La mairie de Castres, dirigée par le maire Rassemblement national Florian Azéma depuis mars dernier, a confirmé à ICI Occitanie la déprogrammation de la pièce Passeport d’Alexis Michalik, qui retrace le parcours douloureux d’un migrant érythréen dans la jungle de Calais.
Ce mardi 9 juin, le metteur en scène et acteur franco-britannique Alexis Michalik a annoncé sur Instagram, la déprogrammation de sa pièce Passeport par la nouvelle municipalité RN de Castres, où elle était initialement prévue pour février 2027. « J’ai appris cette semaine que la représentation de Passeport prévue à Castres en février 2027 avait été annulée », écrit-il, précisant que le spectacle avait été pourtant programmé et validé. Pour lui, « la décision d’annuler sa venue est intervenue à la dernière minute, à la demande des nouveaux élus RN de la municipalité ».
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Écrite et mise en scène par Alexis Michalik, Passeport retrace le parcours d’Issa, un jeune migrant érythréen laissé pour mort dans la jungle de Calais. Après avoir perdu la mémoire, le seul indice qu’il possède sur son passé est son passeport. La pièce « raconte des parcours d’exil, d’identité, d’intégration », souligne le metteur en scène, et met en avant les difficultés rencontrées afin d’obtenir un titre de séjour. Par ailleurs, Passeport est jouée partout en France sans problèmes depuis plusieurs années.
« Ce n’est pas un théâtre militant ou documentaire, mais une histoire humaine, qui s’adresse à tous. » – Alexis Michalik
Le nouveau maire RN de Castres, Florian Azéma justifie sa décision en précisant qu’aucun accord contractuel n’avait été signé par la précédente municipalité : « Il y a eu un changement de majorité. C’est du rôle et des prérogatives des élus de faire une programmation culturelle […]. Nous avions la totale liberté de revenir sur cette programmation », affirme l’élu à ICI Occitanie.
De son côté, Alexis Michalik déplore une potentielle « tentative de faire de la culture un outil de sélection idéologique ». Selon lui, « chacun est libre d’aimer ou pas la pièce. Mais chacun devrait aussi être libre de la voir » et « la liberté de création et l’indépendance de la programmation culturelle (…) constituent l’un des fondements de notre vie démocratique ». Il dit aussi s’inquiéter « pour toutes les œuvres, tous les artistes et tous les programmateurs qui pourraient demain subir le même sort » mais espère « que cette décision sera reconsidérée ».
Visuel : affiche de Passeport