22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs    22.07.2026 : Delta Festival : Mosimann, Acid Arab, Kungs… les défections d’artistes se multiplient après des accusations visant l’un des fondateurs
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Lauréat du Prix du jury lycéen du Festival Impatience 2025, « Ma nuit à Beyrouth » de et avec Mona El Yafi et Nadim Bahsoun était l’une des pièces attendues au sein du Off du Festival d’Avignon. Présentée au théâtre 11, cette pièce chorégraphiée nous immerge dans la triste réalité du Liban avec une sensibilité poétique.

Ils sont un peu dans l’ombre. Elle, à droite, de profil, le regarde. Lui, à gauche, danse. En fond, le bruit de l’angoisse, le bruit des bombes, des bombes qui tombent depuis des décennies, qui tombent toujours. Nous sommes en 2022, à Beyrouth, au Liban, un pays ravagé, ravagé par tout, les guerres, les crises, l’explosion du port. Un homme est là, un danseur, il vit en France mais son passeport libanais, celui qui lui permet d’avoir son titre de séjour français, arrive à échéance. Il faut le renouveler, il doit le renouveler. Une formalité toujours pénible, pour tout le monde, une épreuve délirante pour lui. 

Portrait libanais 

 C’est à deux, Nadim et Aïda, qu’ils nous racontent l’histoire de ce danseur. Iels racontent à deux voix, au point que l’on ne sait parfois plus si elle nous raconte son histoire à elle, celle de son ami, celle de toutes les Libanaises et les Libanais ; et cela n’a pas vraiment d’importance. Ce qu’iels nous racontent, c’est un pays détruit, qui souffre et où celleux qui y vivent encore subissent l’humiliation d’un quotidien qui se délite. C’est de cela dont parle les Libainais•es quand ils se retrouvent, au détour d’une conversation sur les mots arabes dont iels se souviennent ou du récit du dernier voyage dans cette « ville devenue son propre fantôme ». Iels se parlent de leur pays qui survit, de ce pays où il n’y a pas d’électricité, où on mendie de l’eau, où l’on ne trouve pas les ingrédients de base, et encore moins des médicaments, où le prix de toute chose varie, d’une minute à l’autre.

 

Pour avoir la chance de renouveler son passeport, l’homme découvre qu’il va devoir passer des nuits, des nuits entières, debout, immobile dans une file d’attente, pour obtenir au petit matin, un ticket qui lui donnera accès au bureau qui lui délivrera le fameux sésame. Des nuits où il ne faudra pas arriver à 5h, à 3h ou à 1h, mais avant minuit. Des nuits où, pendant des heures, il faudra contraindre son corps, rester debout sur ses deux jambes, immobile, dans le noir, en bordure de route, sans pouvoir lire, ni écouter de la musique, ni vraiment discuter, ni aller pisser, ni ni ni… Attendre, juste attendre. Et le faire plusieurs fois, car on ne gagne jamais à la loterie du premier coup, n’est-ce pas ? Surtout quand les dés sont pipés, quand la corruption règne, quand l’humiliation fait loi.

Faire vivre le Liban 

Le texte allitère et fait peser sur le public le poids de cette attente. Et le corps de l’homme, qui tournoie et se cabre, tombe au sol, lui fait sentir comment des citoyen•nes sont plié•es par un système. Dans la file, « les voix n’ont pas l’âge des visages », et elles parlent toutes les langues, symbole d’une diaspora écartelée qui se retrouve, cycliquement, au centre de la ville, au niveau de la ligne de démarcation, pour réaffirmer qu’ils et elles sont Libanais•es.

 

L’austérité du plateau tranche avec le sourire et la joie qui se dégagent des deux protagonistes. Seul y règne ce mur, le long duquel il faut faire la queue, et qui aspire littéralement celleux qui le retrouve nuit après nuit jusqu’à la délivrance. Le danger est palpable dans cette ambiance froide, le long de ce mur, surmonté de barbelés qui porte les stigmates de toutes les guerres, perpétuellement frôlé par des voitures. Cette sensation d’insécurité est soutenue par le travail des les lumières qui, par des appels, convoquent les phares des caisses qui pourraient à tout moment les faucher. Briser la vie de ces pantins, que Nadim fait tournoyer avec lui sur scène, qui tiennent à leur identité, mais qui songent parfois à abandonner leur nationalité qui les enchaînent et les écrasent. Un papier ne fait pas l’attachement à une culture, à un pays. Il est en soi, et ensemble, les Libanaises et les Libanais parlent et dansent pour ne pas l’oublier.

Dates à venir :

  • 8 octobre 2026 (2 représentations) – Maison Folies Wazemmes Lille
  • 27 et 28 janvier 2027 (2 représentations) – Université de Lille
  • 05 mai 2027 (2 représentations) – Théâtre Joliette Marseille
  • 11 mai 20227 ( 2 représentations) – Théâtre de Privas

 

Visuel : © Marie-Clémence David