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« Je me mets toute nue, je saigne et je raconte des histoires », rencontre avec Mona LaDoll pour Bienvenue au Cabaret.

par Melodie Braka
14.06.2026
Mona LaDoll ©Marina Viguier

Mona LaDoll fait partie de ces artistes qui tiennent plusieurs époques dans un même corps. Dans son travail, le burlesque, le freak show et la modification corporelle dialoguent avec des héritages très anciens, des femmes à barbe aux side shows, tout en parlant d’aujourd’hui avec une précision presque physique : les corps trans, le regard du public, la douleur, le soin, la joie, la résilience. Ce qui pourrait effrayer devient chez elle un langage. Elle rend visible, sensible et étonnamment accessible un art de la limite, sans jamais l’adoucir ni le vider de sa puissance. Et parce que Mona LaDoll sait aussi être d’une drôlerie ravageuse, cet entretien pour Bienvenue au Cabaret avance comme elle : entre pensée politique, gouaille de bonimenteuse et beauté étrange.

Mélodie Braka : Est-ce que vous pouvez vous présenter ?

 

Mona LaDoll : Avec plaisir. Moi, je m’appelle Mona LaDoll. Mona comme Mona Lisa, La comme Los Angeles, et Doll comme Dolly Parton, mais sans le Y. Je suis cabaretiste et performeuse.

J’ai trois axes dans mon travail. Souvent, je dis que je me mets toute nue, je saigne et je raconte des histoires. En d’autres termes, je fais du burlesque, donc l’art de décider de se montrer. Je fais du freak show, l’art de pousser les limites de mon corps et celles de l’empathie du public. Et je fais aussi du travail de MC, j’écris des textes et je parle, je parle, je parle dans des micros. (Elle rit.)

J’ai commencé à bosser à Berlin en 2018, dans des clubs, et un peu de façon hasardeuse, j’ai fini dans un cabaret dont la MC m’avait dit : « Mais ma biche, il va falloir commencer à travailler et à performer. » Et je l’ai crue. Ça s’est fait hyper rapidement. Donc je dis souvent que j’ai un peu fait comme Obélix : je suis tombée dedans quand j’étais petite. (Elle rit.)

 

Mona LaDoll ©Marina Viguier (6)
 
Mélodie Braka : C’est quoi, votre définition du burlesque ?

 

Mona LaDoll : Le burlesque, pour moi, c’est un endroit où on peut voir des corps, non seulement de femmes, mais aussi des corps marginalisés et souvent exclus, qui décident exactement à quoi ils ressemblent, comment on les regarde, sous quel angle.

C’est un endroit où on se réapproprie le regard des gens, où on dompte les yeux du public, non seulement sur notre corps, mais sur nos vécus et nos identités. Ce n’est pas uniquement plumes, strass et paillettes. C’est aussi la réappropriation du corps par la réappropriation du regard des autres.

 

Mélodie Braka : Vous vous êtes révélée à Berlin, vous pouvez nous raconter ?

 

Mona LaDoll : De base, je voulais faire les Beaux-Arts. Je voulais être artiste peintre parce qu’en vrai, je faisais des tableaux un peu torturés, expressionnistes, nani nana. Et les Beaux-Arts, ça m’a hyper rapidement saoulée parce que c’était non seulement ultra académique, mais il y avait des espèces de relents homophobes et coloniaux qui étaient un peu non-dits dans l’école où j’étais. Et j’étais là, genre : « Oh, la flemme ! » Comme j’étais jeune, la fête m’a assez rapidement happée et je n’ai pas lâché. Donc Berlin, en vrai, c’était un peu un hasard.

 

Mona LaDoll ©Marina Viguier
 

Mélodie Braka : Et le cabaret où vous avez atterri, il ressemblait à quoi ?

 

Mona LaDoll : Il y en a deux, pour moi, qui sont symptomatiques de ça. Le premier, c’est un bar karaoké qui existe encore, qui s’appelle le « Monster Ronson’s », avec plein de cabines de karaoké, des discos de partout, une scène avec une pole. Tous les mardis, il y avait des soirées drag où on pouvait rentrer gratuitement si on était costumé.

