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« On peut s’aimer sans passer par la parole » : Mathis Akengin se confie sur son prochain album

par Agathe Gareau
14.04.2026

Avec Passage des Fleurs, attendu le 5 juin, Mathis Akengin dévoile un premier album intime et immersif. En pleine ascension, il fait également partie de la sélection des Inouïs du Printemps de Bourges, un passage important qui le place parmi les artistes à suivre de la scène française.

Vous avez commencé le piano très jeune. À quel moment est-ce passé d’un simple apprentissage à une véritable passion ?

 

Quand nous sommes arrivés en France, mes parents ont été assez attentifs à ce que mon frère et moi pratiquions un instrument au conservatoire. C’était très important pour eux, même s’ils ne sont pas spécialement musiciens. Au début, c’était « forcé ». C’est un mot péjoratif et je les remercie aujourd’hui, mais le plaisir n’était pas immédiat.

Le déclic a eu lieu après quatre ou cinq ans de piano, quand j’ai eu mon premier synthé. On pouvait enregistrer, superposer des pistes, changer les sons et réarranger à l’oreille des morceaux déjà écoutés. J’ai réalisé que les possibilités étaient immenses. C’est vers 9 ou 10 ans, en jouant avec cet instrument, que je me suis dit que c’était fou.

 

Vous avez passé 15 ans au conservatoire. À quel moment avez-vous eu envie de sortir de ce cadre classique ?

 

Très tôt. Pour moi, le conservatoire n’était qu’une base théorique. J’ai toujours veillé à ce que cela reste des clés qu’on nous donne, sans entrer totalement dans le mécanisme de l’institution. J’ai eu des groupes très jeune et j’ai commencé mes premières tournées au-delà de ma ville vers 12 ans.

Je jouais dans un groupe de blues rock ; nous étions le plus jeune groupe du genre à l’époque. C’est là que j’ai pris goût au jeu collectif. C’était ça, le vrai apprentissage. Le conservatoire venait en complément. J’ai continué parce que ma filière au lycée y était liée, mais ce sont vraiment les projets de groupe qui m’ont mis « les mains dedans ».

 

À 12 ans, vous partiez déjà sur les routes. Gardez-vous un souvenir particulier de ces premières tournées ?

 

Toutes les premières fois sont marquantes. À l’époque, nos mères devaient prendre des jours de congé pour nous conduire puisque nous n’avions pas le permis. Ma mère tenait un restaurant et c’est mon père qui cuisinait pour qu’elle puisse nous accompagner. Elles poireautaient toute la journée, on négociait des cornets de frites…

Pour nous, tout paraissait incroyable : avoir des loges, voir des gens se déplacer pour un concert, dormir à l’hôtel… Quand tu es gamin, c’est ouf.

 

 

Votre nouvel album, « Passage des Fleurs », sort le 5 juin. Comment est né ce projet et d’où vient ce titre ?

 

L’idée d’un album solo s’est imposée assez vite, sans passer par la case EP. Ma musique est variée, entre piano solo et morceaux chantés, et le format album était le meilleur moyen de recueillir tout cela, et de développer un univers large.

Le titre vient d’un morceau de l’album dédié à mon grand-père. C’est une lettre que je lui ai écrite. Mon grand-père est turc et ne parle pas français. Moi, je suis moitié turc et je ne parle pas bien la langue, donc la communication verbale n’est pas facile. Pourtant, nous sommes très proches. Ce morceau raconte comment on peut s’aimer sans forcément passer par la parole. L’album entier tourne autour de ces thèmes de communication.

« Passage des Fleurs » est aussi un lieu à Istanbul (Çiçek Pasajı), une petite ruelle où il passait ses soirées quand il avait 20 ans. C’est un clin d’œil.

 

Comment votre manière de composer a-t-elle évolué ces dernières années ?

 

Mes expériences dans des groupes variés m’ont permis de découvrir des processus de création très différents. Aujourd’hui, je ne dirais pas que j’ai atteint un point de maturité totale, mais je me sens prêt à exprimer des choses qui me ressemblent.

Pour cet album, je voulais quelque chose de très personnel. J’ai décidé de l’enregistrer dans mon appartement avec mes propres micros, car je voulais que les gens l’entendent comme je l’entends chez moi. On perçoit le son de la pièce. Je me suis amusé à taper sur mon piano, sur des casseroles ou à gratter des radiateurs pour créer cette texture.

 

Y a-t-il un morceau qui résume le mieux l’album ou qui vous touche particulièrement ?

 

Sûrement celui dont nous parlions : « Passage des Fleurs ». J’aime le contraste entre des moments très doux, fragiles, et d’énormes éléphants sonores. C’est dans ce contraste, toujours sur le fil, que se trouve l’émotion. Ce morceau retrace bien ce parcours : on entend les grincements de mon tabouret ou la feutrine sur les cordes, et ça finit en orchestre philharmonique. C’est le premier titre que j’ai composé pour le projet et il rassemble tout ce qui a du sens pour moi.

 

 

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Vous faites partie de la sélection des Inouïs du Printemps de Bourges. Qu’est-ce que ça représente pour vous ?

 

L’angoisse ! Non, plus sérieusement, c’est super chouette. Aussi, depuis peu, ils organisent ce qu’ils appellent une « classe verte ». Tous les artistes lauréats se retrouvent ensemble pendant huit jours pour des ateliers et des rencontres. On va vraiment vivre l’expérience de A à Z.

Quand je parle d’angoisse, c’est parce que ça demande d’être vraiment bien préparé et d’avoir une batterie sociale bien rechargée. Mais c’est une superbe expérience qui fait du bien. Bourges est un rendez-vous central pour la musique en France. J’ai la chance que les salles qui me soutiennent chez moi me donnent les moyens de bien travailler, notamment en résidence avec mon équipe technique. Je suis dans les meilleures conditions possibles, donc je pars serein. Ça devrait bien se passer !

 

Que ressentez-vous généralement au moment de monter sur scène ?

 

Ça dépend de ce que j’ai mangé ! C’est dur à dire… Il y a de l’excitation, bien sûr, mais l’émotion dépend beaucoup de la configuration de la salle. On ne ressent pas la même chose dans l’urgence d’un festival d’été que dans un théâtre. J’aime m’adapter à l’atmosphère. Parfois, je joue même au milieu du public quand les conditions le permettent. C’est encore une autre expérience. J’aime jouer avec le mood de l’instant.

(L’artiste sera aux Eurockéennes de Belfort le 3 juillet et une date parisienne sera annoncée pour septembre 2026).

 

Qu’aimeriez-vous que le public ressente pendant vos concerts ?

 

Le mot d’ordre, c’est l’immersion. Nous avons travaillé les sons et les sources pour que l’auditeur ait l’impression d’être à l’intérieur du piano. Il y a aussi un travail sur la lumière, avec des dispositifs synchronisés qui m’entourent. Le but est de créer une véritable bulle, un cadre d’écoute particulier.

 

Et si vous deviez décrire votre univers en quelques mots-clés ?

 

Fragile, puissant, contrasté, immersif et poétique.

Visuel : ©Hugo Horsin