Pas besoin d’aller jusqu’à Moulins ou en coulisses pour voir les costumes de l’Opéra national de Paris. Une fois par an, le rendez-vous est désormais fixé et les professionnels, comme le public, réservent leurs places pour faire une plongée et des achats dans les collections des productions passées. Nous avons pu faire l’expérience de cette vente lors du premier créneau public le 29 mai, et nous avons été grisés !
Les équipes de l’Opéra de Paris créent 4500 costumes chaque saison. Robes à crinolines, corsets, armures, gants, justaucorps, bottes d’armée, perruques et chapeaux, ce sont pas moins de 300 000 éléments de costumes de son répertoire que L’Opéra national de Paris stocke à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, aux Ateliers Berthier ainsi qu’en province. Les jours dédiés à la vente de ces costumes sont désormais un rendez-vous prisé par les professionnels (costumières qui viennent chercher de la matière à retravailler pour leurs productions) et le grand public qui veut garder une trace d’un Opéra ou un ballet adoré. Tout se passe sur le site de l’OnP environ une semaine avant l’évènement où les billets à 10 euros pour un des 5 créneaux de deux heures prévus s’arrachent littéralement.
Une fois sur place, on arrive avant l’heure du rendez-vous à l’entrée qui est sur le flanc de l’Opéra Bastille, afin de maximiser son temps. La queue qui se forme, est sage et joyeuse ; l’on discute et se rencontre, le temps d’entrer. A l’intérieur, tout est classé par production opéra au sous-sol, danse à l’étage. Les accessoires sont dans des grands cartons. On peut essayer sur place et l’on est même aidé pour fermer certains corsets. Les portants sont beaux, chaque pièce est étiquetée, et surtout chaque pièce est unique et taillée sur mesure pour un chanteur ou une danseuse. Les costumes des chœurs et des enfants sont multiples. Et l’on peut acquérir des pièces de 2 à 800 euros.
C’est magnifique à voir, les tissus et les coupes font rêver. Ce qui est usé se dit « patiné » car il faut un effet de réel sur les fracs des soldats. On se rêve princesse, on se souvient d’un spectacle marquant et parfois l’on tombe sur le nom d’une ancienne cantatrice qu’on aurait presque oubliée… Cette année, les costumes mis en avant viennent d’Eugène Onéguine (Willy Decker), Les Capulet et les Montaigu (Robert Carsen), Eliogabalo (Thomas Jolly), Les Indes galantes (Andrei Serban), La Veuve joyeuse (Jorge Lavelli) ou bien côté danse de Samson et Dalila (Damiano Michieletto), AIR (Saburo Teshigawara), Coppélia (Pierre Lacotte), Psyché (Alexei Ratmansky) et Siddharta (Angelin Preljocaj). Mais l’on peut aussi trouver des pièces plus anciennes et même certains habits non terminés (attention aux aiguilles). Des grands sacs blancs signés OnP sont en vente à 8 euros et tout se paye avec une carte bancaire. Du second main très très chic !
visuel : C Pelé