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Un clôture grave et sage avec une Palme d’or pour « Fjord » de Cristian Mungiu au 79e Festival de Cannes

par Yaël Hirsch
23.05.2026

Menée avec élégance et sérieux par Eye Haïdara, illuminée de stars venues des États-Unis, du Mexique, du Canada et du Liban pour remettre les palmes, cette 79e édition du Festival du Film de Cannes était longue, studieuse et parsemée de déclarations sur l’importance d’un petit monde inclusif de « résistant.e.s ». C’est le film très européen de Cristian Mungiu, Fjord, qui a reçu la Palme d’or.

Accompagner une vieille dame ?

C’est en smoking d’homme déstructuré que la maîtresse de cérémonie, Eye Haïdara, a mené cette soirée sur un ton direct. Brève, concentrée, elle a tout mené de front avec gravité jusqu’au petit oups final pour annoncer le 90e anniversaire l’an prochain. Ce ne sera que le 80e mais c’est déjà une très vieille dame que ce Festival de Cannes. Que le jury, les stars invitées à remettre les palmes et les lauréats ont semblé traiter comme une aïeule fragile qu’il ne fallait surtout pas bousculer.

Hésitations et autocongratulations

Et en effet, cette cérémonie de clôture a été au diapason de la sélection : polie, concentrée, élégante, mais tellement attentive à ce qu’il n’y ait pas de fausse note… qu’on aurait bien coupé une vingtaine de minutes ! Si tout a vraiment merveilleusement commencé avec la réception de la caméra d’or par la réalisatrice rwandaise Marie-Clémentine Dusajebo pour Ben’imana (Un Certain Regard), la suite a été beaucoup plus complaisante. Les prises de parole se sont partagées entre un éloge du cinéma, de son milieu et de son projet de rassembler toutes les consciences démocratiques et humanistes encore volontaire pour créer dans un seul endroit. Tilda Swinton est allée jusqu’à célébrer : « Vive le cinéma, Vive la race humaine ». Ne serait-ce pas hypocrite de se présenter comme un refuge du marché, de l’inclusion et de créativité, alors que le marché du film, justement est dans le ventre du Palais, que les images nous impactent plus que jamais et que #metoo impacte le milieu du 7e art ?

Il est vrai que cela faisait du bien de voir que près de la moitié des films de la compétition incluaient des personnages queer. Que l’image jubilatoire et jubilante des deux jeunes acteurs de Coward de Lukas Dhont, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne se partageant la palme de l’interprétation masculine était géniale. Autant que l’émotion de Virginie Effra qui partageait la palme du meilleur rôle féminin avec Tao Okamoto pour Soudain.

Parler vrai et jouer juste

Avec celui partagé de la mise en scène pour deux autres films historiques, La Bola negra et Fatherland, cela faisait donc trois belles hésitations. Et quand le parler vrai est arrivé, on pouvait sentir le malaise transparaître en salle Lumière. Lorsqu’il est venu recevoir son Prix du scénario pour Notre Salut, alors qu’il ne travaille pas vraiment à partir du scénario, on attendait d’Emmanuel Marre un discours de réconciliation : il a vilipendé les petits chefs qui abusent de leur pouvoir.

Venus pour remettre des palmes, Xavier Dolan a cité un poème de Darwish et la réalisatrice libanaise Nadine Labaki a parlé de ses enfants au Liban. Messages bien reçus, mais la boule au ventre, avec à chaque fois peur que quelque chose dépasse. Quand ce dépassement est arrivé, cela a été chirurgical : là pour recevoir le Grand prix pour Minotaure, le cinéaste russe exilé, Andreï Zviaguintsev, a interpellé en russe Vladimir Poutine dans leur langue. Non pas pour le traiter de monstre sanguinaire. Mais pour rappeler qu’en tant que Président de la Fédération de Russie, il était le seul à pouvoir « mettre fin à cette boucherie ». Alors que le mot politique n’a pas cessé d’être brandi, manipulé, décortiqué dans les discours (et volontiers pour expliquer que le cinéma faisait de la « vraie politique »),  le réalisme de Zviaguintsev a permis à tout le monde de prendre la mesure des enjeux et des responsabilités.

La suite, ce sera pour les 80 ans de la vieille dame, qui n’en a pas fini de nous émerveiller… Quant à nous nous continuerons à aller en salles pour voir des films. Espérons que le 7e art et ses artisans sauront nous aider à nous poser les bonnes questions à temps.