Et après, de fil en aiguille, j’ai découvert un autre cabaret qui s’appelait « The Other Lab », qui était vraiment un squat. C’était un bâtiment désaffecté derrière un garage dans la banlieue de Berlin. Vraiment, vous vous faufiliez dans des ruines de bâtiments, et derrière une porte trouée et rouillée, il y avait une scène avec des rideaux et des lumières.

 

Mona LaDoll ©Marina Viguier (2)
 

Mélodie Braka : Et vous avez ressenti quoi, la première fois que vous avez franchi ces portes-là ?

 

Mona LaDoll : Je pense évidemment un sentiment de liberté, mais pour moi, c’était surtout un je-m’en-foutisme. De : j’en ai un peu rien à foutre de pourquoi je vais me saper comme ça, de pourquoi je vais dire ça sur scène.

C’est ça qui m’avait marquée : cette espèce d’égocentrisme assumé et apaisé par tout le monde. Ça ne posait aucun problème à personne parce qu’on comprenait que ce n’était pas un truc toxique, mais une façon de s’exprimer et de s’aimer.

 

Mélodie Braka : Et qu’est-ce qui fait que vous êtes passée de l’autre côté du miroir ?

 

Mona LaDoll : Il y a eu deux étapes. La première, c’était dans les milieux queer. La MC m’a vue venir chaque semaine, à l’époque, habillée en full club kid (ndlr style androgyne empruntant les codes de la science fiction ) et m’a dit : « Ma chérie, tu ne vas pas faire ça gratuitement, tu mets ta place à chaque fois. Là, il faut que tu ailles sur scène la semaine prochaine. » Je me suis dit : d’accord, je le fais !
 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (10)
 

À l’époque, je faisais du clown un peu trash. Je me transformais en mes tableaux expressionnistes en me peignant le corps. C’était du drag, un peu king creature, qui prenait vie sur scène avec des scénos un peu bizarres. J’avais un personnage qui s’appelait Very Confused, qui se déclinait en The Very Confused Princess, The Very Confused Pinocchio, The Very Confused Ringmaster.
 

Je pense que la petite marque de fabrique esthétique du truc a pris. Et c’est dans une exposition immersive organisée par un collectif de cabaret pendant le Covid que j’ai rencontré Julietta LaDoll. Elle m’a vue performer, je l’ai vue performer, et elle m’a un peu prise sous son aile en me disant : « J’aime bien ce que tu fais, je sens qu’il y a moyen que tu évolues. Viens chez moi, on fait un dîner, je t’apprends à saigner, je t’apprends à te mettre toute nue. »
 

En un mois, elle m’a fait la passation du freak show et du burlesque. C’est comme ça que je suis rentrée dans le cabaret un peu plus traditionnel, avec de gros guillemets.

 

Mélodie Braka : Est-ce que vous avez eu des modèles qui ont pu vous inspirer dans votre carrière d’artiste ?

 

Mona LaDoll : Moi, j’ai été grave inspirée par ma daronne, ma mère de scène. Il y a aussi Julietta LaDoll, Missy Macabre, Lalla Morte, Evilyn Frantic, que vous avez peut-être dû croiser quand je l’ai fait venir à Paris, qui est une personne totalement zinzin, vraiment un chihuahua badass s’il avait bu une canette de 8.6 et qui soulevait des haltères.
 

La Big Bertha & Mona LaDoll ©Marina Viguier
 

Et une artiste qui m’inspire beaucoup, c’est The Ljilja, une artiste croate qui fait des performances un peu dans la même énergie de sacrifice. Elle se met des crochets de suspension dans les trapèzes et elle tracte des maisons enflammées en pleurant. Et ça, c’est le truc où je suis là : ah oui, ce n’est pas pour toi que tu fais ça, c’est vraiment un cadeau que tu fais en chialant.

 

Mélodie Braka : Et ça, c’était encore à Berlin ?

 

Mona LaDoll : Oui, c’était encore à Berlin, en 2021. C’est là que j’ai commencé à faire vraiment du cabaret, à sortir des milieux queer et drag. J’ai commencé à osciller entre les deux, queer, cabaret, queer, cabaret, puis à bosser en institution, de type musée, théâtre. Et c’est là que j’ai rencontré le Cirque Queer.

