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16.10.2026 → 24.10.2026

Cinemed jour 4 : Palestine, compétition courts-métrages et amateurs

par Juliette Vine Decup
22.10.2026
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Ce mardi 20 octobre, Cinemed est marqué par les courts-métrages. Mais la journée démarre intensément avec la vie contemporaine en Palestine sous l’œil du réalisateur Abdallah Al-Khatib. En soirée, des courts métrages amateurs sont diffusés, après une sélection du jury, dans le cadre du 48h de Cinemed : des équipes de cinéastes proposent un film réalisé en 48h, en suivant un genre et une contrainte.

Les palestiniens face à l’état de siège

La journée commence avec Chronicles from the siege de Abdallah Al-Khatib, réalisateur palestinien. Présent lors de la projection, il précise au début l’indépendance totale dont il a profité lors de la création de l’œuvre, puisque les financements extérieurs ne sont venus qu’après la réalisation complète du projet. Il a d’ailleurs démarché uniquement des investisseurs arabes, pour conserver sa liberté de création et ne pas permettre à d’autres de s’accaparer l’histoire palestinienne. 

Se succèdent, durant le film, des scènes du quotidien des Palestiniens, enfermés dans l’état de siège. Entre romance, besoin de nourriture, et besoins médicaux dus aux bombardements réguliers, le récit oscille entre l’apocalypse et l’incompréhensible banalité. Une opposition souvent visible au festival Cinemed, et encore une fois réussie.

Les plans sont sombres, l’ombre est omniprésente, signe du risque constant. La vie tient sur un fil, la tension est palpable, la mise en scène quasi-naturaliste sans musique plonge au cœur du ressenti d’un siège. Des plans filmés par la caméra d’un personnage apportent un point de vue qui ne peut être plus interne au récit. Un film choc pour rappeler l’horreur du quotidien dans les zones de conflit.

 

Entrée en matière dans la compétition courts métrages

La compétition des courts-métrages commence ce 20 octobre avec une salve de 5 réalisations. Au programme : dilemme moral des Balkans, seconde Intifada vue par une enfant de 6 ans, comique italien, animation psychédélique et crise de la jeunesse.

Le format court, entre 6 et 20 minutes, permet de concentrer de bonnes idées de réalisation, des images marquantes. Le court permet aussi de proposer une idée impactante sans nécessité de broder autour. Par exemple, Dunes Only Know montre une course-poursuite entre un personnage à moitié nu et un drone contrôlé par un policier peu investi. Franchement graveleuse, cette comédie fonctionne en partie grâce à son format court.

Ici, peu de films d’animation seront évoqués, donc Train Tracks, court de 6 minutes, réalisé par George Sorinca, offre une proposition sans égale. Le récit reste occulte mais l’image est hypnotisante grâce au mélange entre animation et collage. Au-delà du plaisir de changer des prises de vues réelles, c’est une œuvre prometteuse et disruptive.

 

 

Courts-métrages réalisés en 48h : des propositions audacieuses

Chaque année, Cinemed met à l’honneur les cinéastes amateurs en proposant un challenge : réaliser un court métrage (entre 5 et 10 minutes) en 48 heures. De nombreuses propositions parviennent à un jury, qui en a sélectionné 15 cette année, pour le plaisir du public. Beaucoup de ces collectifs sont composés d’étudiants ou de novices, ce qui permet de profiter de leur fraîcheur.

Quelques propositions furent notables. Laverie est belle du collectif La Régalaad : un alien – étudiant maquillé de bleu – dont l’expression nécessite des sous-titres, obnubilé par une jeune fille qui renifle ses chaussettes à la laverie. La salle entière était hilare par l’excellente prestation des acteurs.

Chaque œuvre doit s’imposer une contrainte et un genre, précisés au public avant la projection. Vous vous démerdez du groupe. Je réitère se définit comme un road trip, et la contrainte est d’“inclure un plot twist”. On suit alors deux jeunes déguisés chacun en une banane et une tortue, dans une ambiance douce et légère jusqu’à la révélation touchante : une jolie vision du voyage.

Enfin, A small detour, du collectif 48hmax présenté comme un film noir, reprend parfaitement les codes du genre. Tellement parfaitement que la superbe image et la voix off sont d’une condescendance typique du genre, preuve de connaissance et d’amour pour les films noirs, assez pour s’en moquer. L’œuvre est tout à fait fonctionnelle pour 5 minutes : une belle démonstration de la maîtrise du format.