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Gibert Joseph placé en redressement judiciaire

par Louis Perquin
29.04.2026

Figure indéboulonnable de la vente de livres neufs et d’occasion depuis plus d’un siècle-et-demi, Gibert Joseph vient de demander sa mise en redressement judiciaire face à la persistance de ses difficultés financières. Une annonce à la fois attendue et qui suscite, autant chez les lecteurs que les professionnels, de fortes craintes quant à l’avenir de leur activité.

Si les difficultés connues par Gibert Joseph n’ont cessé de s’accroître depuis plusieurs années, il semble qu’un pallier supérieur vienne d’être atteint par l’enseigne fondée en 1886. Déjà fragilisée par l’effondrement des revenus provoqué par la crise sanitaire de 2020, celle-ci a ainsi récemment été forcée de fermer un nombre grandissant de magasins à travers la France (notamment à Clermont-Ferrand ou Vaulx-en-Velin), la baisse de fréquentation s’accompagnant dans le même temps d’une hausse ininterrompue des coûts fixes. Réduite à seulement seize magasins répartis dans douze villes depuis le début de l’année, la société a de nouveau constaté une baisse de son chiffre d’affaires de 92 à 86 millions d’euros entre 2024 et 2025. Face à une telle incapacité à se remettre à flot, il n’était finalement pas si étonnant de voir le groupe annoncer, ce lundi 27 avril, sa demande de placement en redressement judiciaire.

 

L’important, c’est pas la chute…

 

Quoique la traversée du désert subie par Gibert Joseph n’ait pas connu la moindre inflexion depuis un certain temps maintenant, il convient toutefois de souligner que la direction ne semble pas encore décidée à abandonner tout espoir de sursaut. En effet, tout en assumant que « malgré les efforts engagés […], ces mesures n’ont pas suffi à restaurer un niveau de rentabilité suffisant », l’objectif est désormais d’accentuer le virage vers le marché du livre d’occasion. Déjà responsable de 35% du chiffre d’affaires de l’enseigne, il s’agirait ainsi pour elle de doubler la part de ses ventes d’ici 2029, soit de passer de 30 à 60 millions d’euros annuels. Au-delà de la hauteur d’une telle ambition, c’est davantage la forte concurrence en la matière qui a de quoi rendre sceptique, moult plateformes en ligne (Amazon, Momox, Vinted…) ayant déjà pénétré les habitudes de consommation d’une majorité de lecteurs. Ce repli sur la seconde main paraît donc d’autant plus étonnant qu’il conduirait à nouveau à un affrontement entre physique et virtuel, dont Gibert sait pourtant mieux que quiconque l’issue fatale à laquelle il mène inéluctablement. Si c’est en l’occurrence l’ultime maillon de la chaîne de production qui se trouve touché par la prédation du marché, rappelons que l’actualité récente liée à Grasset ajoute une strate de complexité supplémentaire en vue de la survie d’un écosystème pris, comme le dit l’expression, entre le marteau et l’enclume.

 

… c’est l’atterrissage

 

À travers la situation particulière de Gibert Joseph, c’est plus largement le monde du livre dans son ensemble qui connaît dans le même temps une crise structurelle profonde, et dont les causes s’avèrent si intriquées entre elles qu’il serait bien difficile d’y apporter une solution claire. Si la pandémie du Covid occupe effectivement une place centrale dans la mutation des habitudes du lectorat français, la désaffection progressive du grand public pour la littérature plonge en vérité ses racines bien en amont d’un événement qui n’a fait qu’entériner un processus déjà criant auparavant. Guillaume Husson, délégué général du Syndicat de la librairie française, appelle notamment à « une prise de conscience rapide et forte des éditeurs et des pouvoirs publics pour que ça ne fasse pas tache d’huile » – la crainte étant désormais de voir des situations analogues se multiplier face à la primauté absolue accordée par beaucoup au numérique sur toute autre forme d’activités intellectuelles et artistiques. Là encore, il est éclairant de se pencher sur les résultats du « baromètre 2026 des usages d’achat et de lecture des livres imprimés, numériques et audio » réalisé par le Syndicat national de l’édition, qui nous apprend notamment que malgré l’essor des petits lecteurs (moins de cinq livres par an), le nombre de grands lecteurs connaît, lui, un effondrement drastique. Pour autant, « 68% des acheteurs de livres imprimés neufs achètent aussi des livres d’imprimés d’occasion, et pour 40% d’entre eux plus de 5 livres d’occasion par an » – ce qui peut, après tout, nous donner espoir en la stratégie adoptée par Gibert Joseph.

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