Situé sur les berges du 7ᵉ arrondissement, on aperçoit la Seine depuis le rooftop. L’accès au centre d’art est gratuit et propose des expositions dans l’ADN du lieu, en mettant les cultures underground en valeur, au profit de tous.