La poétesse, auteure et comédienne Sara Bourre propose un roman qui oscille entre onirisme et règlement de comptes en famille. Publié chez Grasset en cette rentrée littéraire 2026, Les sangs bleus est riche d’images fortes.
Pour répondre à la demande de leur mère, un frère et une sœur dans leur vingtaine acceptent de se réunir avec leur famille chez leurs grands-parents dans une maison ultra-cossue à Prague. Il s’agit de célébrer la nouvelle fonction d’un oncle puissant, devenu ministre de la Culture, pour la plus grande fierté des grands-parents. Le hic, entre les porcelaines fines, l’argenterie et l’attente guindée du « grand homme » c’est que le papa des deux neveux vient de mourir et qu’ils sont encore en deuil, avec tout sauf envie de faire plaisir à des grands-parents qui avaient ostracisé leur père artiste…
Comme dans un tableau ancien ou un film d’auteur, les images sont d’abord un peu floues et se précisent au fur et à mesure que l’on se rapproche du cœur du sujet : l’arrivée de l’homme de pouvoir. Il y a des femmes-nymphes déclarées folles qui se suicident, un couple qui choisit l’amour envers et contre tout et en paie le prix fort, enfin le silence et la complicité ligotés par les réputations et les rôles. Avec des mots ciselés et tranchants et ses images vaporeuses, Sara Bourre dessine au fusain le carcan terrible d’une famille « de la haute » et notamment les ressorts ignobles qui mènent certains membres de cette famille à rater pleinement et sciemment leurs vies. La vraie question est : tout ce linge sale pourra-t-il s’exposer en un seul repas ?
Sara Bourre, Les Sangs Bleus, Grasset, 208 p., 19 euros. Sortie le 26/08/2026.
visuel : couverture du livre
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