Il fallait faire quelque chose, et cela commence. Preuve que les manifestations sont nécessaires aux avancées sociales. Après les mobilisations historiques des 17 et 24 octobre, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur annoncent un ensemble de mesures pour apaiser la colère. Sont-elles suffisantes ? Elles constituent, en tout cas, un premier pas pour que la génération Z trouve sa place dans la société de demain.
Avec la consultation Agora « Lycéennes, lycéens, vous avez la parole », une plateforme ouverte pour consulter les lycéens sur leurs conditions d’apprentissage, le gouvernement entend la colère et tente d’y répondre. 101 000 contributions ont été déposées. Cela montre qu’il est « possible de traiter, dans le dialogue, les questions structurantes de notre École » selon Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale.
Mais comment transformer concrètement la sélection scolaire et sociale ? Alors que Jean-Michel Blanquer se félicitait encore ce matin de Parcoursup, qu’il qualifiait de « progrès énorme par rapport à la situation antérieure », les choses bougent enfin dans le monde des algorithmes d’orientation. Car, pour changer un système méritocratique et inégal, la solution semble passer par une transformation de la plateforme, voire son remplacement.
Dès la prochaine campagne de vœux, Parcoursup sera amélioré pour gagner en « lisibilité et en facilité d’usage ». Pour chaque refus, il sera possible de saisir la formation concernée afin d’en comprendre les raisons. Elle devra garantir davantage de transparence sur les critères d’examens des vœux. Et à partir de 2028, le lycée d’origine ne sera plus mentionné. Après cette première étape, le ministre promet un « remplacement », qui sera préparé par un comité de réforme réunissant lycéens et enseignants autour des ministres.
Ces évolutions promettent davantage de transparence. Elles s’accompagnent aussi d’une meilleure orientation dès la classe de seconde et de journées d’immersion dans l’enseignement supérieur pour les élèves de première et terminale afin de les aider à choisir leur voie. Autant d’initiatives essentielles auxquelles le gouvernement devait répondre face aux revendications de la jeunesse.
D’abord, au sens littéral du terme, puisque le gouvernement promet un plan de rénovation du bâti scolaire doté de 4 milliards d’euros. Il s’agit aussi de donner aux élèves les moyens d’étudier notamment grâce à une réinjection dans les bourses : 37 millions d’euros de plus dès la rentrée 2027, 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029. Mais ces nouveaux moyens constitueront-ils une réelle avancée pour les étudiants ou sont-ils imposé par la nécessité de compenser l’inflation et l’augmentation du nombre d’inscrits chaque année ? Après avoir fait l’impasse sur ces besoins, le gouvernement entend enfin investir dans l’école. Cela se traduit par un changement dans les effectifs. Alors qu’une mesure prévoyait la suppression de postes dans le second degré public (836), le gouvernement annonce la création de 500 postes supplémentaires, à laquelle s’ajoute le recrutement massif de contractuels. S’y ajoutent la limitation des classes à 28 élèves, des emplois du temps mieux construits et un renforcement de la démocratie scolaire.
La santé mentale des élèves est aussi une priorité. Des mesures promettent 500 nouveaux postes de psychologues de l’Éducation nationale, d’infirmiers, d’assistants de service social.
Preuve, une nouvelle fois, que les manifestations sont nécessaires à la démocratie. Faire entendre sa voix, porter ses revendications, c’est permettre d’améliorer la vie citoyenne. L’école est le laboratoire de la société, tout s’y joue. Le gouvernement devait agir et il doit désormais tenir ses promesses. Reste encore à savoir si les efforts seront à la hauteur des attentes et s’ils répondront réellement aux préoccupations des premiers concernés.
Visuel : logo © Parcoursup