Lula a déjoué les pronostics en remportant le second tour de l’élection présidentielle. Avec 51,8% des suffrages, il devance son opposant Flavio Bolsonaro de près de 4,4 millions de voix. Pour son quatrième mandat, le président brésilien maintient le cap de son pays à gauche, en battant une nouvelle fois la famille Bolsonaro, comme en 2022 face à Jair Bolsonaro. Un souffle d’espoir pour l’Amérique.
Tandis que le Brésil progressiste brandit le « L » de la victoire, Flavio Bolsonaro conteste le résultat et réclame l’annulation de l’élection. Rappelons que son père purge une peine de 27 ans de prison, après avoir dirigé une tentative de coup d’État après sa défaite aux précédentes élections.
Si Lula a réussi à remporter la présidentielle, après une campagne houleuse, il sera néanmoins amené à composer avec un Parlement dominé par la droite et les conservateurs. Pour ses réformes et ses idées, il devra négocier habilement puisque cinq partis ont déclaré leur soutien à Bolsonaro. La droite conservatrice a obtenu la majorité dans les deux chambres du Parlement : 51 sénateurs contre 15 pour le camp de Lula, et 268 députés contre 124.
Malgré ces obstacles, cette élection montre qu’il est possible de faire barrage à l’extrême droite. Lula annonce l’espoir : « ce sera mon meilleur et mon dernier mandat ». À maintenant quelques mois de la prochaine élection présidentielle française, le scrutin du Brésil rappelle l’importance des choix politiques, pour la démocratie et l’environnement.
Car la politique de Lula s’annonce déterminante pour les poumons de la planète : l’Amazonie. Alors que le monde est en train de suffoquer dans l’urgence climatique, l’un des premiers objectifs du président réélu est d’atteindre, d’ici 2030, la « déforestation zéro ». Et depuis quatre ans, la déforestation a fortement reculé, avec une baisse de 71,2%. Le président brésilien avait organisé l’année dernière la COP30 à Bélem, au cœur de l’Amazonie pour sensibiliser aux enjeux de sa préservation. Un engagement nécessaire et rassurant après la politique environnementale désastreuse de Jair Bolsonaro, qui avait permis la destruction de 6,6 millions d’hectares d’arbres au Brésil. Le monde échappe au pire, car la politique de Flavio Bolsonaro aurait amenée à un processus de désertification de l’Amazonie, avec une relance massive de la déforestation.
La politique de Lula, en faveur du multilatéralisme, s’oppose également à la « doctrine Donroe » de Donald Trump qui entend asseoir son hégémonie sur le continent américain. Le Brésil se présente ainsi comme dernier verrou à la politique de Trump, dans un contexte de progression des forces conservatrices en Amérique, notamment au Chili, en Argentine et en Colombie.
Sa victoire est également un signal pour l’Union européenne, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leven a salué ce résultat : « Ensemble, nous continuerons à travailler étroitement pour un commerce libre et ouvert. Un ordre mondial fondé sur des règles. Et des ambitions fortes pour notre climat ».
Visuel : Foto Oficial do Presidente da República, Luiz Inácio Lula da Silva © Ricardo Stucker