Il y a quelques années, à Fotografiska, à Stockholm, nous découvrions les mondes d’Erik Johansson en même temps que leur fabrique : du coton devenait tour à tour la laine des moutons et la matière des nuages, avant que l’exposition ne nous entraîne aux confins de l’imagination. Ce coup de cœur a continué de résonner au fil des années. Photographe et artiste visuel suédois installé à Prague, Erik Johansson assemble ses propres prises de vue pour créer des scènes surréalistes, impossibles et pourtant solidement ancrées dans le réel. Sa poésie, sa fantaisie et son humour traversent cet entretien exclusif accordé à Cult.news, où il revient sur son processus créatif, son rapport au temps et le bouleversement provoqué par l’intelligence artificielle.
Erik Johansson : Lorsque les gens me demandent ce que je fais, je réponds généralement que je suis photographe. Mais ensuite, ils me demandent si je photographie des mariages, et ce n’est pas vraiment mon métier. (Il rit.)
Je dirais que je crée des mondes surréalistes à l’aide de mon appareil photo. Je combine plusieurs photographies pour construire un univers qui ressemble beaucoup au nôtre, mais avec une sorte de twist qui le rend légèrement différent et qui peut amener les gens à regarder le monde autrement.

Erik Johansson : C’est une bonne question. D’une certaine manière, toutes mes œuvres sont un peu des autoportraits. Elles ont en commun un sujet ou une idée qui reflète mon monde et ce que j’ai envie d’exprimer.
Je consacre énormément de temps à chaque image et je n’en réalise qu’environ six à huit par an. Pour que ce travail continue à m’intéresser pendant aussi longtemps, le sujet doit avoir de l’importance à mes yeux.
S’il fallait vraiment choisir un type d’œuvres, je dirais peut-être les illusions de perspective. J’ai toujours voulu que les gens puissent voir les choses de plusieurs manières.
Les illusions de perspective en sont un bon exemple puisque, par définition, elles essaient de dire deux choses à la fois : regardez dans cette direction, ou regardez autrement. Cela correspond sans doute assez bien à la personne que je suis.

Erik Johansson : Oui, absolument. Le titre arrive vraiment comme la dernière pièce de l’image. Mais il n’est pas accessoire pour autant.
Lorsque j’expose mon travail, que ce soit dans un festival de photographie, une galerie ou une institution plus établie, je tiens toujours à ce que le titre accompagne l’œuvre. Il en fait partie. À l’heure de l’intelligence artificielle, il me paraît encore plus important de montrer qu’une image repose sur un concept et une histoire. Je n’ai pas simplement envie de fabriquer une image amusante ou spectaculaire. Il doit y avoir une idée derrière, et le titre joue généralement un rôle important dans cette idée.

Erik Johansson : Les questions sur l’intelligence artificielle reviennent toujours en ce moment. (Il rit.) Mais cela me va très bien.
Erik Johansson : Oui, je le pense. Partager mon processus m’a toujours intéressé, même si je ne souhaite pas tout montrer. Lorsqu’une œuvre a été créée selon un processus intéressant, j’aime en dévoiler une partie.
Je sais à quel point je peux être curieux lorsque je regarde le travail de quelqu’un d’autre. Je me demande comment cette personne a fait et j’aimerais pouvoir le découvrir. C’est ainsi que j’ai commencé à réaliser des vidéos montrant les coulisses de mes images.
Aujourd’hui, les gens pensent soudain que tout est généré par l’intelligence artificielle, alors que mon processus n’a absolument pas changé. Montrer la quantité de travail nécessaire à la création d’une image est donc devenu important, notamment pour les personnes qui ne connaissent pas encore mon travail.

