Écrite en 1610 ou 1611,
Le Conte d’hiver est l’une des dernières pièces de
Shakespeare. Elle constitue une parfaite alliance entre la tragédie, en première partie, et la comédie, en une seconde partie qui convoque notamment musique et danse. La pièce s’ouvre par la folie du roi de Sicile, Léonte, qui imagine que son meilleur ami, Polixène, roi de Bohème, est l’amant de sa femme Hermione. Le fils de cette dernière et de Léonte meurt de chagrin, avant qu’Hermione elle-même ne succombe après avoir donné naissance à une petite fille. Seize ans plus tard, la petite Perdita a bien grandi, exilée loin du royaume de Sicile. Élevée par des bergers dans la campagne de Bohème, elle est courtisée par Florizel, le fils de Polixène. Les deux rois auparavant meilleurs amis vont-ils, grâce à leurs enfants, finir par se réconcilier ?
Un théâtre festif et fidèle au texte
Sandrine Anglade, qui met en scène Le Conte d’hiver pour sept interprètes, entremêle avec talent la tragédie la plus sombre et la comédie joyeuse. À une première partie dominée par la couleur noire succède une seconde partie où les guirlandes et la verdure redonnent de l’espoir. Ce lustre immense qui trône au milieu de la scène symbolise les fastes de la cour du roi de Sicile comme la joie des paysan·es de Bohème. On ne peut également que louer les costumes signés Magali Perrin-Toinin, qui alternent grands manteaux princiers et vestes de laine issues de la tonte des moutons.
Au plateau, la troupe de la Compagnie Sandrine Anglade sert brillamment les traits d’esprit de Shakespeare. La nouvelle traduction et adaptation de la pièce, signée Clément Camar-Mercier, modernise le texte sans le dénaturer. Malgré la foultitude des personnages, tout est clairement lisible. On est ému, on rit. Du grand théâtre, en somme.