 

Mélodie Braka : Qu’est-ce que c’est, le Cirque Queer ?

 

Mona LaDoll : Le Cirque Queer, comme son nom l’indique, c’est un cirque queer. On a un chapiteau qui est à nous, avec lequel on voyage. Et quand je dis nous, c’est qu’on est en non-mixité queer : il n’y a que des personnes queer au plateau et à la technique, et on a un peu notre maison.
 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (5)
 

Notre parti pris, c’était de se ré-emparer de l’espace public avec un tel objet. L’espace public est tellement violent pour nous qu’on voulait être plus grand que lui et construire notre maison dedans. Et l’autre enjeu, c’était d’utiliser le langage universel du cirque pour parler des intimités queer à des publics qui n’y sont pas habitués.
 

Après, concrètement, on ne fonctionne pas comme des cirques traditionnels qui appellent une mairie et s’installent au milieu d’une ville. On travaille plutôt avec des scènes de cirque, des scènes nationales, des structures qui peuvent encore nous accueillir malgré les coupures budgétaires. On fait face à cette réalité là aussi du coup, un chapiteau c’est lourd à faire tourner, alors on doit inventer et se réinventer pour continuer d’exister et tourner ailleurs ou différemment. On est tout terrain.

 

Mélodie Braka : Vous pouvez me partager quelques souvenirs avec le Cirque Queer ?

 

Mona LaDoll : Quand on joue dans des petits villages et qu’il y a des gens qui avaient des a priori, ou qui ne connaissaient pas du tout les identités queer, et qui ressortent un peu reconnaissants, ça me touche beaucoup. En mode : « Ah OK, ça ne fait pas si peur que ça. Ah OK, c’est simple, en fait. »
 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (4)
 

Ou même, à d’autres endroits, avoir des personnes qui ne se savaient pas queer, qui se découvrent queer en nous découvrant dans leur ville. Et moi, un truc qui me bouleverse, c’est de voir les gens oublier qu’on est queer parce qu’en fait, on fait un spectacle. Que ça ne devienne plus le centre du sujet, qu’on se normalise. Je pense aussi à des souvenirs de vie de compagnie sur le long terme, en chapiteau, en convois de camions et de caravanes : les fêtes, les intimités et vies qu’on construit ensemble autour des cette grosse tente sous laquelle on fait nos spectacles. Ca m’émeut de m’dire que c’est un rêve de gosse réalisé avec ces gens que j’aime.

 

Mélodie Braka : C’est quoi votre rapport à la pédagogie ?

 

Mona LaDoll : C’est une bonne question ! Dans mon travail, j’ai une approche pédagogique à des moments, non seulement sur mon identité trans, mais aussi sur les héritages du cabaret, d’où ça vient et où ça va.
 

 

Mon enjeu, c’est de normaliser. Que ça devienne normal pour les gens de m’entendre, et que ça devienne aussi normal que ce soit une personne comme moi qui parle.

Quand je parle d’héritage, je parle beaucoup d’héritage de cabaret, de freak show, de femmes à barbe, d’hommes-monstres. En parler aujourd’hui, c’est maintenir en vie ces histoires, mais aussi rappeler qu’on porte l’héritage des violences, des freak shows autant que l’héritage de la résilience. OK, ça va mal, il y en a beaucoup qui sont mortes, c’est la galère. Mais on a appris à lutter, à trouver les failles, à être belles, à être heureuses, à s’entourer. Moi, j’aime bien parler de ce côté dont on ne parle pas assez : celui de la joie, celui de la résilience.

 

Mélodie Braka : Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c’est la modification corporelle ?

 

Mona LaDoll : Le body morphing, la modification corporelle, le freak show, le side show, le spectacle des monstres, le spectacle d’à côté… Le side show, c’est un mot qui vient des années 1800, 1850, au moment où les cirques sont devenus ultra populaires. C’est le spectacle d’à côté.
 