Erik Johansson : C’est une question existentielle, qui ne concerne pas uniquement l’art, mais aussi la musique et tous les domaines dans lesquels nous créons quelque chose.
Pour moi, l’art réside dans la manière dont l’artiste choisit de produire son œuvre. Un musicien peut apprendre à jouer d’un instrument difficile, l’interpréter puis l’enregistrer. De mon côté, je cherche tous ces lieux, je les photographie et j’assemble ensuite les images. Je ne voudrais pas supprimer ce processus, parce que l’ensemble du processus est créatif.

Je réalise encore parfois des commandes, pour la publicité par exemple, peut-être une ou deux fois par an. Ces projets, pour lesquels seul le résultat final compte et où le processus importe moins, seront probablement remplacés en grande partie par l’intelligence artificielle.
Mais lorsqu’il s’agit d’art, pourquoi aurais-je envie d’aller dans un musée pour regarder quelque chose que quelqu’un a simplement créé à partir d’une instruction ? J’ai envie de découvrir une œuvre qui a passionné une personne et à laquelle elle a consacré une quantité de temps considérable.
Il sera peut-être également possible d’utiliser l’intelligence artificielle d’une manière qui demande énormément de temps, en travaillant très longuement les instructions pour obtenir quelque chose d’intéressant. Mais je ne pense pas qu’elle fera disparaître tout l’art du monde. Nous continuerons à rechercher une connexion humaine.
Je pense que les images générées par l’IA pourraient devenir l’option la moins prestigieuse, tandis que le temps consacré par des êtres humains à la création d’œuvres ou d’images deviendra une forme de luxe.
Erik Johansson : J’aime faire des croquis. Lorsque je dessine une nouvelle idée, je suis généralement aveuglé par mon enthousiasme et j’ai le sentiment que c’est la meilleure idée que j’aie jamais eue. Je dois ensuite la laisser de côté pendant un moment, y revenir et vérifier si elle me paraît toujours aussi bonne. Je pense que cela arrive dans tous les domaines créatifs.
L’étape la plus satisfaisante consiste peut-être à photographier l’idée et à la voir prendre vie pour la première fois. Il ne s’agit pas encore de l’œuvre terminée, parfois ce n’est même qu’un seul élément, mais c’est le premier moment où je peux entrevoir ce que l’image pourrait devenir.
La postproduction peut également être très satisfaisante. Il y a quelque chose de presque méditatif dans le fait de rester assis et d’assembler les différents éléments. Je ne sais jamais vraiment quelle quantité de travail sera nécessaire. Je peux avoir une vague idée, mais cela prend généralement beaucoup plus de temps que prévu.
Les trois étapes du processus sont satisfaisantes de façons différentes. Et le processus peut être étonnamment long.

Erik Johansson : Cela semble un peu absurde lorsqu’on le formule ainsi, mais oui. Certaines images peuvent même prendre plusieurs années !
Cela vient en partie du fait que j’ai des idées liées à l’été en plein hiver, et des idées hivernales en été. Mais j’accorde également beaucoup d’importance au fait de laisser le travail évoluer.
Une fois que j’ai décidé de photographier quelque chose, je dois parfois agir tout de suite, parce que j’ai trouvé le bon lieu ou les bonnes conditions. Pendant la postproduction, en revanche, j’aime commencer à assembler l’image, la laisser de côté, puis y revenir plus tard pour observer la manière dont elle a évolué.
Je ne sais pas toujours quand une image est terminée. Généralement, j’arrive au bout lorsque je ne sais plus quoi modifier. Mais je peux atteindre ce stade, laisser l’œuvre de côté pendant un mois, puis y revenir et découvrir un nouvel élément à retravailler. Je dois parfois la laisser encore un mois, presque jusqu’à l’oublier.
Je mène plusieurs projets en parallèle. C’est ce qui me permet d’accorder à chaque œuvre le temps dont elle a besoin.

