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Dans les pas d’une Étoile ou comment accéder au toit du Palais Garnier

par Maria Sidelnikova
05.10.2026
opera_de_paris

Imaginez : vous enfilez le casque d’Hadès et vous vous faufilez par une porte dérobée qui mène dans les coulisses de l’Opéra de Paris. Une silhouette féminine ciselée devient votre fil d’Ariane : les omoplates ajustées comme des ailes, le chignon bas et serré, son allure de danseuse se lit jusque dans son dos ! Un dos empreint d’une tranquille dignité qu’on ne saurait confondre avec aucune autre : c’est Bleuenn Battistoni – l’Étoile la plus discrète de la compagnie, une danseuse classique exemplaire.

Pour la première fois, l’Opéra de Paris, en collaboration avec INIT Lab, ouvre ses lieux les plus secrets au grand public dans une expérience en VR 180 intitulée « Dans les pas d’une Étoile », accessible lors des visites diurnes à la Rotonde jusqu’au 30 novembre.

 

Pendant deux jours, de 8 heures à 21 heures, l’équipe de tournage a suivi chaque pas de Bleuenn Battistoni. Cette proximité avec l’artiste et la possibilité de voir tout ce qui se passe à 180 degrés sont véritablement saisissantes – même pour elle : « C’est inhabituel de me voir si près. Je vois souvent des images, des vidéos, des spectacles de moi dans des contextes très précis. Me voir pendant toute une journée, et notamment pendant les cours de danse, un moment de travail intime, c’est vraiment très étrange… », raconte Bleuenn.

Dans son palais, Charles Garnier a imaginé un véritable labyrinthe de couloirs, chacun portant un nom connu des seuls initiés. Le plus célèbre : le « couloir des cent marches ».

 

Un escalier, puis un deuxième

Et nous voilà déjà bercés par le doux marmonnement du ballet, au rythme du piano : yam-pa-yam-ta-ti-pa-pam. La porte s’ouvre — et nous sommes dans la salle de danse. Nous nous faufilons entre Hugo Marchand et Agnès Letestu (oui, oui, la reine Agnès fait toujours la barre). Notre guide enchaîne de délicats ronds de jambe.

Cours, répétition, essayage des costumes. Nous pénétrons dans le saint des saints : les ateliers de couture de l’Opéra Garnier. Les costumes masculins sont confectionnés dans l’atelier tailleur, les costumes féminins dans l’atelier flou. Un atelier à part est consacré à la confection des chapeaux et autres coiffes.

 

Pas à pas

Et nous voilà déjà sur le toit du Palais Garnier. Comment ne pas penser à L’âge heureux ? Comme autrefois les fameux « petits rats » de l’Opéra, Bleuenn Battistoni monte les escaliers en courant et Paris s’offre à nos yeux — une vue singulière, propre à ce lieu.

Il faut ici reconnaître la puissance de la technologie : cela fait longtemps que plus personne n’est autorisé à monter sur le toit, quel que soit le prix proposé. Et là — on met le casque à 12 euros, et nous voilà assis sur le toit de l’Opéra, à côté d’une Étoile.

 

 

Le toit de l’Opéra

Avis aux personnes souffrant de vertige : ça fait tourner la tête, de beauté, naturellement, mais aussi à cause de l’altitude : « Sur le toit, ce n’était pas facile : c’est très haut, et le sol n’est pas adapté à la danse. Je devais faire un peu d’escalade, mais en même temps, le coucher du soleil était tellement beau. Ça m’a emportée… moi aussi. »

Et nous voilà emportés à notre tour : au-dessus de La Défense, le soleil rouge se couche, les toits de Paris se couvrent d’une lumière dorée et Bleuenn Battistoni fait une révérence.

La rencontre du soleil et de l’Étoile. Un moment de grâce, de gratitude et de perfection.

Visuel : © Opéra de Paris