Le mercredi 21 octobre ouvre sur le dernier film de Nicole Garcia : 7h40 ce matin-là. Présenté ici en projection presse, et film de clôture du festival, on découvre un duo touchant entre Marion Cotillard et Théodore Pellerin, incarnant son fils. Le second film de la journée aborde également la parentalité, dans le contexte du conflit israélo-palestinien.
Nicole Garcia est une réalisatrice française de 80 ans. Dans 7h40 ce matin-là, elle filme une Marion Cotillard inflexible, jouant le rôle de Alice, qui emménage au Havre pour retrouver son fils Milo. L’histoire se dévoile subtilement au fil de l’œuvre, dans une sérénité concordante avec la réalisation, qui dévoile les scènes par des travellings doux et maîtrisés. L’accent est mis sur les individus, souvent au centre des plans.
Les intrigues sont nombreuses et s’imbriquent logiquement. La colorimétrie aide à préciser l’arc au centre de l’image qui nous est projetée. Les acteurs offrent des performances très justes, au-delà de Marion Cotillard et Théodore Pellerin, le rôle d’Artus, toujours en demi-teinte, est parfaitement réaliste. Une très belle proposition cinématographique.
Conversation with the sea est le 4e long-métrage de Muayad Alayan, réalisateur palestinien vivant à Jérusalem-est. Co-écrit avec son frère, qui vit à San Francisco, le récit a pour but de rester accessible, tout en étant ancré dans la réalité de “l’occupation israélienne” (mot du réalisateur lors de la séance) vécue par les Palestiniens.
Des bonnes idées de réalisation s’enchaînent – notamment lorsque la caméra filme à la première personne, du point de vue d’un personnage secondaire. Le contexte politique est omniprésent : le film commence sur des manifestations de 2021, le mur qui divise Jérusalem est souvent visible dans les plans, la tension dans les relations entre israéliens et palestiniens est montrée. L’histoire démontre la déshumanisation subie dans une société bureaucratique : notre héros, Kamal, traverse le pays en quête de preuve de la mort de son fils, décédé 20 ans auparavant.
Une rencontre presse suit la séance. Le réalisateur précise alors qu’il était important pour lui de ne pas “rendre exotique” ni “esthétiser” la réalité “moche” du conflit israélo-palestinien, notamment en filmant les rues et murs tels qu’ils sont. Il détaille également les problèmes liés au tournage d’un film à Jérusalem, notamment sur la difficulté d’avoir des autorisations pour bloquer les rues, nécessitant une équipe réduite lors du tournage, et de nombreuses scènes de nuit.
Ce film est intrinsèquement politique, et donne une voix au récit palestinien. Présenté au festival de Toronto et à la Mostra de Venise, il semble bien parti pour être projeté aux quatre coins du monde.