Erik Johansson : Absolument ! La nostalgie est l’un des thèmes auxquels je reviens régulièrement dans mon travail.
J’ai grandi dans la campagne suédoise. Même si je vis à Prague depuis onze ans et que j’ai passé quelques années à Berlin auparavant, je retourne sans cesse dans les lieux de mon enfance. Ils exercent sur moi une sorte d’attraction magique.
Je jouais aussi beaucoup aux jeux vidéo. On entre dans un autre monde, on accepte ses règles et on s’y immerge. Cela a probablement nourri mon envie de créer des mondes qui ressemblent au nôtre, mais avec un twist.
J’avais également des livres consacrés aux illusions de perspective, avec des œuvres de M. C. Escher et peut-être de René Magritte. Je crois que c’était surtout Escher. J’étais fasciné par l’idée qu’une chose puisse en représenter deux à la fois. Je me disais que ce serait formidable de parvenir un jour à créer quelque chose de semblable.
Mais je n’imaginais pas que l’art puisse devenir une carrière. Cela ne me paraissait pas raisonnable. Je pensais que cela resterait un loisir.

Erik Johansson : J’ai étudié l’ingénierie informatique, qui n’est pas vraiment un domaine artistique. J’ai aussi obtenu un master en design d’interaction, qui se rapproche un peu plus du design.
J’expérimentais déjà la manipulation photographique pour m’amuser et, pendant mes études, j’ai acheté un appareil photo reflex numérique. Le fait de posséder un meilleur appareil m’a donné envie de consacrer davantage de temps à mes images. C’est à cette période que j’ai commencé à créer le type d’œuvres que l’on trouve aujourd’hui sur mon site.
La transition s’est faite progressivement. À la fin de mes études, j’aurais pu accepter un poste d’ingénieur, mais je me suis dit que je pouvais peut-être essayer de travailler en indépendant.
Au début, j’aidais surtout d’autres photographes pour les retouches et j’acceptais de petites commandes. Je suis allé voir des agences de publicité locales pour leur demander si elles avaient quelque chose à me confier, tout en poursuivant mes créations personnelles en parallèle.
Il y a une dizaine d’années, Fotografiska, le musée de la photographie de Stockholm, m’a proposé d’organiser une exposition. Jusqu’alors, je n’avais participé qu’à de petites expositions dans des clubs de photographie ou des lieux de ce genre.
Présenter mon travail dans un environnement soigneusement conçu, avec une belle lumière et une atmosphère particulière, a représenté une nouvelle étape. Cette exposition m’a ouvert de nombreuses portes, aussi bien pour de nouveaux projets que pour la vente de tirages.

Erik Johansson : Leur décision de montrer mon travail était assez audacieuse.
À l’époque, la manipulation photographique était parfois considérée de la même manière que l’intelligence artificielle aujourd’hui, comme quelque chose de laid ou comme la forme la moins noble de la photographie.
Je voulais montrer que la photographie pouvait aussi ressembler à cela et que la manipulation n’était pas forcément de mauvais goût, avec une lumière ou une perspective qui ne fonctionnaient pas. Mon objectif consistait à créer quelque chose qui ressemble autant que possible à une photographie, tout en conservant un twist qui la rende impossible.
Fotografiska a compris cette démarche et a accepté de la présenter. L’exposition a rencontré un grand succès, même si elle était relativement petite. De nombreuses personnes se sont intéressées à cette manière d’aborder la photographie, ce qui m’a beaucoup surpris.
Aujourd’hui, Fotografiska présente des œuvres créées avec l’intelligence artificielle et les gens sont indignés. Qui sait ? Peut-être que cette pratique sera, elle aussi, acceptée un jour et regardée sous un autre angle…
Erik Johansson : D’une certaine manière, oui. Mon travail commence toujours par un croquis physique et se termine par un tirage physique. Le résultat final n’est pas une publication sur les réseaux sociaux. C’est un tirage de haute qualité qui permet au public d’apprécier tous les détails que j’ai intégrés à l’image.
Je pense donc à la possibilité de présenter l’œuvre en grand format et de permettre aux visiteurs de s’en approcher pour l’observer. En revanche, au moment de sa création, je ne réfléchis pas nécessairement à la couleur du cadre ou à la manière exacte dont elle sera accrochée.
Chaque œuvre constitue son propre monde. Je ne travaille pas vraiment par séries, contrairement à de nombreux photographes. Il s’agit plutôt d’un grand ensemble qui se poursuit au fil du temps. Certains sujets reviennent, mais le travail change constamment, de la même manière que j’évolue en tant que personne.