Dans ces endroits-là, il y avait non seulement des personnes considérées comme monstrueuses, des femmes à barbe, des soi-disant hommes crabes, des sœurs siamoises, mais aussi des personnes qui faisaient avec leur corps des choses considérées comme monstrueuses : avaler des épées, se percer, s’agrafer. Moi, je porte un peu ces deux héritages : celui des corps considérés comme monstrueux, et celui des pratiques considérées comme monstrueuses.
 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (1)

Dans mes pratiques, il y a tout ce qui tourne autour du perçage : se percer le corps avec des aiguilles, avec des objets métalliques, s’agrafer le corps avec des agrafeuses murales, s’immoler la peau, avaler du feu, en cracher. C’est mettre son corps à des limites, mais aussi mettre l’empathie du public à des limites.
 

Et ma partie freak show, pour moi, je la résume simplement au fait que je suis une meuf trans qui est très souvent nue sur scène. Donc pour moi, c’est un peu ces deux endroits-là que je porte.

 

Mélodie Braka : C’est quoi, la poésie que vous voulez raconter à travers ces pratiques ?

 

Mona LaDoll : Ce que je dis tout le temps avec la modification corporelle, c’est que c’est un moyen de démontrer aux gens que je connais parfaitement mon corps. Que je connais parfaitement ce que je ressens, qui je suis et que je me connais littéralement en profondeur.

En tant que personne trans, on me dit souvent : « Ils ne savent pas qui ils sont vraiment, ils sont dans le flou. » Et moi, à travers ces pratiques-là, je prouve l’opposé.

Mon autre poésie, c’est trouver la beauté dans la douleur, normaliser la douleur comme un processus banal de l’existence humaine. Ce n’est pas uniquement triste ou violent, ça peut être joli, paré de roses avec des aiguilles, ou décoré de bougies avec des agrafes.
 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (2)
 
Rendre la douleur accessible, c’est aussi rendre le soin accessible. Quand vous me voyez saigner sur scène, ce n’est pas uniquement le sang qui est exprimé. C’est aussi le désinfectant, les compresses, les pansements, le soin qu’il y aura après.
 

Et pour moi, le dernier axe, c’est susciter l’empathie du public. Ça veut dire quoi que, quand une meuf trans saigne sur scène, ce soit un des rares moments dans votre vie où vous vous demandez comment une meuf trans va ? Je ne performe pas la douleur. Ça, c’est un truc que ma mère de scène m’a enseigné. On le performe de façon très séduisante, très douce, très apaisée, pour que ce soit le public qui se mette à notre place.

 

Mélodie Braka : Est-ce que ces numéros vous ont d’abord donné une forme de contrôle sur votre corps ?

 

Mona LaDoll : C’est exactement ça ! Pour moi, il y a ce côté-là, la réappropriation de mon corps dans un premier temps, mais aujourd’hui, je le fais de plus en plus pour permettre aux autres de se réapproprier leur corps, de se connaître en profondeur, d’accéder aux soins différemment, d’accéder à la douleur aussi différemment.

Souvent, mes numéros, je les considère comme des rituels que j’offre aux gens. J’offre mon sang aux gens ou je donne accès à cette partie-là de moi. J’ai fait des sacrifices où je saigne pour toutes celles qui ont saigné avant moi.

 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (3)
 

Mélodie Braka : Est-ce que cette même volonté est à l’origine de Pins and Needles, justement, et de cette idée de faire communauté autour des freaks ?

 

Mona LaDoll : Oui, vous avez tout compris. Pour moi, Pins and Needles, c’était créer une maison pour les freaks au sens large du terme. Les gens bizarres, les gens queer, les gens racisés, les personnes et les corps à la marge. C’était non seulement se permettre d’être ensemble, mais aussi que le public nous voie ensemble de façon normalisée.
 

Que ces sujets-là, « Ah, on est bizarres, on est des monstres », ne soient plus le centre du spectacle. Qu’au final, le centre du spectacle, ce soit que le public passe un bon moment, qu’on soit excellentes avec ce qu’on fait, qu’on change l’exigence du public.

 
Mona LaDoll ©Marina Viguier
 

Mélodie Braka : Est-ce que vous avez le sentiment aujourd’hui d’être passée de l’autre côté et d’être peut-être aussi, finalement, un modèle pour d’autres artistes ?

