Le jeudi 22 octobre à Montpellier se tient le 6e jour de Cinemed. Au programme : le dernier Dario Albertini, réalisateur italien ; des courts-métrages inspirés ; le Kosovo contemporain.
3e film du réalisateur italien Dario Albertini, Armony raconte le rôle de père endossé par Armony, chauffeur poids lourds retraité. Il s’occupe de sa nièce, dont la mère a mystérieusement disparue.
Les couleurs sont expressives tout en restant douces, parfaites dans le ton du film. Des situations plutôt tendues se succèdent, en trouvant des solutions intuitives. C’est un film qui prend son temps. La relation entre nos quatre protagonistes donne du baume au cœur. Des mystères persistent : l’exposition des personnages n’est pas balourde. Les performances sont tout à fait crédibles. Le réalisme global tend quasi vers le naturalisme, au contraire d’une réalisation plus poétique.
Le premier court de la journée est réalisé par le barcelonais Christian Avilés. Très ésotériques, ces 15 minutes forment plus une expérience qu’un récit. Chaque plan est splendide, dans la construction complexe mais intelligible. Les couleurs plutôt froides sont tranchées par des accessoires orangés et lumineux. Le fond n’est pas clair, mais c’est le ressenti poétique – quasi spirituel – qui semble primer.
La seconde proposition vient de la réalisatrice grecque Alexandra Matheou. Notre héroïne, animatrice dans un hôtel de la côte, a une particularité : elle ne peut pas sourire. Les 20 minutes d’œuvre suivent sa vie, entre situation cocasse du fait de sa situation, et vie dans cet hôtel. La voix off de la narratrice décrit frénétiquement des listes de choses dont elle a peur, qu’elle aime, qu’elle redoute… Présenté à la quinzaine des cinéastes à Cannes, le concept scénaristique est audacieux et suffisant pour suivre un format court.
Visar Morina, réalisateur du Kosovo, met en scène une famille kosovare contemporaine dans son 3e long-métrage Le Prix et la Valeur. Le récit part d’une vie de ferme, entre besoins financiers et tensions familiales. Rapidement, la famille de notre protagoniste Shaban, se voit contrainte de déménager à Pristina, la capitale.
Le rythme est lent, les plans durent pour créer une intimité avec le personnage. La musique est utilisée de façon contrastée : absente ou palpable. La caméra est constamment à l’épaule, parfois mouvante en opposition aux scènes stables et posées.
Le Kosovo subit un conflit armé depuis des décennies, ce film rappelle les conséquences pratiques sur une famille commune. Le travail manque, l’argent aussi par conséquent, et la dignité de chacun passe parfois avant l’amélioration de son propre confort. Le film sert à rappeler ces situations malheureusement trop banales.