Erik Johansson : Je reviens souvent à la manière dont nous transformons le monde et dont celui-ci agit en retour sur nous, notamment à travers les questions environnementales.
À l’échelle individuelle, nous voulons rendre le monde meilleur. Collectivement, nous n’y contribuons pas nécessairement. Nous prenons l’avion et continuons à faire des choses dont nous savons qu’elles sont mauvaises, parce que nous ne voulons pas changer nos modes de vie. Cette contradiction m’intéresse. Nous voulons aider, mais nous ne voulons pas renoncer à notre confort.
Je reviens également à l’idée de sortir de sa zone de confort et à ce que l’on éprouve à ce moment-là.
Je fais ce métier depuis de nombreuses années et je me demande parfois si je ne me suis pas installé dans une forme de confort. Au lieu d’en sortir réellement, je crée peut-être des images qui parlent de zones de confort. Je fabrique des images sur la zone de confort depuis ma zone de confort. (Il rit.)
Parfois, le point de départ est simplement une idée enfantine. Et si la Lune n’était pas un rocher dans l’espace, mais quelque chose qu’une équipe de maintenance devait remplacer chaque soir ? Je commence alors à réfléchir à la logique de ce monde. Cette équipe aurait besoin d’un camion de service, d’échelles et de tout le matériel nécessaire pour remettre la Lune dans le ciel.
La nuit, les lunes, les échelles et les illusions de perspective font partie des éléments auxquels je reviens régulièrement.
La nuit m’intéresse par contraste avec le jour. Lorsque vous marchez dans une forêt obscure, votre imagination travaille beaucoup plus que lorsque vous traversez la même forêt en pleine journée. Pour moi, la nuit est un espace particulièrement propice à l’imaginaire.

Erik Johansson : C’est terrifiant de constater à quelle vitesse tout évolue, aussi bien la technologie que le monde et l’environnement. Les étés deviennent plus chauds et nous pouvons déjà en ressentir les conséquences de nombreuses manières.
Je ne pense pas que les images que je crée sur ces sujets inciteront nécessairement les gens à changer d’avis. Elles constituent plutôt des observations de ce qui se passe autour de nous et une manière de rappeler que ces bouleversements sont en cours.
Si elles peuvent au moins nous amener à y réfléchir un peu plus, c’est déjà une bonne chose.
Erik Johansson : Oui, c’est fou. Les feux de forêt et les chaleurs extrêmes en France sont effrayants.
L’arbre en feu peut symboliser beaucoup de choses. L’homme au premier plan s’est présenté avec un outil totalement inadapté à la situation. Il se tient devant un arbre en feu avec une hache. En quoi cela pourrait-il l’aider ? De l’eau serait probablement plus utile.

Erik Johansson : L’espoir pour moi peut être lié à la zone de confort et au courage nécessaire pour en sortir.
Leap of Faith, avec cet homme qui tient un ballon, est une image intéressante de ce point de vue. Elle parle du courage nécessaire pour avancer dans l’inconnu et essayer quelque chose de nouveau.
Il ne tient qu’un seul ballon, qui ne semble pas capable de supporter son poids. Mais c’est ce que l’on ressent lorsque l’on s’avance dans l’inconnu. La plupart des gens vous diront peut-être que votre idée ne marchera jamais. Pourtant, parfois, elle fonctionne.
C’est pour cette raison que j’ai voulu saisir ce moment précis. Il n’est pas encore en train de s’envoler et il n’est pas non plus en train de tomber. Il a pris la décision de faire ce pas, mais nous ignorons encore ce qui va lui arriver.
Créer un monde compte, mais choisir le moment précis que l’on veut montrer dans ce monde compte tout autant.