 

Mona LaDoll : Je crois, en vrai. Enfin, je sais que j’ai des enfants, par exemple. J’ai Grand Gaillard, qui est mon fils, j’ai Céline du Fion, qui est ma fille de freak show. À mon tour, je fais des passations de savoir et des passations d’héritage.

Je pense que oui, et peut-être pas uniquement pour des artistes. Pour des jeunes trans, c’est important d’avoir des figures comme les miennes, qui sont égocentriques, fortes et autodéterminées. On représente des imaginaires auxquels iels n’ont jamais eu accès.

 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (7)
 

Mélodie Braka : Comment est-ce que vous construisez vos numéros ?

 

Mona LaDoll : Moi, je suis obsessionnelle. J’ai une idée qui pop, ou une couleur, un duo de couleurs, une musique, et après je boucle dessus pendant un mois jusqu’à ce qu’il y ait un truc qui naisse. J’en parle beaucoup à mes amis aussi. J’ai de la chance de rencontrer des personnes qui ont un peu le même langage que moi artistiquement, donc je peux en discuter, avoir du répondant, des échos là-dessus.

Je bosse beaucoup sur l’esthétique dans un premier temps. Comme mon travail est très esthétisant, ça met le public dans une position. Et une fois que j’ai clarifié cette position, je sais comment je vais pouvoir lui parler, de quoi je vais pouvoir lui parler, comment je vais pouvoir l’emmener. Je pense vraiment à comment on les prend par la main, comment on les fait tomber amoureux de nous avant de les gifler un petit bout.

 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (8)
 

Mélodie Braka : Votre combat, c’est d’exister partout ?

 

Mona LaDoll : Pour moi, mon combat, c’est de rentrer partout et de mettre mes talons dans le plus de portes possible pour faire rentrer d’autres folles. J’essaie d’être le plus possible partout, dans tous les espaces possibles et imaginables. Je me rends compte que ma carrière est hyper bâtarde, dans le sens où je bosse dans des cirques, des cabarets, des théâtres, des musées, des caves. Et pour rien au monde, je voudrais choisir.

Il y a un truc de militantisme un peu à la Act Up, de prendre à la gorge les espaces et faire rentrer des gens. Mais il y a aussi un truc de visibilisation que je dois faire de moi-même pour moi-même. C’est souvent comme ça que j’approche mon travail et ma visibilité sur les scènes où je travaille.

 
Mona LaDoll ©Marina Viguier (9)
 

Mélodie Braka : Et votre rôle de MC, comment vous le vivez et comment vous le pratiquez ?

 

Mona LaDoll : Mon rôle de MC, pour moi, c’est vraiment un rôle de bonimenteuse. J’ai l’héritage fête foraine : vas-y que je parle, vas-y que je gueule. Mais aussi l’héritage professeur de philosophie qui va vous raconter des choses très sérieuses.

Ça me permet de montrer une complexité dans le personnage de Mona LaDoll, qu’on présume féminin, sérieux et mystique uniquement. Alors qu’en réalité, je veux montrer une complexité humaine. Je veux montrer qu’il y a des réflexions politiques, poétiques, mais qu’il y a aussi un truc très accessible de : moi aussi, je suis conne et je fais des blagues de caca. Mais attention, en même temps, je vais vous parler de mort, d’héritage et de projection dans le futur.

Pour moi, c’est aussi donner la parole à toutes les meneuses et à toutes les showgirls qui ont existé avant moi, qu’on a trop souvent réduites à des images, à des costumes ou à de simples corps empouvoirés, sans jamais vraiment les considérer comme des cerveaux totalement indépendants.

Infos pratiques :

 

Retrouvez Mona LaDoll sur scène

Lou Trotignon à La Scala
Du 16 au 19 juin
Mona LaDoll en MC cabaret
La Scala Paris
13 boulevard de Strasbourg
75010 Paris

 

Réservations

 

Pete The Monkey Festival
Du 10 au 12 juillet
Saint-Aubin-sur-Mer, Normandie

 

Réservations

 

Pins & Needles
Le 15 octobre
Bal Chavaux, Montreuil

 

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Série imaginée et propos recueillis : Mélodie Braka

Photographies : Marina Viguier