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16.06.2026 → 27.06.2026

« Cavalières », faire famille

par Léa Raymond
17.06.2026

Créée en 2024 par Isabelle Lafon, Cavalières est rejouée au théâtre Paris Villette pour ceux qui l’avaient déjà adorée ou qui l’auraient ratée. On y rencontre quatre femmes qui vont cohabiter avec un objectif commun : s’occuper d’une enfant un peu particulière, Madeleine.

Du 16 au 27 juin, Cavalières d’Isabelle Lafon revient au théâtre Paris Villette. Jouée pour la première fois en 2024, la pièce avait reçu le Prix de la meilleure création d’une pièce en langue française décerné par le Syndicat Professionnel de la critique. Cavalières raconte l’histoire de Denise, jouée par la metteuse en scène, qui est entraîneuse de trotteurs et tutrice légale de Madeleine, une enfant dite handicapée.

 

Un jour, Denise décide de passer une annonce pour trouver trois autres femmes avec qui cohabiter en posant trois conditions : avoir un rapport au cheval, s’occuper de Madeleine et n’apporter aucun meuble. Chacune à un moment clé de leur vie, elles vont tenter de « faire famille » avec Madeleine. Le public assiste alors à une rencontre touchante qui le fait passer par toutes les émotions : rire, tristesse, joie ou encore surprise.

 

Une entreprise risquée

 

À l’origine, ces quatre femmes n’ont rien en commun avec Denise : Saska (Johanna Korthals) est son amie de longue date mais vient du Danemark et frôle le burn-out ; Nora (Karyll Elgrichi) vient de se faire radier de son métier d’éducatrice d’adolescents en difficulté et Jeanne ( Sarah Brannens) est serveuse, mais rêve d’une carrière d’écrivaine. Dès le début, elles ne savent pas encore si cette cohabitation sera vraiment possible. Denise assure même : « nous ne serons pas amies ».

 

La pièce débute face à face à ce groupe de femmes qui nous raconte ce qui les a menées là. Un discours un peu disloqué qui fait rire et ressortir leurs personnalités distinctes : Denise semble antipathique, Jeanne un peu trop curieuse, Saska aime donner son avis et Nora doute de ses propres choix de vie. Mais est-il vraiment nécessaire de se ressembler pour s’apprécier ?

 

Une famille de femmes

 

Petit à petit, ces femmes se lient par cette cohabitation. Bien qu’elles ne se croisent que rarement, leur amour grandissant pour la petite Madeleine est leur point commun. Leur réunion hebdomadaire du vendredi, souvent annulée ou reportée, est leur seul réel moment de communication en temps réel. Le reste du temps, elles communiquent par post-it ou par petits papiers laissés sur la table de la cuisine. Lorsqu’elles se voient enfin, elles se confient, s’agacent et s’émeuvent aussi.

 

Malgré leurs doutes sur la cohabitation, s’occuper de la petite fille devient vite une évidence : elles se réunissent autour d’elle pour son bien. Les spectateur.ice.s suivent ce parcours avec tendresse et comprennent cet attachement à une enfant qui n’est pourtant pas présente sur scène. Et contrairement au souhait de Denise, ces quatre cavalières sont bel et bien devenues amies. Peut-être même une famille, en tout cas pour Madeleine.

 

Cavalières d’Isabelle Lafon du 16 au 27 juin au théâtre Paris Villette.

Visuels : © Compagnie Les Merveilleuses