Erik Johansson : C’est une question très intéressante ! Certaines de mes œuvres sont assez effrayantes. (Il rit.)
Je choisirais peut-être The Architect. C’est un peu un autoportrait, avec cet homme assis dans une maison impossible, en train de dessiner des mondes qui le sont tout autant. L’image parle de la manière dont le monde que nous créons façonne également celui qui nous entoure.
J’aimerais beaucoup découvrir à quoi ressemble cette maison de l’intérieur, parce que l’illusion de perspective ne fonctionne que lorsqu’on la regarde de l’extérieur. Dans une sorte de quatrième ou de cinquième dimension, elle pourrait peut-être prendre tout son sens. Entrer physiquement dans cette perspective serait fascinant.

Erik Johansson : En ce moment, l’intelligence artificielle et la vitesse à laquelle le monde évolue m’inspirent tout en m’effrayant.
Je travaille sur de nombreuses idées qui cherchent à trouver un équilibre dans ce monde assez inquiétant et à se préparer à faire un saut dans l’inconnu.
J’espère photographier une image avant la fin de l’été. Un petit garçon se tient sur un rocher, au milieu d’une rivière, à proximité d’une cascade. L’endroit est vraiment effrayant et il est entièrement recouvert de dispositifs gonflables, avec des brassards et plusieurs bouées. Il ressemble un peu au bonhomme Michelin et s’apprête à entrer dans la cascade. Mais comment cela va-t-il se passer ?
Nous venons de survivre à un été extrêmement chaud à Prague, l’intelligence artificielle fait disparaître des emplois et je vends moins de tirages parce que les gens ont peur d’investir.
Dans le même temps, avoir moins de commandes me permet de consacrer davantage de temps à mes propres idées, ce que j’apprécie énormément. Je traverse une période plus calme entre deux moments très chargés et j’essaie d’utiliser ce temps pour moi.
Erik Johansson : C’est une question intéressante ! Je me demande si je ne regarde pas davantage vers le passé que vers l’avenir.
Pour répondre à votre question, il faudrait que ce soit une œuvre porteuse d’espoir, peut-être Boy of Hope.
Un petit garçon se tient sur une jetée avec un bateau, et le monde ressemble à un miroir, comme si tout était possible. Malgré le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, si nous parvenons à nous rassembler et à décider collectivement de celui que nous voulons construire, cette image peut représenter le fait de s’y aventurer et de se demander où ce bateau nous conduira.
Je crois que nous allons nous en sortir. Les interactions et les rencontres humaines peuvent l’emporter sur la technologie. Même dans un monde où celle-ci nous permet de faire presque tout ce que nous voulons, nous continuerons à désirer rester en lien les uns avec les autres.

Erik Johansson : La communauté très vivante qu’était Internet il y a quelques années me manque parfois. Nous pouvions publier des images, commenter le travail des autres et véritablement échanger. Aujourd’hui, tout est envahi par les robots, les faux comptes et les contenus médiocres générés par l’intelligence artificielle.
Je travaille également sur de nouvelles œuvres et, je l’espère, sur un nouveau livre pour l’année prochaine, même si je ne peux pas encore vous en dire davantage.
J’aimerais beaucoup pouvoir présenter un projet plus important à Paris à l’avenir. Je suis toujours heureux de venir à Paris et en France !
Retrouvez l’ensemble des œuvres d’Erik Johansson sur son site officiel.
Crédits images : © Erik Johansson. Toutes les images reproduites dans cet article sont des œuvres originales d’Erik Johansson. Les droits attachés à ces œuvres lui appartiennent. Nous le remercions de nous avoir fourni ces visuels afin d’illustrer cet entretien.
Propos recueillis par Mélodie Braka et traduits de l’anglais.