I need help immediately crée la surprise avec un spectacle où le geste est nouveauté dans l’intensité d’une présence inoubliable, hypnotisante. Une sensualité à fleur de peau d’où rejaillit le propos. Rencontre avec la chorégraphe danseuse, hongroise Adél Juhász qu’il faudra suivre.
I need help immediately crée la surprise avec un spectacle où le geste est nouveauté dans l’intensité d’une présence inoubliable, fascinante. Une sensualité à fleur de peau où le propos rejaillit en compulsion. Rencontre avec la chorégraphe danseuse, hongroise Adél Juhász qu’il faudra suivre de très près.
Je travaille en Suisse, mais je reste toujours très attachée à mon pays et à Budapest. J’ai été formée au BCDA (Budapest Contemporary Dance Academy) puis à la Manufacture de Lausanne. Mon solo László a pas mal tourné. Je suis également membre du collectif OuinchOuinch pour la pièce Happy Hype.
Voilà car j’ai le sentiment d’avoir déjà beaucoup partagé avec vous durant la pièce.
Cette chanson a surgi comme ça dans ma vie et a tout déterminé. Un ami me l’a fait écouter pendant l’été et c’est devenu une véritable OBSCESSION ! A cause de sa texture, je l’écoutais en boucle. Il s’agissait d’un moment dans ma vie où il y a eu une crise, une rupture, quelque chose que je n’avais pas choisi, qui n’était pas prévu et qui est connecté à la sexualité. Je ne pouvais pas penser à quelque chose d’autre, je me sentais terriblement mal. Le seul endroit où je pouvais être un peu stable et à l’aise s’était dans le studio lorsque je travaillais. Alors que j’étais sur d’autres pistes pour mon show Il est devenu évident que je devais travailler avec cette chanson qui disait : « j’ai besoin d’aide immédiatement ». Par « un heureux hasard » j’étais exactement dans cet état-là. Je sentais le besoin d’entraîner ces sons à l’intérieur de moi, de les intégrer totalement. Il s’est aussi tout de suite imposé le fait que je devais parler en plus de danser. Je n’ai jamais vraiment voulu me placer, moi et mon histoire, directement sur scène, mais à cause de cette chose en moi qui me troublait, me paralysait, je ressentais le besoin impératif de parler. Alors à travers l’Alter ego du Vampire, j’ai pu exprimer des choses importantes pour moi.
Cette thématique des vampires est évidente que pour certaines personnes, d’autres n’y font pas attention. Personnellement, j’ai une longue histoire avec le vampirisme mais ce n’était pas volontaire de travailler sur ce sujet dans cette pièce.
Ce n’est pas une couche que j’ai travaillée particulièrement, mais je comprends que ça puisse exister. J’ai travaillé un truc plus général à l’intérieur duquel ce genre de chose peut effectivement apparaitre. Parfois, la performeuse est obsédée par cette musique, parfois elle perd le contrôle, parfois elle le reprend, c’est un jeu continu avec le public. Ce genre d’expérience subtile que vous avez ressenti peut absolument exister là-dedans.
Voilà pourquoi j’aime la danse, tout peut y être ressenti subjectivement et largement. La danse donne des messages que je ne connais pas, dont je ne suis même pas responsable. Et j’adore ça.
Dans cette pièce particulièrement, j’aime parler. Il s’agit d’une expérience nouvelle et inédite pour moi. Une façon vraiment différente d’être en scène. Je suis tellement heureuse de savoir que désormais je peux aller là dans la parole. C’était incroyable car c’était comme une épée qu’on enlève ou de se mettre à nu.
Bien sûr, on peut voir deux parties, pourtant cette pièce a été construite d’une façon où une forme d’humour les relie.
Je crois personnellement plus dans la danse. Après chaque pièce et chaque artiste a son challenge et c’est un reflet qui les suit.
En tant qu’interprète, je suis habituée à performer nue, je le fais depuis longtemps. Je peux aussi ressentir cet agacement pour un parti pris de la nudité dans la danse contemporaine. Dans mes pièces, j’utilise la nudité si cela fait sens. Et dans celle-ci cela faisait sens pour plusieurs raisons. Il y a la trame de la sexualité au fil de la pièce. Et cela permet aussi plusieurs surprises. La première fois que j’enlève mes vêtements, ça ne fait pas sens, le lien avec la musique impose de le faire. Plus tard techniquement, les mouvements que je réalise avec des petites tensions musculaires, marchent mieux avec la nudité.
La nudité a à voir avec la sexualité, mais j’aime aussi que ça enlève la sexualité du corps, que l’on voie la fabrique, la matière, la construction.
Bien sûr, il y a de la provocation dans la sexualité, mais je ne vais pas spécialement dans cette voie, par contre je joue avec des éléments provocateurs.
Il y a toujours derrière mon histoire personnelle avec la sexualité cet univers vampirique. Le vampire symbolise toujours la sexualité puisqu’il suce le sang.
I need help immediately d’Adél Juhász-Durée 1h- Création 2025
Du 9 au 20 juillet 2026 à la Sélection Suisse en Avignon, à La Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon
Concept, chorégraphie et performance – Adél Juhász
Création son – Márton Csernovszky
Création lumière et direction technique – Tiki Bordin
Assistanat et regard extérieur – Csaba Molnár
Dramaturgie – Anne-Laure Sahy
Costumes et scénographie – Csenge Vass
Tournée
13 et 14 novembre 2026 – Trafó – House of Contemporary Arts, Budapest, Hongrie
4 au 7 mars 2027 – Les Printemps de Sévelin, Arsenic – Centre d’art scénique contemporain, Lausanne, Suisse