Garçon Chasseur est la deuxième histoire d’une trilogie commencée par Petite Sorcière et dont la suite clôturera l’intrigue. La pièce est un récit d’aventure intime construit comme un voyage initiatique poussé par l’amour, mais qui ne va pas s’avérer si accomplissant …
Garçon chasseur est un gentil et jeune garçon qui n’est jamais allé en ville. Vivant dans la foret, il est la personne étrange que les villageois regardent de travers. Aller au village, c’est déjà un monde. Jadis, il est tombé amoureux de Petite Sorcière. Alors quand son grand-père décède, il se lance : Petite Sorcière est en ville ? Il la retrouvera ! Et le voilà partit.
Le texte présente une ville dans laquelle on est perdu. Elle est autant hostile, rude, et brouillante que moderne, colorée et jazzy. Pour la représenter, Fabrice Henry choisi des grands panneaux sur lesquels sont dessinés des immeubles, des façades et des enseignes en noir et blanc. Le trait épais et les lignes droites qu’ils composent rappellent les peintures d’avant-gardes représentant l’industrie émergente et le corps ouvrier. Par-dessus ces panneaux, des lumières rose, vert, bleu. Entièrement ancrée dans le déroulement de l’histoire, ce sont les acteurs qui installent ces visuels sur des structurent noires soulignant ces lignes urbaines. Tout est fluide dans la manière de placer ce décor. La structure de la fable apparaît rapidement, et on se laisse porter par ce plateau onirique.
Pour construire son conte, Pascal Brullemans a créé un corpus de personnages divers et drôles. Le Chat Malin évoque l’univers Alice au Pays des Merveilles, la sécurité n’intervient qu’en cas d’urgences jamais urgentes, les Couturières savent ce qu’elles veuillent mais sans savoir ce qu’elles veulent. En ouvrant l’intrigue par la foret et l’histoire de Garçon Chasseur, le spectateur se place d’emblée sous son regard. Quand on arrive en ville avec lui, les personnages nous semblent à côté de la plaque, tout est nouveau et tout le monde semble fous ! Pourtant, pour les habitants des villes, tout est normal. David Anglade interprète avec brio le Chat et ses accents fabuleux. En allant en ville, Garçon chasseur a changé de monde comme dans Narnia. A côté de lui, une Voix, sorte de Grande Didascalie qui sort de son espace discret pour affirmer sa présence entre les dialogues. Elle raconte, elle décrit, elle sera là comme les écriteaux dans le cinéma muet qui ponctuent ce que l’on regarde. Personnage intéressant car normalement, il ne se joue pas, sa présence gagnerait à être affinée. Mais cette Voix n’est pas la seule à nous accompagner. Il y a les chants de Romane Ponty Bésanger, qui accompagnent le texte vers son tragique grâce à ses voix mélancoliques.
Garçon chasseur est une fable intéressante par son propos, par la douceur de son personnage principal et par la drôlerie des autres. La mise en scène de Fabrice Henry est à saluer !
©Louise Ajuste
Les 27 et 30 septembre 2026 puis le 1er octobre 2026 – les Zébrures d’Automne Des écritures à la Scène
Texte Pascal BRULLEMANS
Mise en scène Fabrice HENRY
Avec David Anglade, François Copin, Clémentine Haro et Romane Ponty Bésanger
Scénographie Aurélien Izard
Lumière Morgane Viroli
Costumes Cecilia Galli
Musique Romane Ponty Bésanger
Audiodescription Laëtitia Dumont-Lewi
Production La Luzège
Diffusion Kiblos
Coproduction OARA – Office Artistique Région Nouvelle-Aquitaine, l’Empreinte – Scène nationale Brive-Tulle et les Francophonies – Des écritures à la scène
Avec le soutien de la Ville d’Uzerche, Association CRAC – Festival la Vallée, le théâtre du Cloître, Scènes Nomades, DRAC Nouvelle-Aquitaine, Conseil départemental de la Corrèze et l’Étoile Bleue – Festival Champ libre
Accueil en partenariat avec l’Auditorium Sophie Dessus – Ville d’Uzerche et le CCM Jean Gagnant – Ville de Limoges.