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Le prix Albert-Londres récompense Bruno Meyerfeld pour son travail sur les peuples autochtones au Brésil

par Aline Fevre
28.10.2026
Amazonie

Le journaliste Bruno Meyerfeld a remporté le prestigieux prix Albert-Londres ce mardi 27 octobre, au Théâtre de la Concorde. Ancien correspondant du Monde au Brésil, il est le quinzième journaliste du quotidien à recevoir cette distinction. Cette année, le prix récompense son travail sur les peuples autochtones brésiliens.

Trois prix pour l’investigation du monde

Depuis 1933, le prix Albert-Londres récompense le travail de terrain et d’enquête des grands reporters francophones. Et l’édition 2026 dresse une nouvelle fois un riche panel du travail journalistique qui documente les réalités du monde, à travers trois catégories, la presse écrite, l’audiovisuel et le livre. Une même vocation les rassemble : recueillir la parole pour rendre visibles les populations et les voix fragilisées, partout dans le monde.

Les vies en Amazonie

Bruno Meyerfeld a consacré une partie de son travail aux territoires amazoniens et aux populations, menacées, qui les habitent. La récompense salue un projet « largement consacré aux enjeux environnementaux » et profondément humaniste, qui donne la place centrale aux populations indigènes au Brésil. En 2025, Bruno Meyerfeld écrivait sur sa rencontre avec la dernière représentante des Piripkura, un groupe amérindien qui porte le surnom de « peuple papillon » et dont la survie est menacée. Le journaliste de 35 ans dédie ce prix « aux peuples autochtones qui (l)’ont accueilli et qui luttent contre des violences de toutes parts ».

Aux États-Unis, où les droits des femmes reculent

Le prix de l’audiovisuel couronne cette année Brice Lambert pour son documentaire Sexe faible, l’Amérique en guerre contre les femmes, diffusé sur Arte. Il porte l’attention sur les reculs des droits des femmes aux États-Unis, notamment par les restrictions qui menacent le droit à l’avortement. Des conséquences terribles pour la liberté des femmes dans une Amérique où le conservatisme religieux progresse redoutablement.

En Syrie, derrière la porte des prisons

Dans la catégorie du livre, Arthur Sarradinqui, 26 ans, est récompensé pour Le Nom des ombres, publié aux éditions du Seuil. Correspondant de presse au Liban, il est l’un des premiers journalistes à assister à l’ouverture des prisons concentrationnaires après la chute de Bachar al-Assad. Son travail recueille les réalités glaçantes de la prison de Sednaya, en Syrie.

Continuer à défendre la liberté de la presse

Lors de la cérémonie, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, rappelait les menaces qui pèsent sur les journalistes et l’importance de la liberté d’informer, car, « là où la démocratie est attaquée, la liberté des journalistes aussi. » La cérémonie rendait hommage au journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie pour « apologie du terrorisme ».

En récompensant ces enquêtes essentielles, le prix Albert-Londres met à l’honneur le rôle des journalistes : traquer les injustices, raconter les humanités. Un travail indispensable et qui présente des risques, pour des journalistes qui engagent parfois leur vie pour les autres et le monde.

Visuel : © Wikimedia Commons