Après Girl et Close, le réalisateur flamand Lukas Dhont est de retour à Cannes et en compétition officielle avec une histoire d’amour entre soldats au cœur de la Première Guerre mondiale. Une image très maîtrisée mais un scénario trop connu et un manque cruel d’originalité et de sensualité.
Pierre est un jeune homme qui vient de la campagne et qui est envoyé sur le front belge avec deux amis en 1916. Les hymnes de propagande font leur effet et ils arrivent prêts à bouffer du Boche. Sauf que la première chose qu’ils font est d’enterrer des soldats morts et que la réalité des tranchées est insoutenable. Si bien qu’un des copains de Pierre, nouvellement papa, tente de fuir. Il est rattrapé et fusillé. Mort de peur aussi, entre deux missions au front, Pierre découvre le cabaret que Francis met en place pour soutenir le moral des troupes. Une scène est montée où les artistes s’habillent en femmes et chantent à la fois pour divertir et nourrir le patriotisme. Une romance commence entre Pierre et Francis…
Très sérieux, sublime par ses images, mais aussi pesant dans sa reconstitution des tranchées, Coward ouvre plein de portes, sur le courage, la propagande, l’humanité des prisonniers allemands ou encore le syndrome du poilu de retour du front mais sans jamais vraiment les traiter. Reste au centre le beau duo de soldats amoureux, leurs yeux d’un bleu profond et leurs thorax nus. C’est une histoire d’amour et un roman d’apprentissage malgré les horreurs de la guerre. Ni le scénario ni la direction des acteurs ne sont à la hauteur de la photographie de ce film qui ne renouvelle pas le genre dans lequel il s’inscrit. Dommage qu’on ne croit pas vraiment à l’idylle des deux comédiens principaux.
Coward de Lukas Dhont, avec Emmanuel Macchia et Valentin Campagne. Belgique, France, Pays-Bas, 2026, 120 minutes. Drame historique. En compétition officielle au 79e Festival de Cannes.
Visuel : ©Diaphana
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