22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs
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Avignon Off : Un Richard III gothique au féminin

par Hector Banel
24.07.2026

Le Théâtre du Roi René fait salle comble au Off d’Avignon pour une version de Richard III mise en scène par Laurent Domingos pour un quintet de comédiennes au jeu viscéral

« Dans cette molle et languissante époque de paix, je n’ai d’autre plaisir pour passer les heures que d’épier mon ombre au soleil et de décrire ma propre difformité. Aussi, puisque je ne puis être l’amant qui charmera ces temps beaux parleurs, je suis déterminé à être un scélérat.» (Acte I, scène 1)

L’exubérance comme Théâtre

On se hisse dans les gradins alors que deux comédiennes se faufilent parmi nous, haranguant les nouveaux spectateurs et les nouvelles spectatrices qui prennent place. Elles hurlent, micros à la main, la furie qui va naître. C’est un beau prologue. L’énergie qui s’en dégage est autant sonore que visuelle. Le blanc du fumigène qui envahit la scène est nappé d’une lumière rouge sang. La musique éreinte nos oreilles et l’on devine déjà l’exubérance gothique des costumes, pensée par Delphine Ciavaldini dont on découvrira qu’ils sont tous constitués d’un ingénieux assemblage de vieilles cravates.

Le décor se concentre autour d’une structure métallique faite de bric et de broc : une échelle, deux portières de 4L, semble-t-il, un siège en bois qui fera office de trône fragile… Ce tréteau de fortune se meut avec ingéniosité tout au long de la pièce, rappelant que le génie shakespearien ne réside pas seulement dans la verve et l’énergie des mots, mais aussi dans la violence des mouvements, des décors et des corps. Tout au long de cette pièce rageuse, cette masse métallique tourne comme pour évoquer la circularité du théâtre du Globe. L’ensemble est intelligemment agencé et ne peut que rappeler les audacieuses mises en scène de Thomas Jolly consacrées au dramaturge anglais en 2014.

Le pouvoir des comédiennes

Les scènes s’enchaînent avec frénésie. On sourit aux références, comme autant de clins d’œil aux trompettes de Jean Vilar, aux sons des batailles de Star Wars et aux multiples traits d’humour qui surgissent en heureuses saillies dans un déluge de passions haineuses. On est happé par le texte et par le jeu survolté des cinq comédiennes. Richard III, incarné par Alexiane Torres, s’impose par une interprétation habitée qui permet à tous les autres protagonistes d’exister pleinement (Juliette Delhomme, Juliette Pi, Laure Millet et Camille Demoures) .

Le tout est servi par la traduction de Jean-Michel Déprats, qui restitue au plus près l’énergie scénique et la puissance visuelle de la langue de Shakespeare. On appréciera notamment la scène où s’affrontent le séducteur Richard III et la veuve Lady Anne. Bien que le texte ne soit pas donné dans son intégralité, les deux comédiennes restituent avec bonheur toute la perfidie machiavélique du futur roi prêt à tous les crimes pour accéder au trône. La scène est d’autant plus saisissante que notre regard du XXIᵉ siècle est heurté par la misogynie qui la traverse. Lady Anne y apparaît comme une femme supposément plus encline à céder à la manipulation et à l’erreur. Pourtant, ce sont deux femmes qui portent ce face-à-face. Leur talent tend à suspendre, sinon à neutraliser, notre distance critique. Ce duel d’actrices déplace notre attention : la puissance de leur interprétation l’emporte sur les présupposés misogynes du texte.

En respectant la violence, l’humour noir et la théâtralité de Richard III, cette mise en scène rappelle que Shakespeare est d’abord un dramaturge de plateau.

Notre dossier Festival d’Avignon

Au théâtre du Roi René jusqu’au 25 juillet à 17H20, durée 1H35

Visuel : © Dimitri Klosowski