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Rock en Seine 2026 : clap de fin avec nos concerts coups de cœur

par Cecilou Aubertin
02.09.2026

L’édition 2026 de Rock en Seine a pris fin ce dimanche 30 août. Elle fut riche et mouvementée, pleine de boue et de soleil. On revient sur les moments qui nous ont le plus marqué·es !

Le rock a connu son heure de gloire ces derniers jours. Avec plus de 175 000 personnes au total et un public au complet durant le week-end, la programmation a su conquérir le cœur des festivalier·ères. Plus de 70 artistes, réparti·es sur quatre scènes, se sont produit·es, avec une ambiance digne de Coachella lorsque le soleil apparaissait, ou bien avec des trombes d’eau et des flaques de gadoue lorsque la météo se faisait plus mouvementée. Mais ces changements de temps imprévisibles n’ont pas fait peur au public, bien au contraire. L’ambiance s’est adaptée, transformant même le parc, le samedi, en véritable patinoire de boue.

 

En même temps, comment ne pas avoir le sourire et l’énergie lorsque l’on assiste à des têtes d’affiche qu’on n’attendait pas et à des performances aussi mémorables les unes que les autres ? Toutes les générations étaient au rendez-vous, avec des goûts variés selon les jours et les styles musicaux proposés. Le samedi s’est ainsi montré particulièrement métal, attirant un nombre impressionnant de jeunes anglophones, tandis que le dimanche s’est révélé plus calme, rempli de fans de The Cure, reconnaissables à l’incalculable quantité de tee-shirts à l’effigie du groupe.

 

 

Un touchant concert de Nick Cave & The Bad Seeds

 

 

La journée de vendredi s’est terminée en beauté avec la venue grandiose de Nick Cave & The Bad Seeds. Sans surprise, le public n’a pas été déçu par cette prestation, à l’image de la renommée du groupe et du rockeur australien, qui l’a fondé en 1983.

Avec son style à la fois sombre et plein d’espoir, Nick Cave est l’un des rares artistes capables de rassembler une foule autour d’émotions communes face à l’humanité. Son concert, accompagné de ses musicien·nes et de choristes formant un véritable gospel, nous a tout simplement envoûté·es. Les paroles de chaque chanson nous transportent vers quelque chose de plus grand encore que cette marée humaine présente dans la foule.

D’autant plus que, du haut de ses 68 ans, Nick Cave reste un véritable alien sur scène : sincère, intime et proche du public autant que de son groupe. Pour cette dernière date de leur tournée mondiale, ce concert nous a donné des frissons, diffusant une sensibilité rare et touchante. Avec le titre Into My Arms, il conclut sa performance seul au piano et provoque inévitablement les larmes silencieuses de beaucoup de spectateur·rices.

La dimension religieuse ressort également, dans des textes pleins d’espoir, d’amour, de deuil et de rédemption. On aurait toustes pu se mettre à genoux tant le calme et la sincérité qui se dégagent de chaque parole et de chaque regard nous atteignent au plus profond de nous-mêmes.

Dans Skeleton Tree, Nick Cave rend notamment hommage à son fils Arthur, décédé accidentellement en 2015. Le deuil et la douleur imprègnent ainsi l’approche de l’artiste et sa manière de créer, rendant sa musique d’autant plus puissante qu’elle est profondément marquée par la perte.

 

 

 

 

La tornade punk d’Amyl & The Sniffers

 

 

Dans une toute autre énergie, le groupe Amyl & The Sniffers a été notre véritable révélation du festival. Sur scène, personne ne peut détrôner l’énergie de la chanteuse Amy Taylor. On se demande d’ailleurs comment elle peut rester debout après un concert d’une telle puissance, donnant à chaque fois son âme au public, comme si la musique la traversait et lui permettait de puiser toujours plus de forces.

Déjà venu au festival en 2023, Amyl & The Sniffers ne pouvait pas manquer cette nouvelle édition de Rock en Seine. Une performance profondément politique et pleine d’espoir, qui rase tout sur son passage et fait brûler des calories aux festivalier·ères, lesquel·les ont dansé, sauté et crié dans la foule.

Avec, entre autres, AC/DC et Dolly Parton comme inspirations, Amy Taylor est elle-même devenue une star que l’on reconnaîtrait entre mille. Un grand bravo également au batteur Bryce Wilson, au guitariste Declan Martens et au bassiste Gus Romer, qui accompagnent Amy Taylor dans cette véritable tornade musicale.

 

 

 

 

Le voyage planant de Slowdive

 

 

On change encore de registre avec le groupe Slowdive, qui s’est produit lors de la dernière journée, le dimanche. Ce groupe britannique, fondé en 1989, a été très bien accueilli sur la grande scène.

Iels étaient cinq sur scène, avec deux voix que l’on aime tant : celles de Rachel Goswell et Neil Halstead. Même si elles passent parfois au second plan derrière la musique, elles restent essentielles et constituent toute l’identité du groupe.

Lors de ce concert, notre esprit se remplit d’images, comme dans un film. D’ailleurs, toutes les chansons semblent parfaitement adaptées à une bande originale. Le shoegaze, sous-genre du rock alternatif, nous emmène dans un calme apaisant qui nous porte en lévitation, avant de nous englober dans un tourbillon infini de couleurs pâles.

Les trois albums fondateurs, Just for a Day (1991), Souvlaki (1993) et Pygmalion (1995), nous inspirent et incarnent une sublime mélancolie.

 

 

 

 

Le cri féministe des Lambrini Girls

 

 

Les trois Anglaises nous ont offert un concert sauvage et absolument génial.

Très féministe, leur musique ne laisse pas beaucoup de place au silence. Sur scène, le groupe déborde d’énergie et transforme le concert en espace de revendication. Elles n’hésitent pas à mêler punk, colère et humour, avec une attitude particulièrement frontale.

Leur engagement politique était d’ailleurs impossible à manquer. Le très direct « Fuck Marine Le Pen » a notamment résonné dans la foule, provoquant une réaction immédiate du public.

Mais c’est justement ce mélange entre engagement et énergie qui fonctionne si bien. Avec Lambrini Girls, on a autant crié et pogoté pour un groupe qui assume pleinement ses convictions. Une véritable décharge d’énergie féministe et punk.

 

 

 

 

Le show incarné et dansant de Sam Quealy

 

Sur la scène AXS, Sam Quealy nous a offert un tout autre genre de spectacle. Chanteuse, performeuse et danseuse, elle affirme un style qui mélange les arts et se distingue sur scène par un véritable show.

Australienne installée à Paris, elle possède un charisme qui ne passe pas inaperçu. Son style est très affirmé et immédiatement reconnaissable.

Sur scène, elle danse, chante, joue avec le public et occupe l’espace avec une assurance impressionnante. On sent chez elle un véritable âme d’artiste. Et surtout, lorsqu’on assiste à l’un de ses concerts, on a immédiatement envie de découvrir les suivants. C’est sans doute l’une des qualités les plus fortes d’un·e artiste lorsqu’elle parvient à donner envie de continuer à suivre son univers.

Et ça tombe bien car elle vient d’annoncer un Olympia le 9 février 2027 !

 

 

 

 

L’électro hypnotique de Kompromat

 

 

Enfin, impossible de terminer cette sélection sans parler de Kompromat. Le duo formé par Rebeka Warrior et Vitalic nous a plongé·es dans une musique électronique aux sonorités sombres et dansantes.

Rebeka Warrior, que l’on connaît également comme membre de Sexy Sushi et de Mansfield.TYA, est une figure incontournable de la scène électronique française. Sur scène, on retrouve immédiatement cette folie qui la caractérise, là où Vitalic reste concentré et posé. Car Rebeka Warrior ne s’arrête jamais, gravite dans tous les sens, imprévisible et pleine de surprises. C’est justement ces deux personnalités qui fait la force du duo avec un équilibre étonnant.

Rebeka Warrior chante principalement en allemand, mais aussi en français et en anglais. Même lorsque l’on comprend peu les paroles à cause de la langue, il est difficile de ne pas se laisser emporter par les morceaux. Les sonorités donnent immédiatement envie de danser, avec des musiques auxquelles on s’attache directement. 

L’univers du duo est parfaitement représenté dans le clip de Niemand, réalisé par Bertrand Mandico, ou bien celui de De mon âme à ton âme, avec l’artiste Adèle Haenel. Ils illustre l’univers artistique riche de Kompromat qui celui de la musique. On peut également rappeler ici que Rebeka Warrior a sortie son premier livre en août 2025, intitulé Toutes les vies

 

 

 

 

On ne peut malheureusement pas toustes les évoquer, mais pleins d’autres artistes nous on épatés.es, de The cure à Bertrand Belin en passant par Lykke Li, Changeline, Peaches, Fcukers et Mannequin Pussy.

 

Maintenant, on n’a plus qu’à attendre avec impatience la programmation de la prochaine édition 2027 !

Visuel 1 : Olivier Hoffschir

Visuel 2 : Megan Cullen Low

Visuel 3 : JOHN-ANGUS-STEWART

Visuel 4 : INGRIDPOP

Visuel 5 : DR

Visuel 6 : Maxime Ballesteros